Avant la primaire des écolos, retour d'un débat... sans débat !

Tous ou presque jeunes et beaux, gentils comme c'est pas permis, consensuels au possible. Les idées de Nouvelle Donne reprises par S. Rousseau. Un E. Piolle pragmatique et rassembleur. Rien ou presque sur les sujets régaliens (institutions, impôts, monnaie) Un Y. Jadot enfin, décidément trop macronien à mon goût. Et Delphine Batho, la seule à poser la seule question qui vaille.

Retours d'un débat … sans débat

Les représentants des candidats à la primaire des écologistes étaient donc venus hier soir à Emmaüs PAU présenter l'essentiel du programme de leurs leaders respectifs. Les questions étaient triées, féminisme oblige, à parité entre hommes et femmes (sans que l'on ait pensé à compter les intervenants, salle comprise, auquel cas la réunion aurait pu être annulée si la parité stricte n'était pas respectée, on a eu chaud … à tous les sens du terme en cette soirée quasi tropicale)

La santé venant à être évoquée, je voulais demander aux intervenants ce qu'ils pensaient du mouvement anti pass sanitaire (quelques centaines de milliers de manifestants par WE sur près de deux mois d'été !) et plus globalement de la stratégie anti-covid. Le représentant de Yannick Jadot m'a coupé l'herbe sous le pied, en annonçant que pour son candidat, il n'y avait pas la moindre ambigüité, c'était le pass sans équivoque, et si on l'avait écouté, la vaccination obligatoire. Bigre. Cette annonce étant faite sans en argumenter les raisons, j'ai voulu dire en quoi ces deux positions me paraissaient à rejeter, mais le problème a été vite résolu : seuls les écolos candidats ont le droit de dire ce qu'ils proposent, il ne peut y avoir de débat, et la parole m'a été retirée.

C'est d'autant plus dommage que si l'on s'interroge sur QUI sont ces manifestants, personne ne s'avise de leur demander CE qu'ils disent (car aussi étrange que cela paraisse, ils ont à dire, et parfois même ils pensent) En l'occurrence

- qu'il est souhaitable, malgré ses inconvénients et les doutes qui l'entourent sur ses possibles effets délétères, de proposer la vaccination aux sujets âgés et fragiles qui l'acceptent après information,

- qu'il n'y a aucune logique médicale à vacciner ceux que la maladie ne concerne pas, à savoir essentiellement les enfants et adultes jeunes, le slogan « le vaccin protège aussi les autres et s'avère un geste solidaire » étant une fable puisque les vaccinés (dixit O.Veran) peuvent contacter ET propager le virus. Et que l'expérience montre à l'envi que les « vaccins » génétiques n'empêchent en rien la circulation du virus.

- que de ce fait le pass sanitaire est attribué sans raison médicale aux vaccinés - mais aussi aux testés de 72 heures - tous potentiellement contagieux. Qu'il n'est donc qu'une mesure de coercition destinée à contraindre à la vaccination. Et qu'il n'est pas un moyen de rétablir le vivre ensemble, mais au contraire le moyen de NE PAS vivre ensemble en punissant avec cynisme et un brin de sadisme ceux qui refusent de passer sous les fourches caudines de celui qui décide en la matière, seul, et en secret, de tout.

Considérant que Y.Jadot (le seul à se présenter lui-même en utilisant abondamment le "je") sera contraint d'envoyer les forces de l'ordre pour vacciner de force ceux qui s'y refusent (et leur enfants contre leur gré, il y aura des photos intéressantes à faire) je pense que je ne m'associerai pas tout compte fait à cette façon de voir, et qu'un homme qui a si bien appris et qui récite si bien le mantra officiel macronien n'aura clairement pas ma voix.

Pour le reste, unanimité touchante si l'on fait abstraction de JM Governatori. Quasiment rien sur les institutions, ni le budget et la monnaie, en clair sur comment prendre le pouvoir et l'exercer. Avec toutefois quelques particularités intéressantes : S.Rousseau a repris (bravo !) toutes les propositions de Nouvelle Donne : taxation de la finance, réduction du temps de travail, revenu de base, etc...E.Piolle se pose en fédérateur républicain social laïque et féministe. Mais seule D. Batho ose évoquer - avec la fin du régime présidentiel - le seul thème qui vaille, celui de la décroissance. Pas d'un coup, pas pour tous, mais indispensable – et partagée - si l'on veut stopper la course infernale et mortifère du néolibéralisme financiérisé. La coopération et le partage plutôt que la sacro sainte concurrence et la course au profit, mais où va-t-elle chercher ces idées bizarres ?

Mais au fait, est-il si difficile, si douloureux de dire que la notion de partage inhérente à tout projet sous-tendu par l'écologie est, quelque part, ne serait-ce que légèrement de gauche ?

Frédéric PIC

PAU

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