Le grand mensonge

Science ministérielle et discours politico-médiatique vs ‘les chiffres’ (ceux de Géodes - Santé publique France), quelques réflexions personnelles sur les bais médiatiques, plus un chouïa d’épidémiologie scientifique.

France - Mars à mai 2020 : la 'première vague'...

francenouvelleshospitalisations

Autorités sanitaires dépassées, hôpitaux débordés, personnels hospitaliers en première ligne du front, harassés. A la télé, tout se dit et son contraire sur les masques, les tests de dépistage, les traitements, etc. Dans 'les quartiers' racisés (par le racisme d'Etat), les violences policières se déchainent sous masque d'état d'urgence, 'confinement', 'distanciation sociale', etc.

Et n'en oublions pas... Le temps des assassins - Coronavirus : Quand l'ARS conseille de laisser mourir - Dans un document à destination des professionnels de santé, l’ARS Île-de-France délivre des consignes claires sur les admissions en réanimation et le choix des patients à sacrifier, faute de moyens.

Dominique Vidal : Le jour où je me suis senti «vieux»

Juin-juillet 2020 - Le gouvernement et ses médias nous annoncent : « Covid, la seconde vague !»

Exemple… BFMTV, 24 juillet : « La circulation du virus repart à la hausse. Dans l'Hexagone, le nombre de tests positifs au Covid-19 augmente depuis quelques semaines, notamment en Île-de-France. Le nombre de nouveaux cas confirmés de coronavirus en France poursuit son augmentation. Jeudi, la Direction générale de la santé a recensé "plus de 1000" nouveaux cas. Le nombre de patients testés positifs au Covid-19 connaît une tendance continue à la hausse depuis trois semaines consécutives et cette "augmentation s'intensifie", souligne parallèlement Santé publique France. 3589 nouveaux cas ont été détectés la semaine dernière en France métropolitaine, soit une hausse de 27% par rapport à la semaine précédente, après des hausses hebdomadaires de 21% et 13%, détaille l'agence sanitaire. »

D’où hystérie de la volière politico-médiatique, décrets d’obligation de port du masque dans les rues des villes RN-LR-LaREM, appels récurrent de Radio-Paris à généraliser cette obligation sur le territoire national… Tandis que Véran fait son faux-cul : « Non, nous n’observons pas de deuxième vague pour l’instant, mais ça ne saurait tarder », bla bla, bla.

Début mai 2020 - La République En Marche vers le dépistage

Rappel historique : après avoir refusé obstinément toute campagne de dépistage systématique hors malades hospitalisés, le gouvernement effectue un de ces virages à 180 degrés qui lui sont coutumiers, et dont nous avons l’habitude.

Promesse de Véran (25 avril) : 700 000 tests par semaine ! J’ignore quels sont les critères de choix des personnes testées… Une chose est sûre : alors que, du début de l’épidémie à fin avril, les seules personnes testées étaient les cas de malades admis à l’hôpital (donc graves), soit quelques milliers par semaine, les ‘autorités de santé’ se mettent en marche début mai. C’est ainsi que de 32 324 tests virologiques effectués entre le 27 avril et le 3 mai (semaine 18, source ici), nous sommes passés à 278 223 tests pendant la semaine 22 et à 509 962 sur la semaine 30 (source Geodes), soit 40 000 tests de plus par semaine en moyenne.

Retour sur promesses… [Libé, 30 juin] Covid-19 : fait-on les 700 000 tests par semaine promis par le gouvernement ?

Réponse de ‘Checknews’ : pas vraiment… « Pour la semaine 21 (du 18 au 24 mai), il y a ainsi eu 239 584 tests pratiqués, 270 056 la semaine suivante (qui constitue le pic de la période considérée), et 233 865 pour la dernière semaine connue (du 15 au 21 juin). Soit près de trois fois moins que la capacité revendiquée au 11 mai. Cette différence entre la capacité en tests et le nombre de diagnostics réalisés tient à la faible demande. ‘’C’est très calme, le virus ne circule pas énormément, donc on n’est pas du tout saturé’’, témoigne Lionel Barrand ».

