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Billet de blog 28 nov. 2022

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les non vaccinés, boucs émissaires lanceurs d'alerte

Après avoir fait de la suspension des soignants non vaccinés une décision exclusivement politique, assortie de la menace d'une vulgarité inédite que l'on sait, E.MACRON voudrait aujourd'hui nous faire croire que leur réintégration n'obéirait qu'à des critères médicaux auxquels il pourrait se soumettre. Or ces critères existent, ils sont connus depuis mars 2021 et plébiscitent la réintégration.

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1 / Pas de différence entre vaccinés et non vaccinés

La décision de réintégrer les soignants non vaccinés suspendus ne peut plus dépendre du seul critère scientifique pertinent, à savoir leur potentiel contaminant comparé à celui des vaccinés. Car si c'était le cas, alors leur réintégration ne poserait aucun problème et apparaitrait évidente.

En effet, même si les méthodes d'étude sont malaisées à analyser car ne comparant pas des méthodologies identiques (test PCR aux Ct différents, tests PCR sans mise en culture, populations testées différentes en âge et en comorbidités, etc) il apparaît clairement que vaccinés et non vaccinés sont à peu de choses près aussi contaminables et contaminants les uns que les autres. Et ce même s'il a fallu supporter deux années de propagande assénée ad nauseum du « tous vaccinés tous protégés » avant d'en être – presque – débarrassés.

Je ne citerai ici que peu de références, mais suffisamment parlantes car datant déjà de 2021 :

- le bulletin informatif n°6 de Santé Publique France (SPF) du 07/09/21 : « même quand on est vacciné, il reste un risque d'attraper la covid si l'on est exposé au virus... et de le transmettre par la suite »

- l'article très complet du VIDAL du 14/09/21 (qui souligne la variabilité des résultats et leurs interprétations malaisées à cerner):

https://www.vidal.fr/actualites/27828-quelle-contagiosite-pour-les-personnes-vaccinees-infectees-par-le-variant-delta.html

- le compte-rendu de SPF, site peu complotiste, du 11/08/21, où l'on lit :

« Enfin, avec des données préliminaires, PHE (Public Health England) a montré que les valeurs de Ct sont similaires entre les individus vaccinés (médiane de 18) et non vaccinés (médiane de 17,8) ; cela signifie que si la vaccination peut réduire le risque global d'infection d'un individu, une fois qu'il est infecté, la différence de charge virale (et de valeurs de Ct) est limitée entre les individus vaccinés et non vaccinés, ce qui suggère une différence limitée dans l'infectiosité »

- celle du CDC étasunien du 05/08/21 où l'on note qu'il y a non seulement en valeur absolue mais surtout en proportion davantage de positifs contaminants chez les vaccinés (avec en outre une proportion suppérieure d'hospitalisés, 1,15% contre 0,81%) que chez les non vaccinés

https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/70/wr/pdfs/mm7031e2-H.pdf

- ou celui-ci de septembre 21 encore démontrant que le nombre de cas augmente dans quasiment tous les pays avec la proportion de vaccinés, l'exemple le plus frappant étant celui d'Israël :

https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s10654-021-00808-7.pdf

- ou, à tout seigneur tout honneur, ce texte d'O.VERAN soi-même pour contredire un vacciné qui avait fait appel en Conseil d'Etat (ordonnance du 1er avril 2021) contre une décision d'interdiction de voyager faite par le ministre : « le vaccin n'empêche pas de transmettre le virus aux tiers »

Tout est dit. O.VERAN ajoutait même que les vaccinés étaient aussi ceux qui risquaient le plus de faire une forme grave (et de mourir !) en cas de rencontre avec le virus (effet bien connu des anticorps facilitants qui explique vraisemblablement l'efficacité à première vue modeste – et c'est peu dire - des « vaccins » ?)

On peut donc aujourd'hui gloser, dire que telle ou telle étude montre que les vaccinés sont un peu moins contaminants, la belle blague, que ce soit à l'hopital ou en rentrant chez eux, les vaccinés compte tenu en plus de l'extrême contagiosité de l'omicron se contaminent et se recontaminent. Tout dépend alors du patient, de sa fragilité, et d'elle seule, en face d'eux. Au total, les soignants vaccinés contaminent sans arrêt confrères et malades, et ne sont pas moins dangereux que les non vaccinés. Lesquels dès lors ne sont pas plus dangereux que les vaccinés.

