Justice de classe, condamnation pour l'exemple.

TROIS MOIS de prison ferme pour Maria, salariée, militante PCF, GILET JAUNE et casier judiciaire vierge ! C’est plus que ne peut supporter cette justice de classe !! C’est plus que Cahuzac, c’est ce que n’a jamais eut Dassault, Fillon, Balkany et Benalla réunis !!!

maria

 https://www.humanite.fr/gilets-jaunes-prison-ferme-requise-contre-une-militante-du-pcf-665583

GILETS JAUNES : TROIS MOIS DE PRISON FERME POUR LA MILITANTE PCF

Mercredi 26 Décembre 2018  ⎜  Audrey Loussouarn

Maria B., militante communiste de la Drôme, comparaissait ce mercredi 26 décembre pour « violence en réunion ». Elle a été condamnée à neuf mois d’emprisonnement, dont six assortis du sursis simple, avec interdiction de manifester pendant trois ans.

Convaincu qu'ils ont voulu « bouffer du flic » le 8 décembre, le procureur a réclamé 12 mois de prison, dont six avec sursis, ainsi que 10 000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, pour trois des prévenus, deux hommes de 22 ans et la militante de 37 ans. Pour le quatrième, « le plus violent et le plus déterminé à en découdre » selon lui, il a réclamé 18 mois de prison dont six avec sursis, et 15 000 euros d'amende dont la moitié avec sursis. Le magistrat a enfin réclamé trois ans d'interdiction de manifester pour tous les mis en cause.

On vous raconte le parcours de cette militante depuis son arrestation lors d’un rassemblement des gilets jaunes, le 8 décembre à Valence 

En ces jours de fête, Maria B. a eu un emploi du temps rempli de tâches assez inhabituelles. La militante communiste de 37 ans, qui a pris sa carte au PCF à la dernière Fête de l’Humanité, s’est affairée à remplir un carnet d’adresses, à mettre des timbres, des livres et des vêtements adéquats de côté. « L’avantage traître », dit la jeune femme, d’avoir douze jours de détention provisoire à son actif. L’idée ? Se préparer psychologiquement à toute éventualité.

Car c’est aujourd’hui que cette habitante de Die (Drôme) et boulangère bio, ainsi que trois autres personnes, est jugée pour « violence volontaire en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle est soupçonnée d’avoir participé à l’agression du directeur départemental de la police lors d’un rassemblement des gilets jaunes, le 8 décembre, dans une zone commerciale de Valence. Ce jour-là, les autorités décident de dégager le terrain et l’ambiance est électrique. C’est alors que le patron de la police, présent en personne, ceinture l’un des manifestants qui prenait la fuite. Selon la police, « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, le faisant chuter au sol », rapporte l’AFP.

Des consignes fermes d’« aller au contact, de casser le mouvement »

Pour Maria, qui la semaine précédente battait le pavé à l’appel de la CGT, « il était évident que le ministère de l’Intérieur avait donné des consignes d’extrême fermeté ». Et même, dit-elle, d’« aller au contact, de casser le mouvement ». « J’ai eu la peur au ventre. Je n’avais jamais vécu ça en manifestation. On voit des images de violence sur les réseaux sociaux et, là, j’y étais confrontée », souffle-t-elle. La scène, très brève, a été filmée et ne montrerait aucunement Maria comme à « l’initiative de la violence », pointe son avocat, Me Bertrand Beaux, mais elle s’inscrit dans un contexte global d’affrontement.

Deux personnes sont arrêtées, deux autres le sont dans l’après-midi, dont la militante PCF, alors qu’elle a rejoint la marche pour le climat, également à Valence. L’interpellation est musclée, comme l’atteste une vidéo postée sur la page Facebook du PCF de la Drôme. La militante est placée en garde à vue pour quarante-huit heures, avant une possible comparution immédiate. Ce que refusent les quatre interpellés, qui souhaitent préparer leur défense. Ce sera donc la détention provisoire à Lyon, dans l’attente du procès, le lendemain de Noël. Pour Me Beaux, « le contexte national », avec un pouvoir désireux d’« envoyer un message à l’extérieur », a « joué » pour placer en détention des individus sans casier judiciaire.

Maria est alors « coupée du monde », dit-elle. Aucun coup de fil personnel n’est autorisé et il lui faut attendre plusieurs jours avant d’obtenir un bloc de papier, deux enveloppes et deux timbres. La jeune femme raconte le refus de l’administration de lui faire parvenir ses lunettes – et son obligation, donc, de porter ses lentilles de contact jetables pendant dix jours –, le personnel en sous-effectif et « sous-payé », la solidarité entre codétenues présumées innocentes… « Certaines sont là depuis des mois. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais de ne pas avoir d’enfants, puisque, pour leur part, elles étaient sûres de ne pas les voir pour Noël. » Au bout d’une semaine, la jeune femme reçoit les premiers courriers la rassurant sur les formalités liées à sa soudaine disparition. Puis affluent les lettres de soutien de « camarades de Die, de Valence ». D’une par jour, le nombre est passé à une dizaine. « Je ne les lisais pas toutes d’un coup, pour ne pas avoir le reste de la journée à meubler. Du coup, j’espaçais pour faire durer le plaisir », rit-elle au bout du fil. Elle apprend tardivement qu’une demande des quatre familles des interpellés – qui « se sont rapprochées par la force des choses », observe Maria, un sourire dans la voix – est transmise au tribunal pour leur remise en liberté. Le 20 décembre, la bonne nouvelle tombe. « Ce sont quatre cas différents avec un point commun : le cadre carcéral pour des personnes sans casier judiciaire, en pleine période de Noël, n’est pas évident », souligne Me Beaux, qui qualifie la détention d’« excessive ».

