Accord de libre-échange UE/ Mexique : l'UE ne peut pas faire partie du monde d'après

En plein confinement, l'Union européenne est fière d'annoncer la signature d'un accord de libre-échange avec le Mexique. Elle montre ainsi qu'elle ne comprend rien ni n'apprend rien. Le jour d'après ne pourra pas voir le rétablissement des acteurs qui ne savent que servir des vieilles recettes faisandées

 

Une nouvelle est passée inaperçue qui pourtant montre ce que les dirigeants actuels veulent pour le monde d'après : que rien ne change. En plein confinement, l'Union européenne annonce la signature d'un accord de libre-échange avec le Mexique.

 

Comme à chaque fois le même ragoût faisandé est servi : il paraît que l'accord va créer des emplois (aucun accord de libre-échange n'a démontré ça, jamais), qu'il est compatible avec les Accords de Paris (l'intensification des échanges entraîne pourtant une augmentation exponentielle des pollutions), et que la démocratie en sortira renforcée (le Mexique n'étant ni un des pays les plus corrompus du monde, ni un des plus violents, ni un où on assassine allégrement syndicalistes, défenseurs des droits et militants écologiques, c'est bien connu). La nouvelle mode étant à l'autonomie productive, le Commissaire européen se croit obligé de préciser que « l’autonomie stratégique ne signifie pas que nous devons faire de l’auto-suffisance notre objectif. » Traduit en français : vous, les confinés, vous pouvez bien rêver au monde d'après, nous, la Commission, vous resservirons le monde d'avant et on se passe de votre avis.

 

Cette nouvelle est intéressante à plus d'un titre : l'Union européenne continue de faire du néolibéralisme, elle poursuit son agenda au milieu du chaos. Les eurobéats de tous bords vont avoir du mal à expliquer en quoi l'UE est la solution et non une partie du problème. Une autre information utile : LR et LREM applaudissent des deux mains. Cela ne doit pas étonner mais mérite d'être souligné. Par ailleurs, ce n'est pas être prophète que de deviner quelle va être la réaction de certains eurobéats se qualifiant de gauche ou écologistes, qui vont hurler contre cet accord mais dire que l'UE devrait gentiment se réformer – c'est ce qu'ils disent toujours. Décidément, pour le monde d'après, il faudra débarquer les responsables du monde d'avant.

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