Grand Référendum de Survie - de la révolte jaune à la première révolution verte

renouveler tout le système démocratique: 1. dissolution du parlement dans chaque pays 2. élections générales: un programme de survie sur deux décennies comme priorité politique absolue 3. seuls éligibles: qui ne remplissaient aucune fonction dans une institution politique, économique ou culturelle (et qui portent leur responsabilité dans la crise de civilisation actuelle).

Grand Référendum de Survie

- de la révolte jaune à la première révolution verte de l'histoire

une initiative du réseau Europe libre en exil

 

1. Les régimes économiques et politiques propres au modèle global de la société de consommation n'offrent plus aucun avenir viable, car leur seule vision d'avenir pour les nouvelles générations reste l'effondrement du climat et du vivant, ce qui est sans précédent dans l’histoire humaine.

2. Sans un référendum pour notre survie qui doit changer de fond en comble toutes nos institutions et qui soit seul en mesure de changer nos modes de vie fondamentalement, sans une telle transition radicale par voie démocratique et pacifique avant la fin de notre décennie, toute autre alternative risque de devenir terriblement chaotique et la suite logique serait tout sauf pacifique. Loin d’être une utopie ou une pente dangereuse vers une quelconque radicalisation, un tel référendum s'impose donc comme la seule issue pacifique de cette crise de civilisation profonde.

3. Le Grand Référendum de Survie doit exiger la dissolution du parlement dans chaque pays et l'organisation de nouvelles élections générales avec comme seul horizon dans toutes les campagnes et comme priorité absolue pour tous les programmes politiques : l'organisation de la survie du pays au cours des deux décennies suivantes par une Assemblée Constituante, qui devra refaire toute la constitution du pays dans cette perspective. N'importe quel sujet politique proposé aux électeurs devrait donc être d'abord examiné au miroir et à l'aune de son influence sur notre potentiel de survie, en harmonie avec les autres espèces et avec l'environnement naturel.

En clair: pratiquement aucun programme politique d'aucun parti siégeant aujourd’hui dans divers parlements européens n'apporte la moindre solution viable pour notre survie collective à long terme, y compris les programmes des partis verts. Ceux-ci n'auraient donc pas trop à se réjouir du Grand référendum pour la survie – car, loin de les porter au pouvoir, la transition devrait plutôt nous permettre de nous débarrasser enfin de tous ces lobbies de compromis et de demi-mesures qui ne proposent finalement aucune transition viable, mais continuent de défendre un système périmé ainsi que leur pouvoir. Ce ne sont pas les élections européennes en cours qui vont changer la donne – c’est pourquoi le Grand référendum de survie est nécessaire pour rendre possible une vraie alternance, une alternative relevant les défis de la profonde crise globale.

4. Toute la classe politique et toutes les „élites” économiques voire culturelles devraient désormais faire face à leur responsabilité dans la plus profonde crise de l'histoire humaine. Les suspendre s’avère sans doute une solution plus sage, plus pacifique et plus pragmatique que de les pendre, mais le Grand référendum pour la survie devrait toutefois exclure des futures élections parlementaires tous les candidats ou candidates qui remplissaient déjà une fonction importante dans n'importe quelle institution politique, économique ou culturelle ces dernières décennies. Sans une telle table rase, on ne pourrait jamais vraiment tourner la page. En effet, comment nous libérer de cet élitisme néolibéral technocrate qui pille les ressources naturelles de la Terre sous nos yeux sans nous libérer de ses „élites”, de ses technocrates et de ses idéologues?

 

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Pourquoi ce Grand Référendum de Survie est nécessaire

et en quoi il serait la plateforme RIC la plus large et la plus décisive pour faire valoir un maximum de revendications portées par les gilets jaunes

 

Des révoltes populaires et des vagues révolutionnaires de toute sorte réapparaissent tout à fait logiquement quand un régime ne promet plus d'avenir aux nouvelles générations, quand pratiquement sa seule vision d'avenir reste l'effondrement rapide des écosystèmes, du climat et des ressources les plus élémentaires, dont l'accès devient de plus en plus difficile, réservé à des élites, quand le „bien-être” propre à la société de consommation s'avère une illusion déjà bien perdue.

La convergence des luttes est désormais écologique, mais l'écologie n'est plus l'apanage des riches qui mangent bio et qui peuvent se permettre de vivre dans des espaces verts luxueux, loin des nuisances polluées des banlieues en béton armé. L'écologie n'est plus un luxe, une lubie, mais une question de survie qui nous concerne tous et toutes au premier chef. A ce titre, l’écologie devrait changer de nom pour marquer cette transition radicale nécessaire et il faudrait désormais parler de politique de survie à sa place.