Comme chacun.e a pu le constater, c’est beaucoup moins calme côté rédacs des médias #Covid #Live24/24, y compris chez Mediapart… Passons.

m-mmeveran

Madame Véran s’inquiète


Juin-juillet 2020 - Les ‘vrais chiffres’

Source : https://geodes.santepubliquefrance.fr/index.php#c=home

Index : https://geodes.santepubliquefrance.fr/index.php#c=news

☞ Nombre de tests effectués du 27 avril au 1er juillet

Du 27 avril au 3 mai (semaine S18) : 32 324 tests effectués

Nombre de personnes testées - tous âges, du 17 mai au 26 juillet (semaines 21 à 30)

S21 : 237 936 ; S22 : 260 876 ; S23 : 202 486 ; S24 : 222 598 ; S25 : 220 669 ; S26 : 245 009 ; S27 : 308 359 ; S28 : 352 111 ; S29 : 364 580 ; S30 : 463 644 ; S31 : 430 225

Le nombre de tests est donc passe de 32 000 fin avril à plus de 430 000 fin juillet, un détail que les médias # Covid #Live 24/24 ont soudain oublié de préciser.

Une évidence : quand le nombre de tests augmente, celui des cas positifs (et négatifs) augmente de même… C’est pourquoi les scientifiques (de la science avec un petit ’s’) ne considèrent significatifs de l’évolution d’un phénomène (augmentation ou diminution) que ce qu’ils appellent 'taux de positivité'.

Taux de positivité sur une période donnée (jour, semaine, etc., en %) égale nombre de cas positifs divisé par nombre de tests effectués multiplié par cent.

Voici donc 'les chiffres’ tirée de la plateforme gouvernementale GÉODES, ‘GÉO Données En Santé publique’ :

INDICATEURS COVID-19, DONNÉES SI-DEP (SYSTÈME D’INFORMATION NATIONAL DE SUIVI DU DÉPISTAGE COVID-19)

☞ Taux de positivité quotidiens - tous âges, du 19 juin au 1er juillet (semaines 26 et 27)

Jour → nombre de tests, nombre de cas positifs, taux de positivité (%)

20-07-19 :   10 606                     186                          1.75%

20-07-20  :   83 580                  1025                          1.23%

20-07-21 :    81 045                  1089                         1.34%

20-07-22 :    80 566                  1159                         1.44%

20-07-23 :    79 577                  1133                         1.42%

20-07-24 :    86 496                  1254                        1.45%

20-07-25 :    30 071                    617                        2.05%

20-07-26 :    13 172                   259                         1.97%

20-07-27 :    91 907                  1407                        1.53%

20-07-28 :    93 508                  1331                        1.42%

20-07-29 :     95 913                1425                         1.49%

20-07-30       92 374                1489                         1.61%

20-07-31       94 290                1512                         1.60%

20-08-01       39 817                 695                          1.75%

→ Moyenne sur 14 jours (semaines 30 et 31) : 1.6%

☞ Taux de positivité hebdomadaires - tous âges, du 17 mai au 26 juillet (semaines 21 à 30)

S21 1.9% ; S22 1.5% ; S23 1.5% ; S24 1.3% ; S25 1.5% ; S26 1.4% ; S27 1.2% ; S28 1.1% ; S29 1.2% ; S30 1.4% ; S31 1.6%

Les données de la semaine 32 ne sont pas encore publiées à ce jour, désolé.

Donc, en gros, le taux de positivité hebdomadaire au SRAS-CoV2 oscille entre 1.1 et 1.9%, moyenne sur 10 semaines : 1.5% 

.....

Que signifie ce fossé entre discours politico-médiatique et données sanitaires officielles ?

