Quel accueil pour Stiglitz?

Le livre à paraître le 5 septembre 2012 de Joseph E.Stiglitz (prix de la banque de Suède 2001), Le prix de l'inégalité aux éditions Les Liens qui Libèrent, s'annonce stupéfiant.Marianne en publie cette semaine des extraits. Les argument développés rappellent étrangement ceux défendus par les altermondialistes depuis le début des années 2000 et, plus proche de nous, ceux du Front de gauche en 2012, tous censés être ridicules. Stiglitz serait-il lui aussi un stalinien ou un hippie?

Le livre à paraître le 5 septembre 2012 de Joseph E.Stiglitz (prix de la banque de Suède 2001), Le prix de l'inégalité aux éditions Les Liens qui Libèrent, s'annonce stupéfiant.

Marianne en publie cette semaine des extraits. Les argument développés rappellent étrangement ceux défendus par les altermondialistes depuis le début des années 2000 et, plus proche de nous, ceux du Front de gauche en 2012, tous censés être ridicules. Stiglitz serait-il lui aussi un stalinien ou un hippie?

 

Pour patienter d'ici la sortie du livre, les arguments de Stiglitz publiés dans Marianne sont les suivants:

- la démocratie est incompatible avec la mondialisation dans sa forme actuelle principalement à cause de la liberté totale de circulation des capitaux, qui ne favorisent pas la croissance mais provoque instabilité et inégalité, et de la concurrence mondialisée permettant aux détenteurs de capitaux d'effectuer un chantage insupportable sur les gouvernements élus.

- l'OMC (qu'il qualifie de diktat) mine l'autodétermination des pays et la démocratie

- Les 1% les plus riches manipulent l'opinion pour orienter les politiques vers leurs intérêts bien compris

 

Il va même jusqu'à écrire "les sociétés financières de Londres ont réagi à un projet de régulation de leurs bonus en menaçant de quitter le pays. Dans ces cas-là on pourrait dire : bon débarras! Le coût pour la société des excès du secteur financier dépasse de très loin les quelques emplois qu'il crée. Les spéculateurs s'en iront ; mais les sociétés qui effectuent les activités financières importantes - celles qui prêtent aux entreprises locales - resteront. Elles doivent être sur place."

C'est exactement ce que dit JL Mélenchon (1).

Stiglitz semble estimer que les américains sont trop optimistes devant la situation réelle de leur pays. Je rappelle que les français au contraire sont les champions du pessimisme (2), peut-être parce que justement nous avons une conscience plus nette des inégalités insupportables, de leur origine et de leur rôle. Les dominants nous expliquent d'ailleurs régulièrement à quel point il est dommageable pour l'économie que les français "détestent" les riches, contrairement aux anglo-saxons qui les "adorent", car ils auraient "compris" à quel point cela est nécessaire à leur bonheur. Stiglitz ne semble pas de cet avis.

Il est vrai que cela doit être bien inconvenant de devoir se justifier devant ce peuple si stupide et si vulgaire, qui va jusqu'à montrer du doigt ces inégalités, quelle injustice. Le peuple ne devrait-il pas être heureux avec tous les divertissements qu'on lui propose?

Les dominants essayeront-ils de ridiculiser Stiglitz de la même manière que Mélenchon, lorsque l'économiste défend des idées identiques?

Il sera en tout cas difficile d'utiliser l'anti-communisme avec l'ancien économiste en chef de la banque mondiale.

A suivre...

 

(1) Qu'ils s'en aillent tous! vite la révolution citoyenne, J'ai lu Document, novembre 2011; et L'humain d'abord, programme du front de gauche à l'election présidentielle 2012, librio, septembre 2011

(2) http://www.marianne2.fr/Cette-semaine-dans-Marianne-Les-Francais-medaille-d-or-du-pessimisme_a221713.html

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