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Billet de blog 28 sept. 2011

A Saint-Jory (31), une Amap résiste à l’urbanisation

Une tribune de Fabienne Lauffer-Neff, Annie Weidknnet, fondatrices des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne de Midi-Pyrénées (AMAP)

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Une tribune de Fabienne Lauffer-Neff, Annie Weidknnet, fondatrices des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne de Midi-Pyrénées (AMAP)

A lire sur www.frituremag.info

L’encre des bonnes résolutions en matière de sauvegarde des terres agricoles du Grand Toulouse n’est pas sèche, que nous apprenons que le le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de St-Jory en cours de révision prévoit de classer désormais pour moitié en urbanisable et pour moitié en industriel et commercial, les parcelles d’une des rares fermes en AMAP de la communauté urbaine et la plus proche de ceux qu’elle nourrit... avec deux AMAP à Tournefeuille, une à Toulouse, une à Saint Jory, une ferme avec 4 emplois annuels plein temps dont deux créés depuis le passage en AMAP.

Et cela au prétexte de la lutte contre le « mitage » du territoire, dont on savait jusque là qu’était responsable l’urbanisation et non la survivance de quelques fermes ! Renversement « renversant » !

La zone urbanisable projetée sera de l’habitat diffus, en contradiction avec les engagements de limiter la consommation de sols agricoles. La partie zone d’activité ne répond à aucune nécessité, alors que la commune a acheté 10 hectares de sols de remblais en continuité des zones industrielles d’Euronor, reliées à l’autoroute et dont elle ne fait rien. Sans compter les friches industrielles qui parsèment la zone. Et qu’on ne nous dise pas que ce sont les paysans qui demandent le passage de leurs terres en zone urbanisable, en prévision de la scandaleuse maigreur de leurs retraites.

Tout faux, ils s’accrochent les bougres, pour rester en zone agricole. Ils s’obstinent à vouloir transmettre à leurs enfants (ou d’autres) une exploitation pérenne, et les terres fertiles amoureusement bonifiées par des générations de leurs ancêtres. Ils luttent pour nourrir leurs concitoyens, pour que les paysans nourriciers ne soient pas contraints de fuir sur des terres de moindre qualité, loin des mangeurs. Les ingrats, dire que leur est offerte là l’opportunité d’un métier plus moderne, conduire des camions de légumes d’Espagne par exemple. Et la possibilité d’un jackpot financier en réalisant la plus-value engendrée par la conversion des terres agricoles en terrains à construire. Vraiment pas de leur temps, ces paysans, on vous le dit...

Tout faux aussi, car ils nourrissent 300 familles, 300 familles qui veulent que les générations qui vont les suivre, leurs enfants et ceux des autres puissent manger des produits locaux de qualité à leur tour. Et qui ont le soutien de beaucoup d’autres. Et cette ferme pratique une agriculture agro-écologique, sans produits chimiques de synthèse, est un havre de biodiversité cultivée, un lieu de rencontre, de solidarité et de convivialité. Bref, un élément emblématique (comme les fermes en AMAP) de ce Développement Durable et de cette Économie Solidaire dont on nous parle sans cesse. Cette ferme devrait au contraire devenir un élément autour duquel se reconstitue une zone maraichère exemplaire, au service de la population, au plus près de ceux qui en ont besoin.

Alors, Mesdames et Messieurs NOS élus, un peu de cohérence et arrêtons le massacre.

Arrêtons de considérer les paysans en zone péri-urbaine comme une nuisance, surtout quand on y maintient des usines SEVESO. Ne nous contentons pas de zones agricoles préservées ou protégées plus ou moins limitées aux zones inondables, ce qui ne mange pas de pain mais ne trompe personne. Commençons par garder précieusement les quelques dernières fermes de la zone nourricière de Toulouse, pour nous nourrir aujourd’hui. Elles sont des conservatoires de connaissances agronomiques, de semences, elles préservent ces inestimables sols fertiles non renouvelables, et surtout sont indispensables pour reconstruire, d’urgence, au moins un peu de la sécurité alimentaire que la crise climatique et énergétique en cours exigent de façon urgente.

Le dernier recensement agricole, relève encore une perte de 20% d’exploitations agricoles dans notre région en 10 ans, et de 10 000 emplois. Quand les derniers des mohicans auront disparu, il ne servira alors plus à rien de le déplorer, de dire je ne savais pas, cela ne donnera à personne le moindre os ou légume à ronger. Restera la « soupe aux cailloux ».

Fabienne Lauffer-Neff, Annie Weidknnet, fondatrices des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne de Midi-Pyrénées (AMAP)

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