Le PCF a relayé l’information sur les réseaux sociaux

Autre point qui a pesé, de l’avis de l’avocat : la mobilisation à l’extérieur. La fédération PCF a alerté la presse, relayé l’information sur les réseaux sociaux, organisé un rassemblement devant la préfecture, imprimé des affiches… puis le parti, depuis Paris, a alerté toutes les fédérations avant d’évoquer le cas de Maria en conseil national. « Ils n’aiment pas trop ce type de publicité. Que cette mobilisation vienne d’un parti a pesé », observe Jean-Marc Durand, secrétaire fédéral, qui connaît Maria depuis deux Fêtes de l’Humanité, où elle a offert ses talents de boulangère sur le stand de la Drôme.

Cette « énergie » et ces « réseaux déployés », Maria ne les a réellement découverts qu’en sortant. En plus du « stress que (sa) disparition a provoqué chez (ses) proches ». « Les camarades ont pris soin de ma mère. Ça, je ne leur en serai jamais assez reconnaissante. Je suis d’autant plus touchée que je suis une jeune membre du parti. C’est là qu’on voit toute la chaleur humaine au sein de ce que je préfère appeler une famille politique. » « À quelque chose malheur est bon », dit-elle, d’autant qu’habituellement elle reste loin de sa famille, résidant en Bretagne, pour Noël. « C’est toute l’ironie de la situation. On devait, dans la vallée, se réunir entre personnes “seules”. Et, finalement, j’ai eu ma belle-sœur et ma mère avec moi. » Un Noël, « improvisé », qui « revient à son essence même ». À l’aube du procès – politique tant il illustre une « remise en cause de notre droit à manifester » selon ses mots –, Maria garde « une boule au ventre » : « J’ai du mal à dormir, contrairement à ma période de détention où je n’avais pas de prise sur les événements. Mais tout l’amour que j’ai reçu m’a regonflée à bloc. »

Audrey Loussouarn


https://www.humanite.fr/gilets-jaunes-maria-condamnee-trois-mois-de-prison-pour-lexemple-665636

GILETS JAUNES. MARIA, CONDAMNÉE À TROIS MOIS DE PRISON POUR L’EXEMPLE

Vendredi 28 Décembre 2018  ⎜  Audrey Loussouarn

Interdite de manifestation pour trois ans, la militante PCF semble faire les frais d’un « contexte national » et politique.

« Il s’agit d’une peine qui tient compte des circonstances particulières de commission des faits après une audience longue et une instruction circonstanciée ». Ces mots voilés de l’avocat de Maria B., Me Beaux, révèlent en substance le caractère exceptionnel de la condamnation de la militante PCF mercredi soir. Accusée d’avoir participé à l’agression du directeur départemental de la sécurité publique lors d’un rassemblement de gilets jaunes à Valence (Drôme), le 8 décembre (voir notre édition du 26 décembre), elle a été condamnée à neuf mois d’emprisonnement, dont six assortis du sursis simple, avec interdiction de manifester pendant trois ans. « Comment ne pas interpréter (cette) décision comme la volonté de porter atteinte au droit de manifester ? » interroge la fédération du PCF de la Drôme. Car, « à l’évidence, la logique qui avait prévalu pour mettre en détention préventive (les) quatre manifestants (qui comparaissaient ce jour-là — NDLR), à savoir faire un exemple, a continué à être la ligne suivie par le procureur de la République ».

« Nous sanctionnerons et nous livrerons à la justice »

Ces « réquisitions répressives », selon l’avocat de Maria, s’élevaient à douze mois de prison, dont six avec sursis. Les quatre prévenus – qui écopent de peines allant jusqu’à un an de prison ferme – n’avaient pas de casier judiciaire. Seulement, pour le procureur, ils voulaient « bouffer du flic » – « flic » qui, le 8 décembre, portait une tenue de civil, un brassard et son arme de service. Si Me Beaux pointait avant l’audience un « contexte national » qui a « joué » dans cette instruction, le procureur ne s’en est pas caché mercredi, faisant un lien avec les « actes dégueulasses » commis à Paris sur trois policiers à moto.

« Nous serons intraitables », prévenait le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, à la veille de la mobilisation du 1er décembre, précisant que, « dès qu’il y aura des dégâts, des provocations, nous sanctionnerons, nous interpellerons et nous livrerons à la justice ». Les nombreuses comparutions immédiates – que les quatre prévenus de la Drôme ont refusées pour préparer leur défense – et les condamnations de gilets jaunes, dont le seul tort, pour certains, avait été de prévoir un équipement spécifique pour manifester, ont suivi. Ici, l’acte reproché à Maria est de s’être emparé du bonnet du commissaire dans le but de « détourner son attention pour qu’il ne sorte pas son arme », s’est-elle défendue : « Je n’ai jamais donné de coup à qui que ce soit. » Détenue pendant douze jours, elle pourrait échapper à un nouvel emprisonnement si le juge d’application des peines en décide ainsi.

Audrey Loussouarn


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