Et si finalement la démission d'E.MACRON était la solution la plus raisonnable ?

J'avoue que j'observais avec une certaine méfiance le premiers pas des GJ. Un soutien du RN et de Wauquiez, un rien de populisme, du coup la petite musique de Pierre VASSILIU « Qu'est-ce qu'il fait, qu'est- ce qu'il a, qui c'est celui là ? »me trottait en boucle dans la tête. Et les premiers « MACRON-DEMISSION ! » apparemment extravagants n'étaient pas faits pour éteindre cette méfiance. Et puis …

 

Où en sommes nous ?

Sur le plan social, quarante ans de fuite éperdue dans les bras du capitalisme financier ont transféré 10% de la valeur ajoutée vers les dividendes au détriment des salariés, qui ont perdu dans l'affaire environ 200 milliards d'euros, excusez du peu. Il ne s'agit pas d'inverser la vapeur en quelques mois, mais il y a là des transferts financiers très importants à réaliser.

Le second obstacle est d'autant plus malaisé à aborder qu'il nécessite des investissements colossaux, qui plus est dans un très bref délai ; il s'agit bien entendu de la transition énergétique. Qui ne peut être ni punitive ni limitée à une mesure isolée, mais à vivre au contraire comme un projet enthousiasmant global et concerté auquel nous devrons nous colleter tous ensemble après l'avoir compris, organisé et accepté.

Nous avons donc besoin de mesures fortes, certaines positives et rassurantes, d'autres potentiellement douloureuses. Et d'un exécutif écouté et consensuel pour les faire adopter. Or Le Président est aujourd'hui inaudible : ses provocations, son cynisme, son mépris et son autisme à tout ce qui n'est pas lui font qu'il peut aujourd'hui dire tout et/ou son contraire, personne ne l'écoutera. Le lien de confiance avec le peuple est définitivement rompu. Et son orgueil l'empêchera de toutes façons de se résoudre à mettre en œuvre des mesures qu'il n'aurait pas choisi.

Il y aurait là quelque chose d'un peu injuste, MACRON en effet n'est pas l'inventeur du néolibéralisme à l'origine du double drame écologique et social que nous vivons, sous-tendu par le déficit démocratique lié à la place première qu'a pris la finance dans la conduite des choix politiques. Mais il en a été un apôtre si actif, si complaisant que l'on ne voit pas comment il pourrait conduire l'indispensable bouleversement que nous devons construire. Il peut se retirer avec les honneurs, en disant qu'il préfère se démettre que se déjuger.

Et après, me dira-t-on ? Quid ? Vous voulez le RN ? Mais que non. La rondeur bonhomme d'un LARCHER, même s'il n'est pas ma tasse de thé, pourrait permettre la mise en route d'une constituante et dégager durant son intérim les premiers et très importants financements nécessaires au plan social et de la transition énergétique : ce peut être par de la création monétaire à partir de la BCE comme le préconisent Pierre LARROUTUROU et Jean JOUZEL(ou pourquoi pas à partir de la banque de France en nous affranchissant si nécessaire des traités), ce peut être aussi une loi de finance rectificative avec une nouvelle donne fiscale redistributive, voire un grand emprunt obligatoire proportionnel aux revenus.

De nouvelles législatives couplées aux européennes clarifieraient les grands courants à venir, et il y a suffisamment d'espoirs déçus du côté des abstentionnistes pour trouver une offre qui leur convienne au sein de la gauche écologiste.

La présidentielle qui suivrait serait déconnectée des législatives, sereinement menée, et je ne doute pas que l'on y porterait un ou une arbitre qui inverserait la mortifère logique jupitérienne.

 

Frédéric PIC

PAU

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