Les Hirondelles de Kaboul feront le bel automne du cinéma francophone

Le 12e FFA (Festival du film francophone d'Angoulême), a livré son palmarès. Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec remporte le Valois de diamant. Un festival unanimement salué, pour la qualité de sa programmation, la présence de stars sans les paillettes, au jury présidé cette année par l'actrice Jacqueline Bisset. Et un public cinéphile très largement au rendez-vous.

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C’est  un film d’animation, coproduit par une société luxembourgeoise (1), qui décroche le précieux Valois de diamant du 12e Festival du film francophone d’Angoulême. Les Hirondelles de Kaboul (en salle le 4 septembre prochain, adapté du roman de Yasmina Khadra) de Zabou Breitman et l’illustratrice Éléa Gobbé-Mévellec raconte l’histoire d’un jeune couple afghan en 1998 dans Kaboul en ruine et occupé par les talibans, Mohsen et Zunaria, dont le destin va changer à la suite d’un geste insensé de Mohsen. Orientalisme et violence des évènements, douceur du trait et délicatesse de l’aquarelle en plein fondamentalisme religieux. Ce très réussi film d’animation obtient également le Valois de la musique (signé Alexis Rault). A voir vite !

C’est Papicha, de Mounia Meddour qui remporte le plus de prix : Valois du public ; Valois de l’actrice pour Lyna Khoudri ; et Valois du scénario. Papicha raconte l’histoire de Nedjma, une de ces « papichas » (les jolies jeunes filles algéroises), au début des années 90. A 18 ans, étudiante habitant une cité d’Alger, elle rêve de devenir styliste. Elle dessine des vêtements en cachette, et sort la nuit dans une boîte à la mode où elle vent ses créations clandestinement. Ce qui n’est guère du goût des hommes dans un pays à la situation politique et sociale en permanente dégradation. Nedjma décide de se battre et même d’organiser un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits. Sortie le 9 octobre.

Nina Meurisse dans "Camille" © - Pyramide films - Nina Meurisse dans "Camille" © - Pyramide films -
Lyna Khoudri partage le Valois de l’actrice avec Nina Meurisse dans Camille, film sur la trop courte vie de Camille Lepage, jeune photoreporter assassinée en Centrafrique en mai 2014. Un très beau film de Boris Lojkine qui sortira le 16 octobre prochain.

Le Valois de l’acteur revient – comment pouvait-on en douter ? – à Anthony Bajon pour son rôle du fils de l’agriculteur Pierre (Guillaume Canet) dans Au nom de la terre, d’Édouard Bergeon tiré d’une histoire vraie. Celle de son propre père qui s’épuisa à la tâche jusqu’à en mourir. Un film dur, âpre, qui n’est pas sans rappeler Petit paysan d’Hubert Charuel avec Swan Arlaud qui avait obtenu le Valois de diamant et le Valois de l’acteur en 2017. En salle le 25 septembre.

Le Valois René-Laloux, qui récompense le meilleur court-métrage d’animation est décerné à Claudius Gentinetta pour Selfies.

Le Valois de la mise en scène est décerné à Tu mérites un amour de Hafsia Herzi (11 septembre dans les salles).

Enfin, le Valois des étudiants francophones est remis à Adam de Maryma Touzani (sortie 1er trimestre 2020).

 (1) Le Luxembourg et son cinéma était cette année l'invité du 12e FFA. Le Grand-Duc et la Grande-Duchesse du Luxembourg étaient présents tout le week-end et lors de la cérémonie de remise des Valois au théâtre d'Angoulême dimanche 25 août.

F.S.

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