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Billet de blog 16 sept. 2019

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«Deux moi»: les lents préliminaires de Cédric Klapisch

De Cédric Klapisch. Avec Ana Girardot, François Civil, Camille Cottin, François Berléand, Simon Abkarian… 1h49.

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- Ana Girardot François Civil - © (c) Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut

L’histoire : Rémy et Mélanie sont deux trentenaires vivant à Paris dans deux appartements mitoyens mais de deux immeubles différents, souffrant des mêmes affres de la vie d’une grande métropole : hyper connectés, ils peinent à rencontrer l’âme sœur. Mélanie multiplie les rencontres sans lendemains grâce à un réseau de rencontres faciles ; Rémy peine à rencontrer quelqu’un. Elle dort comme un loir. Il est insomniaque et angoissé. Tous les deux se croisent et se recroisent sans jamais vraiment se rencontrer. Au bout d’une heure cinquante de film – enfin - leur itinéraire va pourtant finir les conduire au même endroit, au même moment. Et là…

- Ana Girardot - © (c) Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut

On sais gré à Cédric Klapisch, depuis Ce qui nous lie en 2017, d’avoir un peu quitté le registre qui avait pourtant fait le succès de la trilogie L’Auberge espagnole, Les Poupées russes et Casse-tête chinois : les récits de l’attente, de l’indécision, des valses-hésitations… Vraiment ? Face à l’attente, les hésitations, les indécisions, les permanentes procrastinations d’Ana Girardot et François Civil, on se demande finalement si Deux moi finira, lui aussi, par accoucher. On y retrouve sans avoir besoin de beaucoup chercher ce qui avait fait la philosophie des films de Klapisch, que Jules Renard aurait pu résumer ainsi : « Une fois que j’ai pris ma décision, j’hésite longuement ». Et ça marche : des cartons d’entrées au box-office et de jolis scores au prime-time.

- François Civil et François Berléand - © (c) Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut

Heureusement, pour faire passer un peu ces longs préliminaires d’une histoire d’amour dont on devine, dès le début, qu’elle finira bien par trouver sa consommation, des trésors de mise en scène viennent ponctuer l’œuvre, et donner l’eau à la bouche au spectateur qui se demande si enfin, le boy va finir par rencontrer la girl. Adepte du split-screen, Klapisch n’en use que dans le générique – et encore, il faut bien chercher. On notera cependant l’excellente scène du bain d’Ana Girardot d’où s’échappe en plus de l’odeur du savon une musique que, par la magie d’une bouche d’aération, Rémy entendra de son appartement voisin et cherchera à reproduire avec son smartphone. Là, on se disait que… Et puis non.

Plus loin, Cédric Klapisch semble nous rejouer le coup de Chacun cherche son chat et le petit chat perdu par Rémy trouvera refuge chez Mélanie… sans qu’il ne s’en rende compte finalement. La faute à ces deux appartements mitoyens, mais dans deux immeubles différents, l’un moderne, l’autre ancien. Bref : je t’entends mais ne te vois pas.

Heureusement encore, les seconds rôles viennent agréablement faire passer le temps, notamment Simon Abkarian, épicier de quartier dans le huis clos duquel nos deux jeunes protagonistes perdus viennent chercher du riz et du pesto ou de la nourriture pour chat (tiens, le revoilà !). On croise aussi même de manière très fugace Eye Haïdara (Le Sens de la fête) et un des acteurs fétiche de Klapisch Zinedine Soualem. Plaisant.

Ana Girardot et Camille Cottin © (c) Emmanuelle Jacobson-Roques - Ce qui me meut

C’est finalement dans l’ambiance feutrée de la psy de Mélanie qui tranche avec celle, plus médicale du psy de Rémy – Camille Cottin pour l’une et François Berléand pour l’autre – que se noue et se dénoue le fond de ce Deux moi qui heureusement finit par trouver son épilogue. « Il ne suffit pas d’avoir compris le problème pour régler le problème. Et en même temps il est nécessaire d’avoir compris le problème pour pouvoir le régler, le problème… » (Camille Cottin).

Ouf ! Finalement le seul problème qu’on peut avoir avec Deux moi c’est finalement de trouver ces préliminaires un peu longs. Mais il faut reconnaître à Klapisch de savoir creuser le désir. Et chacun sait que sans lui, point de jouissance…

 F.S.

En salle depuis le 11 septembre.

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