Lettre aux "gouvernants" !

Lettre à M. Macron, M. Philippe, M. Castaner et consorts, le 7 dec. 2018.

 

M. Macron, M. Philippe, M. Castaner et consorts,

Vous qui passez votre temps à demander à chacun de prendre ses responsabilités, prenez donc les vôtres, celles d'assumer de ne pas être ni compétent ni digne de poursuivre votre rôle de responsable politique, désavoué par une expression incontestable dont vous n'entendez rien, que vous refusez de toute façon d'entendre, et que vous ne pouvez entendre, car elle vous remet en cause ! Vous avez organisé le pays pour le mettre  aujourd'hui à feu et à sang, vous, et vous jouez les innocents, irresponsables et cyniques, votre marque de fabrique.

Vous refusez d'agir dans le sens même de vos engagements et propos, ceux de faire une société plus juste, meilleure, d'organiser la démocratie dont vous n'avez pas de critique assez dur lorsque vous n'êtes pas « aux manettes » ! D'ailleurs vous dites « au pouvoir » ! Vous vous déclarez nos "dirigeants", vous pensez que vous devez décider pour tous ! Mais qu'elle est donc votre définition de la démocratie ? Qui dirige, qui décide, qui exécute, et sous quel mandat ? Vous déclarez tous les autres illégitimes, car non élus, mais quel est le statut d'un élu si ce n'est d'être le représentant de ceux qui ne le sont pas ? Vous n'êtes pas des gouverneurs, pas des patrons, pas des décideurs ! Le peuple doit décider et évidemment vous vous gardez bien de faire en sorte que se soit le cas, car vous ne pouvez accepter que vous ne soyez pas l'élu tel que vous le concevez et non pas tel que vous devriez l'être si vous aviez le vrai sens moral du service à la nation, au collectif, à tous qui, ensemble, ont une raison dont vous refusez qu'elle soit meilleure que la votre !

Qu'elle piètres connaissances avez-vous de l'histoire pour ne pas, déjà candidat, et encore plus président, premier ministre, ministre de l'Intérieur, remettre en cause ce système, cette structure, cette société dont vous n'avez de cesse de décrire son évolution, son changement, sa nécessaire transformation, alors que vous besognez à la petite semaine sur des poncifs éculés et moisis d'un autre temps ? Aucune alternative, aucune création, aucune organisation propre à faire évoluer une république indigne, dont vous ne savez que répéter sans en comprendre le sens qu'elle est "solide", "ferme", tout ce vocabulaire qui ne révèle que votre incompréhension totale, votre imperméabilité à toute réflexion de fond, votre superficialité, soyons clair, votre incompétence absolue à assumer vos postes publics et responsabilité inhérentes.

La république et la société ne se retrouve plus dans vos idéologies obsolètes teintées de relents monarchiques inavoués et de prétention personnelle débridée, héritage des systèmes capitalistes périmés qui ne subsiste que par la quête de la richesse comme seule morale et valeur.
Nous ne voulons plus ni de vous ni d'un système qui fait de vous des présents aux postes d'élu de tous. Vous ne voulez pas renoncer, pas renoncer à votre poste alors que tout élu remis en cause devrait le faire, vous vous accrochez à vous-même en prenant tout un peuple en otage et en le méprisant par votre refus de ses demandes, dont vous n'êtes de toute façon pas capable d'y répondre, vous êtes dépassés, vous êtes désavoués, vous êtes finalement au mieux qu-inutiles, au pire nuisible.

Si vous aviez un tant soit peu d'honneur juste, moral, intègre et généreux, bienveillant, intelligent, tout ce qui est indispensable à assumer un rôle d'élu, vous seriez déjà parti en ayant organisé votre départ pour le bien des autres et non pas du votre.
Partez.

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