Leur guerre, nos morts...

Leur guerre, nos morts © Charles Robin

Les caméras se pressent : « Place au direct ! » Quand les cris succèdent aux détonations. Mot d’ordre : médiatiquement correct ! Il s’agit d’informer la nation.

l aurait crié « Allahou akbar »… Merci. Sans transition, la Syrie Où livrent toujours bataille aux Barbares Les blindés de la Démocraturie.

Pas d’amalgame. Surtout, soyons Charlie ! Unissons-nous sous la bannière patriotique Tissée par les artisans du conflit Pour voiler leurs ambitions despotiques.

Des innocents meurent sur nos terrasses, Pour seul crime commis d’avoir été là, Pour une guerre imposée par la classe Des malfrats que l’on nomme chefs d’État.

Vite ! Vite ! Abattons cette sauvagerie ! Hurle la meute des loups respectables. Elle voudrait faire croire à la bergerie Que de ses pertes elle n’est pas responsable.

Qu’attendez-vous, ministres, parlementaires, Pour rejoindre vos soldats sur le front Et marier l’ardeur de vos commentaires Au métal de l’armure et du clairon ?

Qu’attendez-vous, sinistres mercenaires Rétribués par la sueur de vos ouailles, Pour porter l’esprit révolutionnaire Jusque sous les feux du champ de bataille ?

Les notables s’invitent dans les cortèges, Commémorent les victimes des attentats. « Citoyens, la République vous protège ! » En effet. On en voit le résultat...

Car enfin, à qui profitent ces martyrs Dont le sang éclabousse nos trottoirs ? Ils sont le coût que consentent à subir Les barons voleurs assoiffés d’or noir. Des bombes explosent à Londres et à Paris Pour nous rappeler qu’en terre d’Orient On sacrifie hommes, familles et patries Sur l’autel du Mensonge et de l’Argent.

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