Et aucun médecin, aucun scientifique digne de ce nom, ni O.VERAN ni F.BRAUN,  ni les membres de la Haute Autorité de Santé ou de l'Académie de médecine pas plus que ceux de l'ancien ou du nouveau Conseil scientifique ne peut l'ignorer ou feindre de l'ignorer. Ni le faire croire à E.MACRON. Tous, depuis au moins un an et demi, sauf à mentir, savaient et savent ce qu'il en est.

2 / Et pourtant si, il y a une différence, et elle est de taille

La différence ? Les non vaccinés ont fait preuve d'esprit critique et de libre arbitre. Ils ont réfléchi. Ils ont observé. Ils ont lu. Ils sont allés au-delà de leur spécialité, ils ont essayé de comprendre. Bref, ils ont fait preuve d'intelligence. Ils ont peu à peu observé que cette maladie n'avait que 0,2% de taux de mortalité, essentiellement chez les très âgés avec comorbidités. Que beaucoup étaient décédés faute de soins, un boulevard n'ayant pu être administrativement offert aux « vaccins » qu'en « l'absence de toute autre thérapeutique », ce qui explique que l'on ait volontairement et contre toute évidence évincé ces autres thérapeutiques. Que jamais autant d'effets secondaires n'avaient été notés dans le cadre d'une vaccination, en particulier chez les plus jeunes. À l'aune du « primum non nocere », ils ont estimé que la balance « bénéfice-risque» avit été mal appréciée .

Ils se sont alors mués en lanceurs d'alerte. D'autant que leurs convictions scientifiques solidement élaborées au fil des mois étaient confortées par les palidonies du pouvoir, les mensonges pour ne pas dire les fraudes à répétition, l'invraisemblable secret encadrant les décisions du conseil de défense et surtout l'inacceptable étouffement, moquerie, censure, dévaluation, criminalisation – si peu scientifique – de toute hypothèse n'allant pas dans le sens décrété en haut-lieu.

Mais ils ont - surtout - commis l'impardonnable : ils ont désobéi à une injonction présidentielle qui n'avait pas le moindre fondement scientifique mais était d'essence jupitérienne, et donc divine , ce qui ne se peut admettre en ces étranges temps républicains que nous vivons. Et tout est là : « ils m'ont bravé, ils vont en baver ». Et effectivement, d'avoir agi intelligemment et en conscience les a réduits à survivre comme des marginaux. Leur refus de la servitude volontaire les a privés de revenus, de titres et de fonctions. Alors que, souvenez-vous, avant les « vaccins », ils s'étaient comportés aussi généreusement que tous les autres soignants, ce n'est donc pas leur vocation ni leur sacerdoce qui est ici en balance, au contraire. Et leur absence, quoiqu'en disent ceux qui les ont virés comme des malpropres qu'ils ne sont pas, pèse sur l'hôpital, et pèse lourd.

On a les présidents que l'on peut. Pour ce qui me concerne, ces soignants-là au contraire auront été et sont l'honneur de nos professions. Ils doivent être réintégrés, avec le rappel de tous les salaires dont on les a privés. Ça n'arrivera pas bien entendu, enfin pas tout de suite, puisque notre république est ce qu'elle est, mais j'espère que nous y parviendrons.

Et pourtant, la propagande a laissé des traces. Ceux qui prônent leur réintégration prennent des gants, s'en excusent : c'est « parce que l'omicron est si peu dangereux que ça n'a plus de sens ». Ou « parce que l'hopital a besoin d'eux » NON ! C'est parce qu'il le faut, point barre !

