Once Upon a time… in Hollywood

De Quentin Tarantino. Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Margaret Qualley, Austin Butler, Al Pacino… 2h41.

Leonardo DiCaprio et Brad Pitt © Sony Pictures Leonardo DiCaprio et Brad Pitt © Sony Pictures
Le 9e film de Quentin Tarantino est une synthèse de tout ce qu’on subodorait de l’œuvre d’un cinéaste passionné par le cinéma américain depuis son enfance. Une déclaration d’amour enflammée du réalisateur de Reservoir Dogs (son premier vrai succès) pour une Amérique révolue qui n’existe plus, mais qu’il a bien connu. Celle de la fin des années 60 où hippies et stars de télé sur le déclin se partageaient une vie d’insouciance, de liberté et d’émancipation, sous les néons rouges et clinquants d’une société de consommation qui semblait alors sans limite.

Brad Pitt © Sony Pictures Brad Pitt © Sony Pictures
L’histoire se situe précisément pendant quelques mois de 1969, à Hollywood. Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), star de séries télé sur le déclin et sa doublure de longue date Cliff Booth (Brad Pitt) tentent de poursuivre une carrière dans une industrie cinématographique dont ils ont bien du mal à adopter les codes. Le jour où il découvre que Roman Polanski, jeune réalisateur qui commence à connaître le succès, est son voisin, Rick Dalton se sent davantage has been que héros de la série Chasseur de prime. Le tout oscille entre la nostalgie d’un bon vieux temps qui semble mort et ne reviendra plus, la mélancolie blafarde et alcoolisée de deux vieux amis en pleine introspection, sous le soleil californien dans une société qu’ils ne comprennent plus, et réciproquement…

Dès le titre, Once upon a time, « il était une fois », le spectateur sent qu’il va assister à une sorte de fable régressive où Tarantino s’emploie à déconstruire ce qui a fait le mythe d’une Amérique cinématographique et qui l’a tant façonné, et dont il nous gratifie de film en film, depuis presque 30 ans. Grâce à une mise en scène confinant au chef d’œuvre absolu – photo superbe, virées en bagnoles époustouflantes, musique sixties et seventies à s’évanouir, seconds rôles aussi bien travaillés que les premiers – Once upon a time in Hollywood est un film qui fonctionne particulièrement bien.

Sharon Tate (Margot Robbie) © Sony Pictures Sharon Tate (Margot Robbie) © Sony Pictures
Pour ceux et celles qui auraient un peu de mémoire, et connaîtraient l’histoire de ce fascinant pays, ils se souviendront peut être, voyant l’incarnation de Sharon Tate (interprétée par Margot Robbie), qu’elle fut sauvagement assassinée avec son groupe d’amis par un groupe de hippies défoncés et manipulés par le gourou Charles Manson. Nous n’irons pas plus loin pour ne pas déflorer la fin de ce qui peut, sur le papier, apparaître comme un film long (2h41). Mais c’est oublier que seul Quentin Tarantino peut nous scotcher au fauteuil sans bouger pendant tout ce temps-là, sans qu’on ne s’ennuie une seule seconde.

F.S. 

(sur les écrans depuis le 14 août)

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