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Billet de blog 24 sept. 2020

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Antoinette dans les Cévennes : qui fait l’âne fait la bête

Film de Caroline Vignal. Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte… Envie de randonner sur le chemin de Stevenson dans les Cévennes avec un âne ? Attendez un peu avant de vous lancer...

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- Laure Calamy (Antoinette Lapouge) et dans le rôle de l'âne : Patrick - © - Laure Calamy (c) Julien Panié -

Vaudeville néo-rural : Antoinette Lapouge (Laure Calamy), institutrice amoureuse du père d’une de ses élèves (Vladimir, interprété avec retenue par Benjamin Lavernhe), fait chanter par ses élèves à la fête de fin d’année Amoureuse, de Véronique Sanson. Stupéfaction dans la cour… Mais douche froide lorsque son amoureux lui annonce que finalement, la petite semaine qu’ils devaient passer ensemble ne se fera pas, Éléonore, sa femme (Olivia Côte) ne part finalement pas à l’Île de Ré mais a choisi pour toute la famille une traversée des Cévennes avec un âne. Qu’à cela ne tienne, Antoinette réserve à la dernière minute le même séjour et débarque à Monastier-sur-Gazeille au bord du GR70 dans la Haute-Loire, avec ses talons compensés et sa valise rose à roulettes… Après un premier dîner inquisiteur où elle apprend qu’elle est la seule à faire la traversée avec un âne (elle va rapidement comprendre pourquoi), la voilà partie dès le lendemain avec Patrick, l’âne qui lui est réservé, pour une « psy qu’âne analyse » avec les pieds, où la tête et le cœur vont tourner à plein régime, en même temps que les gags clownesques.

Antoinette et Modestine-Patrick : même combat. En 1879, l’Écossais Robert-Louis Stevenson se lance lui aussi sur les chemins des Cévennes avec une ânesse, Modestine, suite à ce qu’on nommerait aujourd’hui un chagrin d’amour. Il en tira Voyage avec un âne dans les Cévennes, devenu une sorte d’objet culte du marcheur dans ce superbe coin de France. Et dissuasif de marcher avec un tel animal, au passage… Antoinette va découvrir que ce qu’elle poursuit n’est pas plus important que ce qu’elle cherche, au fond : son unification après des années d’errance.

- Laure Calamy et Olivia Côte - © Laure Calamy Olivia Côte (c) Julien Panié

Dans le vaudeville, la femme trompée est souvent la clé d’un tournant irréparable : c’est Éléonore, femme de Vladimir, qui dans un formidable plan-séquence donne le dénouement de cette histoire entre les deux amants. Problème (en est-ce un ?), on n’est à ce moment-là de l’histoire qu’au beau milieu du film… Une fois éloignée de son mari l’encombrante maîtresse qui croyait bien faire, comme Caroline Vignal va-t-elle éviter les bâillements de ses spectateurs ?

- Benjamin Lavernhe, Laure Calamy - © (c) Julien Panié

En s’intéressant à l’intérieure d’Antoinette plutôt qu’à ses aspects extérieurs, pourtant burlesque, bien aidée par les deux ânes qui participent au tournage (un agressif, l’autre plus doux pour les moments « câlins »). Sans aller jusqu’à dire qu’elle signe un chef-d’œuvre, Caroline Vignal rend le propos plaisant jusqu’au bout de l’heure et demi d’un film qui remplit son rôle en cette rentrée cinématographique si particulière après six mois de disette. Beaucoup de choses y sont soignées, jusqu’aux seconds rôles qui valent largement des premiers dans des films moins bien ficelés. Antoinette dans les Cévennes, ça marche, et c’est le cas de le dire.

 Sur les écrans depuis le 16 septembre.

F.S.

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