Pourquoi s'acharner à vouloir que se réunissent des egos qui n'en ont aucune envie ?

Pourquoi s'acharner à vouloir que se réunissent des egos partidaires qui n'en ont aucune envie ? Contournons-les, marginalisons-les ! Constituons des binômes et des listes de citoyens et militants de tous poils. Et comme les partis ne savent plus nous représenter, présentons-nous face à eux.

Le bal des egos dits de gauche et/ou écologistes ne date pas de ce jour. Nous l'avons vécu aux dernières présidentielles, aux législatives, aux européennes et - à peine écorné - aux municipales. Arqueboutés sur leurs certitudes, obnubilés par la nécessité d'asseoir leur finances pour se survivre à eux-mêmes, les partis finissent par considérer ceux qui pourraient devenir leurs partenaires comme des adversaires les empêchant de faire valoir leurs propositions – forcément le meilleures – et donc des empêcheurs de bouter hors du paysage politique et Macron et ses alliés et ce qui reste de la droite, et l'extrême droite. En refusant de voir que leurs différences ne sont qu'aux marges et qu'ils défilent ensemble depuis des années pour une philosophie commune de l'inévitable révolution des esprits que nous devons mener.

Cette posture suicidaire a fini par rebuter ceux-là même que ces partis sont censés représenter pour porter leurs désideratas, et a conduit au dégagisme - on ne peut plus justifié - rejetant plus de 50% des citoyens dans le camp de l'abstention. Ce vide, faute de combattants représentatifs, a été comblé par l'escroquerie de la campagne MACRON, portée par les millions des médias représentant la finance néolibéralisée qui ne s'en est même pas cachée, avant que le produit commercial LREM ne jette son masque devenu superflu pour mener au grand jour avec un cynisme assumé la politique la plus réactionnaire que nous ayons subie depuis des décennies, nous transformant au passage sans qu'apparemment personne ne s'en offusque de citoyens en sujets.

Ce dégagisme salutaire peut et doit être repris, mais cette fois par ceux qui le peuvent légitimement. Je veux parler de tous ceux qui agissent au jour le jour en particulier dans les associations et les syndicats. Altermondialistes, écologistes de terrain, féministes, inventeurs bénévoles d'expérimentations de démocratie décentralisée, lanceurs d'alerte, tous portent sans arrêt un message de partage des pouvoirs, des savoirs, des richesses matérielles, culturelles et du vivre-ensemble. Qu'attendent-ils, qu'attendons nous pour nous départir de cette pudeur qui voudrait que nous ne devons pas nous impliquer sur le plan politique, puisque ceux qui devraient le faire en notre nom ont failli ?

Je pense que toutes ces initiatives citoyennes aussi joyeuses qu'inventives peuvent et doivent reprendre le flambeau. Elles ne doivent plus être les cautions soupoudrées ici ou là dans des listes de partis, mais se présenter en tant que telles aux suffrages électoraux, sans qu'aucun des candidats de ces listes puisse se revendiquer d'une inscription partidaire. Une fois au pouvoir, ces listes montreront leur savoir-faire pour le bien commun.

Et que l'on ne vienne pas me dire que nous ne pouvons pas éliminer LREM, coquille vide associant pour le dire vite quelques cadres ambitieux sans culture politique aux recalés des investitures du PS et de la droite. MACRON serait un barrage contre un RN qui le dépasse constamment dans les scrutins et les sondages  ? A mourir de rire. Quant au RN que l'on nous présente comme ce qui serait la première force politique du pays, ses ripolinages ne peuvent masquer son fond de commerce, la peur et le rejet de l'autre. Ni qu'il ne prospère artificiellement que par l'inertie des abstentionnistes.

Aux candidats de listes citoyennes à réveiller ces derniers. Chiche ?

Frédéric PIC

Pau

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