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Billet de blog 29 nov. 2021

"Covid long" - L’aveu de Martin Blachier

11 novembre 2021 - Martin Blachier commente sur LCP ("La Chaine Parlementaire") les résultats de l’étude scientifique dite "Constances" : « Les résultats de cette étude sont assez étonnants, puisque tous les symptômes du covid long ne sont pas reliés au fait d’avoir eu le virus, mais à la conviction d’avoir été infecté par le virus »... Diagnostic : STRESS PSYCHOSOCIAL.

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Ce billet est dans la lignée de "France - Analyse de l’activité hospitalière 2020", des infos sur les hospitalisations qui n'ont pas eu l'heur de faire la une des médias #Covid #Live24/24, bien qu'elles aussi relevées par le docteur Martin Blachier (ICI), honneur à lui.

https://www.facebook.com/100009272698342/videos/609346146774465

La journaliste de LCP- Avec vous, Martin Blachier, vous avez dit : "Une étude, on en sait plus sur le plan scientifique sur ce covid".

Martin Blachier - Exactement ! Je vais vous parler aujourd’hui d’une grande étude française qui fait beaucoup de bruit, qui a été publiée dans une des meilleures revues américaine, et qui étudie effectivement ces covid longs. C’est dans une grande cohorte épidémiologique, la plus grande qui s’appelle "Constances".

LCP - Alors, en quoi consiste cette étude ?

M.B. - Alors, à ces 30 000 Français qui ont répondu à un questionnaire, on a posé trois questions. On leur a demandé 1) s’ils pensaient avoir été été contaminés par le covid ; 2) s’ils avaient la preuve qu’ils ont été contaminés ; 3) s’ils ont ressenti ces fameux symptômes du covid long. Et on a croisé ça avec les données sérologiques et PCR, c’est-à-dire avec les données qui certifiaient le fait qu’ils avaient vraiment été infectés.

Les résultats de cette étude sont assez étonnants, puisque tous les symptômes du covid long ne sont pas reliés au fait d’avoir eu le virus, mais à la conviction d’avoir été infecté par le virus, à l’exception d’un seul, la perte prolongée du goût et de l’odorat, seul symptôme typique de la covid à l’inverse de tous les autres que sont la fatigue, le mal de dos, les paresthésies, le mal de tête, qui sont des symptômes extrêmement communs. Donc...

LCP : Alors, qu’est ce qui déclenchait les symptômes ?

M.B. : Absolument ! Qu’est-ce qui déclenche ?… Les auteurs ont une hypothèse : ils disent que c’est probablement le stress psychosocial qui déclencherait ces symptômes, et en tout cas, non pas l’infection par le virus. Ont sait effectivement qu’il y a un certain nombre de gens qui s’ils sont exposés à un stress trop important pour une durée trop longue, vont développer ce genre de symptômes. Et c’est dans des maladies qu’on appelle la fibromyalgie, vous en avez sûrement déjà entendu parler, le syndrome de fatigue chronique, et quand c’est le mal de dos, le simple lumbago.

Alors, cette étude ne remet pas complètement en question la notion de covid long, déjà parce qu’il y a la perte prolongée du goût et de l’odorat qui elle, est bien reliée au fait d’avoir été infecté.e, et parce qu’on a des études qui montrent qu’effectivement, ce virus peut aller dans le cerveau et dans plein d’organes, et qui pourrait persister dans l’organisme. Mais il est très probable que l’immense majorité de ces covid longs ne sont pas liés au fait d’avoir été infecté.e par le covid.

LCP - Alors, qu’est-ce que ça change au fond ? Si on a quand même eu le covid, même s’il est psychologique et pas réel ?

M.B.Et bien, tout à fait ! Parce que ces gens ressentent effectivement vraiment les symptômes, qui ne sont pas forcément liés au fait d’avoir été infectés, mais à un stress psychosocial, ben ça change tout, parce que ça va en fait réhabiliter un certain nombre de stratégies de lutte contre le covid qui seraient de différencier les personnes vulnérables qu’il faudrait à tout prix protéger, et les personnes non vulnérables parmi lesquelles vous pourriez laisser circuler ce virus.

Parce que jusqu’à aujourd’hui, toutes ces stratégies euh… on nous avait dit « attention au covid long », et par exemple les enfants, on pourrait dire que c’est pareil… on dit « il faut absolument les vacciner », « il faut absolument leur faire porter un masque » parce qu’ils ont le risque d’avoir ces covid longs même s’ils n’ont pas de risque de forme sévère, eh bien cette étude nous montre que leur faire porter le masque induira probablement plus de covid long que le fait d’attraper le virus

Écouter la suite dans la vidéo FB (désolé pour les faceboucophobes, je n'ai pas trouvé le youtube de LCP)


J’arrête donc ici (minute 2:46) ma transcription des aveux du docteur Blachier, nième preuve que le gouvernement ment.

