Macron face au coronavirus : quand la Com’ présidentielle détorque à tout va !

La crise liée au coronavirus impose depuis plusieurs semaines un changement drastique de notre mode de vie, ne serait-ce qu’à travers le confinement. Elle suscite de plus en plus de questions, en raison de la découverte a posteriori d’informations cruciales, cachées par l’Etat. Puisse-t-elle malgré tout, en dépit d’une gestion calamiteuse, permettre l’éclosion d’une Société plus humaine !

C’est par un heureux hasard que je suis tombé sur un mot dont j’ignorais l’existence : « détorquer ». Visuellement « laid », inélégant à l’oreille mais suffisamment mystérieux pour me donner envie d’en savoir plus. Que pouvait-il bien signifier ? Aucune trace dans le Larousse. Même résultat dans le Grand Robert. C’est finalement dans le Littré que je l’ai retrouvé : « donner un sens forcé, une interprétation fausse pour en tirer avantage ». Un mot d’un temps révolu (le XVI ème siècle), tellement adapté aux spécialistes de la mauvaise foi, à la définition tellement limpide, tellement appropriée à la Communication contemporaine, à l’ère de sa saturation et de sa déformation par les réseaux sociaux, que j’ai aussitôt pensé le réutiliser dans ce billet, alors en cours de préparation… Si je peux contribuer ainsi à le réhabiliter, j’en serai très heureux : un mot du passé pour expliquer les maux du présent et de l’avenir, d’une part ; le « détournement de sens » comme boussole de la Com’, d’autre part. En résumé, un mot parfait pour dépeindre notre réel en dépit (ou en raison ?) de son aspect balourd !

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Décidément, nous vivons en ce moment une sale époque, avec le sentiment extrêmement déplaisant de n’être que de vulgaires pions sacrifiés dans une partie d’échecs planétaire, conduite par une poignée de Chefs d’Etat dont on comprend jour après jour que certains (et pas des moindres), face à une crise sanitaire sans équivalent depuis plus d’un siècle, naviguent à vue, sans connaissances précises mais pas sans certitudes…

On voit ressurgir de vieux réflexes qu’on espérait disparus. C’est notamment le cas en Europe, comme le montrent des événements récents, rapportés par la presse, concernant par exemple l’incroyable « chasse aux masques » à laquelle se livrent certains pays depuis plusieurs semaines. Jetant aux orties toutes les valeurs qui ont permis le redressement d’un continent en ruines à la fin de la seconde guerre mondiale, de la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), au tout début des années 50, puis celle du Marché Commun en 1958, jusqu’à la constitution de l’Union européenne en 1992 et son élargissement à diverses nations libérées du joug soviétique, ils font preuve aujourd’hui d’un égocentrisme qu’on croyait définitivement enterré dans les oubliettes de l’Histoire.

Contrairement au discours officiel, la France ne fait pas exception à la règle. La crise actuelle en est le révélateur. Un révélateur d’autant plus impitoyable qu’au-delà de ses causes et de ses conséquences en termes de santé publique, il met en lumière la « contribution » de choix purement politiques à l’aggravation de la situation sanitaire, sociale et économique de l’immense majorité de la population, probablement pour de nombreux mois, voire plusieurs années.

S’il est hors de question, par des propos et des comportements inconsidérés, de prendre le risque de nuire à l’effort collectif, indispensable pour sortir au plus vite de la crise actuelle, le droit de s’interroger, de témoigner et d’interpeller demeure entier. Aujourd’hui et plus encore demain, ou, plus exactement, POUR demain. Un « demain » qu’il faut comprendre non comme le futur immédiat, évidemment important puisqu’il concerne notre vie quotidienne dans les prochains mois, mais plutôt comme l’Avenir même de notre Société, celle que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants.

Pour être plus précis, le défi qui nous est lancé est celui de l’invention d’un nouveau cadre sociétal pour les décennies à venir. Au lendemain de la guerre du Kippour, au milieu des années 70, alors que j’étais professeur de Sciences Economiques et Sociales, je défendais auprès de mes élèves l’idée que la crise économique que nous découvrions alors pouvait (devait ?) être considérée comme une opportunité, une chance de corriger notre « modèle » de croissance, celui-là même qui avait permis « Les Trente Glorieuses ».