La survie des pays, de l'humanité et des espèces est devenue la première préoccupation politique pour les publics avisés dans les pays développés. Or, tous les débats, tous les programmes des partis politiques dans les parlements modernes en Europe et ailleurs restent axés sur des sujets comme les taxes ou la justice sociale qui deviennent subitement caducs, dépassés avec cet avènement de la nouvelle question politique autrement plus urgente: notre survie sur terre. Par rapport à la priorité politique absolue de la survie écologique, l’extrême droite perdrait vite son terrain et elle a beau si habilement faire monter des peurs concernant les immigrés qui mangeraient notre pain et dévoreraient notre culture, cela ne pourrait nous intéresser au premier chef que si notre survie est d'abord bien assurée… ce qui n’est plus le cas. Il en va de même des questions de justice sociale qui constituaient toujours la priorité absolue des politiques de gauche. Certes, ces questions pourraient nous intéresser, mais on aura beau tripler le SMIC et répartir toutes les richesses de la manière la plus équitable au monde, si notre lot commun reste en même temps de mourir tous misérablement suite à l'effondrement rapide des écosystèmes et du climat. Le plus commun des mortels peut comprendre déjà que la survie doit être notre première et même la seule priorité politique jusqu'au moment où cette survie écologique collective s’avérera enfin assurée.

Il est désormais évident que les événements prendront vite un tour terrible avec la très rapide raréfaction des ressources et la non moins rapide multiplications des anomalies ou catastrophes naturelles, aggravée par des courbes démographiques et par l'urbanisation inquiétantes sur le plan global. D'ici une vingtaine voire une dizaine d'année il sera de fait impossible de garder le modèle de société, le régime politique et économique actuel, la société de consommation planétaire. Son effondrement sera rapide, total et durable. Si un changement très radical des institutions n'intervient pas au cours de cette décennie, la transition sera tout sauf pacifique. Car l'effondrement d'une économie globalisée à ce point apporterait certainement un chaos sans précédent dans l'histoire humaine. Pour l'éviter une telle catastrophe, la seule issue pacifique reste une refonte, une refondation complète de nos institutions par voie démocratique. Voila pourquoi une révolution verte par référendum s’avère nécessaire.

La toute première urgence est de parler sereinement ensemble de l'effondrement de la globalisation néolibérale, ce qui devrait définir d'ores et déjà nos priorités quotidiennes. Il n'est plus possible, ni pardonnable de nier l'évidence comme les climato-sceptiques essayent de le faire avec l'urgence climatique – il en va de même par rapport aux autres urgences écologiques (accès aux ressources vitales) qui exigent désormais l'organisation politique de notre survie.

On avait beau penser que l'histoire était finie et que désormais nos seules préoccupations dans la vie seront de choisir quelle série on va regarder et ce qu'on va manger devant la télé, ou encore de choisir notre prochaine destination pour les vacances… l'histoire est bien de retour avec tout ce qui s'ensuit, avec son lot de révoltes, de révolutions et de guerres de toute sorte à l’horizon.

Comme l’Extinction Rebellion le fait au Royaume Uni,  la révolte des gilets jaunes a commencé à démanteler la Bastille de cet ordre mondial néolibéral et néocolonial qui nous a mené au bord d'un précipice écologique sans précédent dans l'histoire humaine. Il faut se ressaisir au plus vite. Le Grand Référendum de Survie constitue un moyen puissant pour mettre en œuvre une réelle transition écologique, une transition bien plus profonde et plus radicale que toutes les propositions institutionnelles actuelles qui sembleraient abonder en ce sens, mais qui sont bien loin du compte. Certes, un tel référendum n’est pas une solution miracle en lui-même, ce n’est pas encore un programme politique concret qui sauve notre avenir, mais -par la clarification des priorités politiques- le référendum de survie s’impose comme condition démocratique inévitable pour trouver ensemble la solution politique à la crise et il permet la mise en place pacifique d’un nouveau système politique. Par toute autre voie, on court des risques terribles.

Des millions de citoyens réclament déjà un changement profond. On n'a jamais vu autant de signatures réunies aussi rapidement que pour la pétition visant à attaquer l'État en justice pour „inaction climatique”. Cela est aussi un signe des temps, mais un recours au même système ne suffira guère pour obtenir le changement… Jugez plutôt : le présent système juridique reconnaît des entreprises comme „sujet légal”, mais dénie tout statut juridique analogue (et donc tout droit fondamental) aux autres espèces vivant sur Terre avec nous… Nous ne reconnaissons donc même pas leur droit à l’existence ! Comment les préserver alors ? Sans changement radical du système économique, politique et juridique, il n'y aura donc aucune solution possible à l'horizon, aucune survie des écosystèmes. Et sans un tel Référendum de Survie, la transition, le renversement du système ne sera certainement pas pacifique. Les dirigeants politiques, économiques et médiatiques feraient donc mieux de lâcher prise maintenant et de laisser les citoyens libres d'organiser ce référendum. Il ne s'agit plus seulement de leur survie politique (comme dans les systèmes électoraux actuel), ni non plus de la survie du mouvement des gilets jaunes d’ailleurs, mais il s’agit bien de notre survie collective au sens le plus large. Voilà la mère des batailles RIC pour obtenir le plus large consensus des gilets jaunes et des citoyens en général, un RIC qui peut réaliser pratiquement les revendications de tous les autres et sans lequel régler tel ou tel problème particulier par référendum ne résoudrait rien, à défaut de changer tout le système de fond en comble.

 

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Ce Grand référendum de survie est une initiative du réseau Europe libre en exil, lancé le 25 mai 2019 :

https://blogs.mediapart.fr/gabor-kardos/blog/250519/lancement-du-reseau-europe-libre-en-exil

 

 

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