Les r(évolutions) de l'écosystème Darwin à Bordeaux

Après la résilience écologique de Loos-en-Gohelle dans le Nors-pas-de-Calais, le journaliste toulousain Philippe Gagnebet s'est penché sur la reconversion des friches de la rive droite bordelaise. Son livre sort en fin de mois aux éditions Ateliers Henry Dougier

Couv de Darwin à Bordeaux Couv de Darwin à Bordeaux
Bâtir plutôt que bétonner ; partager plutôt que s’isoler ; imaginer plutôt que stagner. Mais aussi économiser, recycler, débattre, entreprendre autrement, co-construire… Sur la rive droite de la Garonne, sur 9 hectares de l’ancienne caserne militaire Niel, depuis 2010, la ville se réveille en lieu et place d’anciennes friches. Face à « Bordeaux la sage et conservatrice », une poignée de pirates urbains a pris d’assaut un site quasi en ruine pour en faire le laboratoire d’une cité écolo, vivante, imaginative.

Philippe Barre, enfant du pays, fils héritier de grands entrepreneurs de la région, a placé toute sa fortune dans la construction de l’écosystème Darwin. Aujourd’hui l’aventure est collective, partagée, foisonnante. Avec un budget de départ de près de 1,3 million d’euros, et seulement 5 % d’aides publiques aujourd’hui, le lieu est désormais en mouvement, grignotant peu à peu des terrains abandonnés voués aux promoteurs, et y dessine quotidiennement et patiemment un nouveau genre d’espace urbain.

Ici, on trouve des entrepreneurs sociaux ou « verts », 200 entrepreneurs s’y sont installés pour un total de 500 personnes travaillant sur le site, mais aussi le plus grand restaurant bio de France, un « Magasin Général » 100 % bio, des salles de conférences, de concerts, d’expositions ou de débats. Et puis d’immenses espaces de coworking, des associations hébergées gratuitement, un skatepark gigantesque… Et demain, une auberge de jeunesse, un campus de 1 000 étudiants en numérique, art et marketing, des logements partagés, le bric-à-brac d’Emmaüs, une ferme urbaine. À Darwin, l’électricité est d’origine 100 % renouvelable et 80 % des déchets sont recyclés. Derrière l’attitude cool ou « bobo », l’objectif affiché est d’y « construire une autre ville, plus inclusive ».

Grâce à des récits sur la vie à Darwin, à des rencontres avec celles et ceux qui ont imaginé et construit ce lieu, et avec tous ceux qui y travaillent ou simplement y passent au quotidien, ce livre raconte la longue aventure d’entrepreneurs qui veulent réinventer le travail au cœur de nouveaux espaces urbains. Sous le sceau de la transition écologique et sociale ils édifient un autre modèle de la ville de demain.

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