ras le bol de l'attestation de déplacement

Attestant de notre acceptation moutonnière à un fichage tâtillon et par là-même du renoncement au civisme et à la responsabilité que l'on fait semblant d'exalter en nous alors qu'elle en est la négation, l'attestation de déplacement est devenue la signature inacceptable d'une soumission qui n'a pas lieu d'être : refusons de la produire.

Franchement il y en a marre !

Ce 24 novembre

Je ne sais pas ce que racontera le président ce soir, mais j'annonce officiellement qu'à partir de demain j'entre en résistance et ne me munirai plus de l'attestation de déplacement. J'estime qu'il n'est pas possible de nous demander à la fois d'être responsables, donc adultes, et en même temps de nous traiter comme des enfants en nous imposant cette formalité infantile, infantilisante et humiliante. Même si je trouve – et je ne suis pas le seul – que le périmètre des interdictions qui nous sont faites ne correspond à aucune logique, je les ai respectées pour l'essentiel pour ne choquer personne et je continuera à le faire. Mais cette attestation fait de nous des incapables mineurs soumis à l'on ne sait quelle autorité arbitraire, ce qui n'est pas acceptable. Pas acceptable non plus de hurler à l'insécurité et d'imposer aux forces de l'ordre une mission qui n'est pas la leur (au printemps 100 000 mobilisés pour 15 millions de contrôles et plus d'un million d'amendes). Nous verrons bien ce qui en résultera, car si je suis contrôlé je contesterai les amendes éventuelles, y compris par voie judiciaire.

Ce 25 novembre

J'ai donc subi ce nouveau discours d'auto-satisfaction rythmé par ce rappel absurde du nombre de 5000 « positifs » censé traduire une amélioration. Absurde car ce nombre dépend du nombre de tests effectués, et qu'il suffit de faire suffisamment moins de tests en un jour pour l'obtenir. Nous sommes en absurdie, et pas une voix hier sur les plateaux pour le dénoncer.

Pas un mot non plus sur comment seront remboursés - sans doute ne le sait-il pas lui-même - les centaines de milliards mobilisés pour, entre autres, pallier à l'impéritie et aux mensonges de ce gouvernement. Lequel, nous félicitant tous pour notre action et s'incluant dans ce nous s'exonère cyniquement de toute responsabilité.


Responsabilité, le mot a été repris à l'envi, d'autant plus insupportable que la notre nous est confisquée et que celle du gouvernement est chaque jour démentie par sa gestion chaotique, sans vision d'avenir, ubuesque et inégalitaire de l'épidémie. Donc aujourd'hui encore plus qu'hier, j'appelle à ce que nous nous libérions de cet acte symbolique de soumission volontaire qu'est l'attestation de déplacement, en refusant tous de la produire.

 

 

Frédéric PIC

Pau

 

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