Angoulême : Rumiko Takahashi remporte le Grand Prix du 46e FIBD

C’est une femme - suffisamment rare pour être souligné - auteure de bande dessinée, et ça n’était pas arrivé depuis Florence Cestac en 2000.

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La mangaka japonaise Rumiko Takahashi, 61 ans, a remporté le Grand Prix du 46e Festival de la Bande dessinée d’Angoulême, mercredi 23 janvier. 1672 auteurs de bande dessinées ont voté pour celle qui, avec 40 ans de carrière fulgurante et plus de 200 millions d’albums vendus, est la deuxième mangaka a obtenir ce prestigieux Grand Prix après Katsuhiro Otomo en 2015. Elle est la première à avoir su dépasser les conventions du manga, en utilisant cette forme de bande dessinée pour transmettre avec finesse et humour ses questionnements autour d’une société japonaise en pleine mutation. Avec les séries Maison Ikkoku (Juliette je t'aime) et Ranma 1/2, elle va rapidement devenir la reine du shōnen manga, les adaptations animées de ses séries contribuant à asseoir sa popularité bien au-delà des frontières de l'archipel nippon. Dans cette société où l'on accepte mal la différence (« le clou qui dépasse appelle le marteau », dit un dicton bien connu au Japon), Rumiko Takahashi s'est toujours attachée à mettre en avant les outsiders et les excentriques, en faisant valoir leur droit à une seconde chance. Pétris de défauts mais aussi profondément humains, ses héros ont ainsi marqué plus d'une génération de lecteurs, au sein d'une œuvre qui, souvent sous le couvert de la comédie, se révèle extrêmement progressiste.

Rumiko Takahashi vit recluse au Japon auprès de sa mère, viendra-t-elle en 2020 présider le 47e FIBD à Angoulême ? Encore un peu de suspens…

F.S.

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