Si E.MACRON voulait enfin devenir président de la République...

Cette réforme des retraites incompréhensible, irréfléchie, injuste, inapplicable, stupide en un mot pourrait bien finalement passer du fait de la conjonction d'un président arquebouté sur son orgueil et ses certitudes et d'une majorité aux ordres, en dépit de l'évidente nocivité de cette loi. Ce serait une piètre victoire, porteuse de lourdes menaces de violences à venir. À moins que ...

 

Si cette loi passait, cette victoire serait celle de l'aveuglement idéologique, de la surdité aux appels du peuple. Celle encore de l'arrogante brutalité d'une minorité de fait d'un Président qui n'a jamais recueilli l'adhésion ne serait-ce que de 20% des électeurs inscrits, exception faite du second tour biaisé de la présidentielle. Celle enfin du cynisme stratégique organisant le déficit financier des cotisations (suppression des cadres supérieurs cotisants, exonérations non compensées, etc..) en demandant aux partenaires de le combler tout en leur interdisant les moyens de le faire (pas d' augmentation des cotisations ni du coût du travail)

Les commentateurs sont unanimes, toutes chaines confondues : « il est impossible au Président de reculer, ce serait pour lui un échec insupportable et insurmontable ». Diable, le président serait ennuyé ? Sortons nos mouchoirs, mais pas trop longtemps quand même, nous qui sommes davantage préoccupés par les ennuis, les vrais, que vivent nos concitoyens.

E.Macron se trouve à la croisée des chemins : ou bien il persiste à ne rien lâcher, et sa victoire sera porteuse de colères accumulées et de violences à venir. Ou bien il recule, décide de renoncer à sa pratique autocratique et d'endosser - enfin – l'habit d'arbitre que lui impose la Constitution. Il n'est pas impossible qu'il puisse alors devenir le Président de la République qu'il n'a jamais été jusqu'à ce jour.

 

Frédéric PIC

de Pau

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.