  1. Dire ou écrire qu’il y a ’augmentation du taux de positivité’ est un mensonge. Idem pour les infos du style ‘la circulation du virus repart à la hausse’, ‘l’augmentation s’intensifie’, ‘seconde vague’, etc. : fake news !
  2. Appuyer ces mensonges éhontés de ‘communiqués AS’ du style ‘plus de 1000 nouveaux cas’, ‘3589 nouveaux cas’, ‘hausse de 27% par rapport à la semaine précédente, après des hausses hebdomadaires de 21% et 13%’, etc., est à la fois un aveu d’ignaritude crasse, une insulte à la communauté scientifique et un crachat à la gueule du ‘public’.
  3. Les médias mentent et le gouvernement les laisse mentir : qui ne dit mot est un menteur, qui sait ce qu’il en est et s’abstient de dénoncer publiquement le mensonge est un fieffé menteur doublé d’un minable faux-cul.

Revenons à l’épidémiologie scientifique…

Le nombre de tests effectués en deux mois est trop faible (moins de 5% de la population) pour qu’on puisse en tirer des conclusions fiables, d’autant que les critères sur lesquels l’échantillon est constitué ne sont pas clairs : étude non randomisée. De plus, le fait qu’une personne soit comptée ‘négative ‘ tel jour ne signifie pas qu’elle le sera le lendemain, et idem pour toute épidémie, grippe saisonnière ou autre. Quant à la fiabilité des tests PCR…

https://www.letemps.ch/sciences/fiabilite-tests-depistage-question

https://www.ledevoir.com/societe/sante/581395/coronavirus-des-tests-de-depistage-d-une-fiabilite-variable

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_covid-19-faux-negatifs-les-tests-pcr-sont-ils-fiables?id=10480461

https://www.huffingtonpost.fr/entry/coronavirus-les-deux-gros-defauts-du-test-pcr-et-comment-le-gouvernement-veut-les-gerer…

Mais admettons. Que veut dire l’observation que 1.5 % d’une population est ‘positive’ à un test de présence d’un virus dans son organisme, quel que soit le nom de la bestiole ? Ça veut dire que 1.5 % de cette population est ‘infectée’ par ledit virus à la date de réalisation du test, porteurs asymptomatiques (nul symptôme de la maladie) et symptomatiques (i.e ± malades) confondus… Ni plus, ni moins.

Il reste à cumuler ces données sur les deux derniers mois et à les combiner avec d’autres (nombre d’hospitalisations, nombre de décès, etc.) pour en déduire ce que les scientifiques anglo-saxons appellent ‘’Mortality Rate’, ‘Infection Fatality Rate’ et ‘Case Fatality Rate’ (voir Wikipedia English ou autre, la version française est nulle), et en tirer les enseignements, par comparaison avec les mêmes taux (si disponibles) mesurés sur la période mars-avril-mai, celle de la crise épidémique.


Herd Immunity -  Immunité collective et COVID-19 (coronavirus) 

Comprendre ce que l'on sait sur l'immunité collective ('de troupeau') et ce que cela signifie pour la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

Vous souhaitez savoir si l'immunité collective contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) pourrait ralentir la propagation de la maladie ? Comprenez comment fonctionne l'immunité collective et ce que les experts disent de son impact potentiel sur la pandémie de COVID-19.

Pourquoi l'immunité collective est-elle importante ?

L'immunité collective se produit lorsqu'une grande partie d'une communauté (le troupeau) devient immunisée contre une maladie, ce qui rend la propagation de la maladie d'une personne à l'autre peu probable. Par conséquent, toute la communauté est protégée, et pas seulement ceux qui sont immunisés.

Souvent, un pourcentage de la population doit être capable de contracter une maladie pour que celle-ci se propage. C'est ce que l'on appelle une proportion seuil. Si la proportion de la population qui est immunisée contre la maladie est supérieure à ce seuil, la propagation de la maladie diminuera. C'est ce que l'on appelle le seuil d'immunité collective.