Le Pr FLAHAUT, ardent partisan pourtant de la vaccination dit bien :

« Le maintien de la suspension des soignants non vaccinés n’est plus fondé sur le plan scientifique. Il n’y a en effet pas de raison d’exiger le vaccin chez les soignants car il n’évite pas ni ne réduit suffisamment les contaminations avec les nouveaux variants » mais ne peut s'empêcher d'ajouter : « Nous avons besoin d'apaiser les tensions. Je ne suis pas sûr que nous puissions y parvenir par l'exclusion d'une catégorie de personnels dont nous avons le plus grand besoin dans le système de santé. Il faut restaurer un climat plus apaisé entre les soignants, mais aussi entre soignants et patients, et je pense que cela passera par la réintégration de ces personnels qui, à un certain moment de la pandémie, se sont égarés par leurs positions blâmables. »

Voilà : on veut bien réintégrer les non vaccinés, mais à condition que chacun sache que ce sont des brebis égarées. En clair, nous n'avions aucune raison de les exclure, mais nous avons bien fait de le faire, et c'est à eux de s'en repentir.

On entend même Clémentine AUTAIN dire en sourdine que bien entendu, derrière cette réintégration souhaitable, on ne peut oublier que « leur argumentaire a été accompagné de discours obscurantistes ». NON ! Les obscurantistes ne sont pas là, ni les complotistes. Cherchez, et vous trouverez où.

Mais le mal est fait . On va donc attendre l'avis de l'Académie de Médecine, cette sympathique organisation de membres qui le restent jusqu'à 80 berges et qui choisissent entre eux les remplaçants en un entre-soi bien huilé : « un revirement nuirait au climat de confiance entre les soignants et les patients » le mot est lâché : « confiance ». Et de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui en juillet se contentait d'arguments médicaux d'ailleurs plus que contestables comme vu plus haut :

« Au vu du contexte épidémique dynamique, des incertitudes sur l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois, et de l’efficacité d’un schéma vaccinal complet à réduire le risque d’être infecté et de transmettre la maladie, la HAS considère que les données ne sont pas de nature à remettre en cause l’obligation vaccinale des personnels des secteurs sanitaire et médico-social qui concourt à une meilleure protection des personnes soignées ou accompagnées, au premier rang desquelles les plus vulnérables », HAS qui aurait officieusement évoqué une possible réintégration, mais assortie d'un protocole particulier, tout en disant qu'il serait malaisé à mettre en œuvre (autotest tous les jours ! Pourquoi pas, en les élargissant aux vaccinés, on aurait des surprises!)

Tandis que le ministre de la santé indique attendre les avis des organismes ad hoc (n'est-il pas médecin de haute volée, certes urgentiste et en rien infectiologue, mais ne peut-il se forger une idée sur ce problème simplissime?) et dit  :

"accepte-t-on que des gens qui ne sont pas suffisamment protégés soient à proximité des gens les plus fragiles?", argument dont nous avons vu qu'il n'avait aucune validité, ajoutant : « Et par ailleurs, "il y a un problème d'éthique", notamment par rapport aux soignants qui ont joué le jeu au plus fort de la crise Covid et qui ont "tenu la ligne".

Alors que c'est le pouvoir qui a créé le problème en excluant sans raison les non vaccinés, et ce sont ces soignants vaccinés qui, en ne se solidarisant pas avec les non vaccinés, ont validé selon moi de façon quelque peu honteuse leur élimination et les ont empêché de « tenir la ligne ». 

Ah, j'allais oublier, nous allons également attendre l'avis du bon Dr DELFRAISSY en tant cette fois que président du Comité National Consultatif d'Ethique, qui se dit « réservé » sur le problème ("réservé", surtout pas de vagues, cet homme est bon pour faire de la politique). Mais n'est-ce pas ce même DELFRAISSY qui regrettait de n'avoir pas été suivi par le pouvoir quand il siégeait au Conseil Scientifique (où il n'a jamais émis la moindre réserve ès qualité et dont il n'a pas démissioné pour autant), et qui a avoué avoir menti sur le pass sanitaire, dont il savait qu'il ne limiterait en rien la propagation de l'épidémie tel que le prévoyait la loi (ce fut même l'inverse, rarement une décision soit-disant sanitaire aura-t-elle été aussi absurde), mais uniquement pour forcer à la vaccination (en particulier celle des jeunes et des enfants, qui n'en avaient nul besoin) ?

Au total, après avoir créé la zizanie par sa décision, le pouvoir explique ne pas pouvoir revenir dessus car elle risquerait de … créer la zizanie ...

Cherchez l'erreur.

Frédéric PIC

PAU

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