Espagne : coup de massue sur les prisonniers politiques catalans

Le parquet général requiert des peines de sept à vingt-cinq années de prison pour 12 instigateurs de la déclaration d’indépendance de la Catalogne.

L'Humanité, 5 novembre 2018, article de Gaël De Santis

« Le choix d’une solution judiciaire plus que politique est toujours de mise dans le dossier catalan. Ce vendredi, le parquet général espagnol a requis de très lourdes peines de prison contre les responsables indépendantistes. Ils seront jugés notamment pour « rébellion », après avoir participé à la déclaration d’indépendance de la riche région du nord-est du pays, le 27 octobre 2017, à la suite de l’organisation d’un référendum d’autodétermination illégal.

Les peines demandées pour 12 dirigeants indépendantistes, arrêtés depuis déjà un an, sont sévères, comprises entre sept et vingt-cinq années de détention. Le vice-président Oriol Junqueras encourt une peine de vingt-cinq ans d’emprisonnement. L’ancienne présidente du Parlement de Catalogne, Carme Forcadell, pourrait purger une peine de dix-sept ans si les réquisitions du parquet sont suivies, tout comme Jordi Sanchez et Jordi Cuixart. Ces deux derniers sont les dirigeants d’organisations indépendantistes à l’origine de nombreuses manifestations catalanistes.

Le « plan sécessionniste envisageait l’utilisation de tous les moyens nécessaires pour atteindre leur objectif, y compris – puisqu’ils avaient la certitude que l’État n’allait pas accepter la situation – la violence nécessaire pour s’assurer du résultat criminel jugé », justifie le parquet pour constituer les faits de rébellion. Le verdict pourrait toutefois ne pas lui donner raison, le qualificatif de « rébellion » faisant débat.

Une droite revancharde

Le gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez a demandé des peines plus légères. Le représentant de l’État dans le dossier a suggéré de retenir le délit de « sédition », moins grave… mais qui autorise tout de même des peines allant jusqu’à douze années de réclusion. Pas assez pour les conservateurs du Parti populaire (PP). Pedro Sanchez est « un otage des auteurs d’un coup d’État », a dénoncé Pablo Casado, un dirigeant de la droite.

Sur le fond, ce n’est pas devant les juges que se réglera l’épineuse question de la place de la Catalogne au sein de l’Espagne, ou de son indépendance. Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez semble l’avoir compris. Son attitude tranche avec celle de son prédécesseur, Mariano Rajoy (PP), qui avait mis le feu aux poudres en refusant toute discussion avec les dirigeants autonomistes et indépendantistes, après le rejet, en 2010, par le Tribunal constitutionnel d’un « statut de la Catalogne » autorisant une large autonomie à cette région et sa reconnaissance comme « nation ». Ce statut avait été approuvé, en 2006, par référendum et était le fruit des discussions entre les dirigeants catalans de l’époque et le gouvernement du socialiste José Luis Zapatero.

Le gouvernement Sanchez joue gros

Pedro Sanchez a, début septembre, proposé un référendum pour un nouveau statut d’autonomie de la région. Cette proposition, qui fait l’impasse sur la situation des prisonniers catalans, lui permet de diviser les dirigeants de la région entre partisans de discussions avec Madrid et ceux qui refusent d’abandonner la perspective d’une indépendance à court terme.

Mais le procès à venir pourrait ressouder le camp nationaliste. Dans l’immédiat, le calendrier judiciaire empoisonne le calendrier gouvernemental. Le projet de budget antiaustérité, souscrit par le gouvernement et la coalition antilibérale Unidos Podemos, pourrait ne pas obtenir de majorité au Parlement, car les voix des autonomistes et indépendantistes catalans, sur lesquelles comptait Pedro Sanchez, pourraient manquer à l’appel. »


No comment de ma part... Que l'abonné Toni Cardona (catalanophobe) ajoute son grain de sel castillan si ça lui chante...

Je mets juste cette profession de foi (en français) du ci-devant Juan Carlos Ier, promu "Chef de l'Etat (fasciste) par intérim" en 1974, puis "Roi d'Espagne" (20 novembre 1975), par le dictateur fasciste Francisco Franco, son cadavre, ses électriciens, toubibs et confesseurs de l'Opus Dei...

El rey Juan Carlos elogia y hace apología del dictador militar fascista Francisco Franco © SirPetter Lily
« Le général Franco est vraiment une figure décisive, historiquement et politiquement, de l'Espagne. Il a su nous en sortir ... ou résoudre, voilà, la notre crise de 1936. Après ça il a joué politiquement pour nous en sortir de la deuxième guerre mondiale, et à part ça pendant ces dernières trente ans, il a mis les bases pour un développement que de nous jours vous-même pouvez constater. Pour moi, c'est un exemple vivant (resic), jour la jour, par son dévouement patriotique au service de l'Espagne, et à par ça, il est... j'ai pour lui une très grande affection et admiration. »

No comment de ma part, sinon...

Libération immédiate des prisonniers politiques catalans !

République en Catalogne, République dans toute l'Espagne !

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