A l'ami Guy (avec des choses sucrées et salées)

Il y a un an nous quittait Guy Philippon, l'ami Guy ! Je me souviens ici de lui à l'occasion de la reprise ce soir de "ses" "vendredi de la teinturerie". Mémoire vivante (et partielle !) du PSU, âme de la vie militante et politique du 20e, de "son 20e", "père" des premiers pas de nombre de jeunes écologistes, ... Pour tout, merci Guy et "à ce soir", au moins dans l'esprit !

C'était il y a un an, le 17 mars 2018. Alors que la neige abondante ensevelissait Paris, nous étions nombreux, réunis au Père Lachaise pour dire au revoir à Guy. Pour te dire au revoir Guy.

Pour celles et ceux qui n'ont pas eu la chance de te connaître, il est désormais trop tard. Pour celles et ceux qui t'ont croisé, une fois, ou côtoyé dans la durée, il n'est pas nécessaire de te décrire : chacun.e s'en souvient et se sera fait son opinion ! Car tu marquais les trajectoires et les esprits et à la seule évocation de ton nom, chacun réveille en lui images et sources d'inspiration. Toi, Guy Philippon.

Parmi tes très nombreux amis présents il y a un an au Père Lachaise, quelques uns se sont faits les témoins de notre affection, notre admiration, mais aussi du manque qu'a immédiatement provoqué ton absence. Avec talent, sincérité, et panache. Merci Dominique, Michel, Cécile, Antoinette, Stéphane, pour vos mots.

Guy Philippon, tract à la main, dans les rue du 20e © Fondation de l'écologie politique Guy Philippon, tract à la main, dans les rue du 20e © Fondation de l'écologie politique

Toujours le temps pour les autres

Guy, même mort, même parti, tu as su réunir des personnes venues de tous les horizons, de toutes les époques, de tous les âges.

Ta grande famille politique s'est réunie et a oublié les querelles superficielles ou profondes, le temps d'une belle journée de communion. Autour de toi. Une nouvelle fois.

Je serais bien incapable de te rendre de si beaux hommages que ceux qui t'ont été offerts ce matin-là. Incapable de trouver des mots aussi justes que ceux qui ont été prononcés et qui résonnent encore dans les oreilles et l'esprit de celles et ceux qui étaient présents. 

Guy, je ne t'ai connu que 8 années, une goutte d'eau dans l'immensité de ton action et activisme militant. Mais tu m'as accueilli dans ta grande famille politique et, en plus de l'ami et du conseiller, tu es celui qui m'a fait "passer le pas" et m'a convaincu d'adhérer à un parti politique, après des années d'engagement non partisan. Tu as su être être convainquant et je ne l'ai pas regretté. Du moins pas à l'époque car aujourd'hui la vie politique partisane est en lambeaux et je serais tellement curieux et heureux d'entendre ton analyse et de pouvoir en discuter avec toi, comme tu savais et aimais le faire ! Comme l'a dit Michel Mouzel au Père Lachaise : "ce qui était incroyable avec toi Guy, c'est que tu semblais toujours avoir le temps de t'intéresser aux autres"

Et cette force de conviction n'est pas venue tant des mots que de l'exemple. Avec quelques rares autres, tu es de ceux qui ont montré par les actes que le dévouement et l'engagement pour des idées et pour l'intérêt de toutes et tous peut précéder la tactique et les petits enjeux personnels, est compatible avec la bienveillance et l'attention à chacun, quel qu'il soit et quel que soit son bagage.

Petit mot de remerciement de Guy après un déjeuner à la maison (2014) © F. GUerrien Petit mot de remerciement de Guy après un déjeuner à la maison (2014) © F. GUerrien

Ah, si j'avais PSU !

Si strict sur les principes et si tolérant avec les individus. Dans l'univers très individualiste de la politique, tu es l'un des très rares à avoir su privilégier l'humain et l'humanisme, en toute circonstance.

Aujourd'hui que tu es parti, j'ai compris que ta capacité à faire la médiation et à écouter, ton empathie naturelle m'apparaissaient comme évidentes mais qu'elles sont exceptionnelles dans le milieu de la politique. Et tellement absentes chez les écologistes, où le libertaire a trop souvent tourné à l'individualisme. Mais tes racines politiques d'origine, ce n'est un secret pour personne, c'est le mode d'organisation solidaire des ouvriers et des paysans creusois et la formidable aventure d'innovation sociale, politique et précurseur d'une partie de l'écologie politique moderne : le PSU. 

Aujourd'hui, un an après, dans "l'après-Guy" nous avons bien besoin de cette leçon : privilégier l'écoute et la compréhension, ne jamais perdre de vue ses convictions, pour fédérer celles et ceux qui se battent au quotidien pour un monde meilleur. Un monde dans lequel les plus faibles, les plus vulnérables, les plus exposés seront soutenus et non pas traquées et soupçonnés. Homme de paix, tu as été un exemple et un modèle pour moi. Tes mots, ta persévérance, et ta croyance sans faille en l'être humain et en un avenir meilleur sont et resteront des références fortes pour trouver le meilleur de ce qu'il y a en chacune et chacun de nous et réconcilier les hommes et les femmes entre eux aussi bien qu'avec la nature dont nous ne sommes qu'une composante.

Je ne saurais jamais le faire aussi bien que toi mais m'appliquerai à porter ton message et tes convictions et d'autres je le sais avec moi et après moi.

Pour tout, merci Guy ! 

Et pour celles et ceux qui connaissent le "rituel" ou qui veulent le découvrir, la reprise des vendredi de la teinturerie c'est ce soir à 19h30 au 24 rue de la Chine et aussi ici : "https://www.facebook.com/events/640818989704972/".

Merci au collectif (Agnès, Benoit, Thymothée, Dominique, et bien d'autres) qui a oeuvré toute cette année à redonner vie à ce moment si riche, instructif, et chaleureux.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.