Quel pourcentage d'une communauté doit être immunisé pour obtenir l'immunité collective ? Cela varie d'une maladie à l'autre. Plus une maladie est contagieuse, plus la proportion de la population qui doit être immunisée contre la maladie pour arrêter sa propagation est importante. Par exemple, la rougeole est une maladie très contagieuse. On estime que 94 % de la population doit être immunisée pour interrompre la chaîne de transmission.

Comment l'immunité collective est-elle obtenue ?

Il existe deux voies d'immunité collective pour COVID-19 : les vaccins et l'infection.

➤ Vaccins

Un vaccin contre le virus qui provoque la COVID-19 serait une approche idéale pour obtenir une immunité de troupeau. Les vaccins créent une immunité sans provoquer de maladie ou de complications. L'immunité collective permet de protéger la population contre une maladie, y compris les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées, comme les nouveau-nés ou les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Grâce au concept d'immunité collective, les vaccins ont permis de lutter avec succès contre des maladies contagieuses mortelles telles que la variole, la polio, la diphtérie, la rubéole et bien d'autres.

Cependant, la vaccination permet d'obtenir une immunité collective, ce qui présente parfois des inconvénients. La protection conférée par certains vaccins peut s'affaiblir avec le temps, ce qui nécessite une revaccination. Parfois, les gens ne reçoivent pas tous les vaccins dont ils ont besoin pour être complètement protégés contre une maladie.

En outre, certaines personnes peuvent s'opposer aux vaccins en raison d'objections religieuses, de craintes quant aux risques éventuels ou de scepticisme quant aux avantages. Les personnes qui s'opposent aux vaccins vivent souvent dans les mêmes quartiers ou assistent aux mêmes services religieux ou écoles. Si la proportion de personnes vaccinées dans une communauté tombe en dessous du seuil d'immunité collective, l'exposition à une maladie contagieuse pourrait entraîner une propagation rapide de la maladie. La rougeole a récemment refait surface dans plusieurs régions du monde où les taux de vaccination sont relativement faibles, notamment aux États-Unis. L'opposition aux vaccins peut constituer un véritable défi pour l'immunité des troupeaux.

➤ Infection naturelle

L'immunité collective peut également être atteinte lorsqu'un nombre suffisant de personnes dans la population se sont remises d'une maladie et ont développé des anticorps contre une infection future. Par exemple, les personnes qui ont survécu à la pandémie de grippe de 1918 ont été immunisées par la suite contre l'infection par la grippe H1N, un sous-type de la grippe A. Au cours de la saison de la grippe 2009-2010, la grippe H1N1 a provoqué chez l'homme une infection respiratoire communément appelée grippe porcine.

Cependant, il y a des problèmes majeurs à compter sur l'infection communautaire pour créer une immunité collective contre le virus qui cause la COVID-19. Premièrement, on ne sait pas encore si l'infection par le virus COVID-19 rend une personne immunisée contre une infection future.

Les recherches suggèrent qu'après une infection par certains coronavirus, une réinfection par le même virus - bien que généralement bénigne et ne se produisant que chez une fraction des personnes - est possible après une période de mois ou d'années. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l'effet protecteur des anticorps au virus chez les personnes qui ont été infectées.

Même si l'infection par le virus COVID-19 crée une immunité de longue durée, il faudrait qu'un grand nombre de personnes soient infectées pour atteindre le seuil d'immunité collective. Les experts estiment qu'aux États-Unis, 70 % de la population - plus de 200 millions de personnes - devraient se remettre de la COVID-19 pour enrayer l'épidémie. Si de nombreuses personnes tombent malades de COVID-19 en même temps, le système de soins de santé pourrait rapidement être débordé. Cette quantité d'infection pourrait également entraîner de graves complications et des millions de décès, en particulier chez les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques.

 

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