Notons la date de l'aveu : le 11 novembre… 18 jours ont passé, sans que les médias #Covid #Live24/24 daignent en informer leur cher public. Seul.e.s les abonné.e.s csp++ de la ‘presse numérique’ ont eu l’honneur d’échapper à cette nième omerta gouvernementale :

→ https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/11/les-manifestations-du-covid-long-ne-sont-pas-forcement-liees-a-l-infection-par-le-sars-cov-2_6101765_3244.html

→ https://www.lalibre.be/planete/sante/2021/11/12/le-covid-long-des-symptomes-psychologiques-une-etude-suscite-la-polemique...

→ https://www.dhnet.be/actu/sante/le-covid-long-des-symptomes-psychologiques-une-etude-suscite-la-polemique...

et autres pages Internet, à l’exception (notable) de Mediapart.

Quant au cher public de Radio Paris, il n’a qu’au discours anxiogène habituel depuis deux ans : « ALERTE AU TERRIBLE VIARIANT OMEGA, TREMBLEZ CHAUMIÈRES ! »...

Bref, RADIO PARIS MENT, RADIO PARIS MENT, RADIO PARIS EST VÉRAN.


Le décor étant ainsi posé, quittons un instant la planète Macronistan pour remonter aux sources de cette étude scientifique boudée par la médiacratie hexagonale... La voilà ↓

https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2785832

KEY POINTS

Question - Are the belief in having had COVID-19 infection and actually having had the infection as verified by SARS-CoV-2 serology testing associated with persistent physical symptoms during the COVID-19 pandemic?

Findings - In this cross-sectional analysis of 26 823 adults from the population-based French CONSTANCES cohort during the COVID-19 pandemic, self-reported COVID-19 infection was associated with most persistent physical symptoms, whereas laboratory-confirmed COVID-19 infection was associated only with anosmia. Those associations were independent from self-rated health or depressive symptoms.

Meaning - Findings suggest that persistent physical symptoms after COVID-19 infection should not be automatically ascribed to SARS-CoV-2; a complete medical evaluation may be needed to prevent erroneously attributing symptoms to the virus.

ASTRACT

Importance - After an infection by SARS-CoV-2, many patients present with persistent physical symptoms that may impair their quality of life. Beliefs regarding the causes of these symptoms may influence their perception and promote maladaptive health behaviors.

Objective - To examine the associations of self-reported COVID-19 infection and SARS-CoV-2 serology test results with persistent physical symptoms (eg, fatigue, breathlessness, or impaired attention) in the general population during the COVID-19 pandemic.

Design, Setting, and Participants - Participants in this cross-sectional analysis were 26 823 individuals from the French population-based CONSTANCES cohort, included between 2012 and 2019, who took part in the nested SAPRIS and SAPRIS-SERO surveys. Between May and November 2020, an enzyme-linked immunosorbent assay was used to detect anti–SARS-CoV-2 antibodies. Between December 2020 and January 2021, the participants reported whether they believed they had experienced COVID-19 infection and had physical symptoms during the previous 4 weeks that had persisted for at least 8 weeks. Participants who reported having an initial COVID-19 infection only after completing the serology test were excluded.

Main Outcomes and Measures - Logistic regressions for each persistent symptom as the outcome were computed in models including both self-reported COVID-19 infection and serology test results and adjusting for age, sex, income, and educational level.

Results - Of 35 852 volunteers invited to participate in the study, 26 823 (74.8%) with complete data were included in the present study (mean [SD] age, 49.4 [12.9] years; 13 731 women [51.2%]). Self-reported infection was positively associated with persistent physical symptoms, with odds ratios ranging from 1.39 (95% CI, 1.03-1.86) to 16.37 (95% CI, 10.21-26.24) except for hearing impairment (odds ratio, 1.45; 95% CI, 0.82-2.55) and sleep problems (odds ratio, 1.14; 95% CI, 0.89-1.46). A serology test result positive for SARS-COV-2 was positively associated only with persistent anosmia (odds ratio, 2.72; 95% CI, 1.66-4.46), even when restricting the analyses to participants who attributed their symptoms to COVID-19 infection. Further adjusting for self-rated health or depressive symptoms yielded similar results. There was no significant interaction between belief and serology test results.

Conclusions and Relevance - The findings of this cross-sectional analysis of a large, population-based French cohort suggest that persistent physical symptoms after COVID-19 infection may be associated more with the belief in having been infected with SARS-CoV-2 than with having laboratory-confirmed COVID-19 infection. Further research in this area should consider underlying mechanisms that may not be specific to the SARS-CoV-2 virus. A medical evaluation of these patients may be needed to prevent symptoms due to another disease being erroneously attributed to “long COVID.”

Et en français ? Ok ça vient...

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