La question du devenir de nos Sociétés avait été posée plusieurs années auparavant par Alvin Toffler dans « Le choc du Futur », publié en 1970, puis par le Club de Rome, à travers la publication, en 1972, du Rapport Meadows, plus connu sous son titre français, « Halte à la croissance ? ». Une problématique qu’avait largement développée à l’époque la revue mensuelle « Le Sauvage », créée en 1973 par Claude Perdriel, dont le numéro de janvier 1975 avait pour titre « Vive la crise ».

On peut lire et entendre ici et là qu’« il y aura un avant et un après » la crise. Difficile d’en douter, en raison de l’ampleur catastrophique de cette dernière, qui touche aujourd’hui la Terre entière et réduit au confinement la moitié de la population mondiale, mais quelle est la traduction réelle de cette formule dans l’esprit de ceux qui l’utilisent ? Pourrait-elle n’être qu’un « élément de langage » (un de plus) visant à occulter la réalité plutôt qu’à l’éclairer ?

Entre juillet 2018 et aujourd’hui : le « nouveau monde » macroniste, une succession d’échecs

L’examen des événements qui se sont succédé dans notre pays depuis l’automne dernier permet de donner une lecture alternative d’une crise que nos dirigeants nous assurent être « sanitaire », et économique par ricochet, ce qu’elle est incontestablement, en éludant tout ce qui permet de lui donner sa qualification pleine et entière. Elle est en effet aussi une crise politique, née de l’obstination d’un homme et de la majorité qui le soutient à imposer des choix contraires aux vœux de la majorité des citoyens de notre pays.

Succédant à des événements, des échecs, des erreurs et des fautes politiques à répétition, que le pouvoir en place a systématiquement fait en sorte de minimiser ou de cacher, la crise sanitaire actuelle, toute gravissime qu’elle soit et susceptible à ce titre d’être considérée comme « la goutte d’eau qui fait (ou aurait dû/pu faire) déborder le vase », est aussi, paradoxalement, du fait même de son exceptionnelle gravité, un subterfuge idéal. Elle permet en effet de masquer les errements récents en détournant l’attention vers LA situation assurément la plus angoissante pour tout être humain : la confrontation à la mort. On assiste ainsi, aujourd’hui, à un grossier tour de passe-passe dont le mérite essentiel, pour ceux qui en sont les initiateurs et/ou les bénéficiaires, est d’effacer au moins temporairement les mécomptes du passé et de donner l’illusion d’un nouveau départ, tout en conférant au « Chef » (à LEUR chef), grâce à une communication sur mesure (à sa mesure), le statut ô combien utile (et théoriquement porteur) de « Sauveur de la Nation ».

Ce n’est pas sans raison que les conseillers qui, à l’Elysée et à l’Assemblée Nationale en particulier, s’évertuent depuis trois ans à magnifier et protéger l’image du Président, parlent de lui comme du « Général en chef », sur le front, en première ligne pour être au plus près de SES soldats, le présentant comme le « Père de la Nation ». La référence appuyée à Georges Clemenceau m’apparaît d’autant plus abusive que, né en Vendée, ayant vécu à Sainte-Hermine, c’est-à-dire là même où se dresse le monument le présentant au milieu de SES Poilus, érigé et inauguré de son vivant, je pense connaître assez bien l’homme qu’il a été, probablement beaucoup mieux en tout cas que les jeunes chargés de com’ élyséens. Comparer Emmanuel Macron au « Père la Victoire », comme on a pu le lire, relève de la supercherie, de la manipulation…

Un rapide survol des événements qui ont marqué les 18 derniers mois du régime macroniste, largement explicités et commentés dans les billets que j’ai publiés sur ma page de blog, permet de mieux comprendre les raisons et l’ampleur de la fracture (ou plutôt des fractures) dont souffre notre pays. A l’affaire Benalla, rendue publique en juillet 2018, très compromettante pour plusieurs des personnalités appartenant au premier cercle du Macronisme, à la une de l’actualité pendant plusieurs mois, a succédé le mouvement des Gilets jaunes, dont nos responsables n’ont réussi à se débarrasser (du moins l’ont-ils cru…) qu’à travers le « Grand débat », « pur » produit de la Com’ élyséenne. Mettant en scène notre Président dans ce statut de comédien qu’il affectionne tant, pendant les premiers mois de 2019, cet interminable « One Man Show » censé donner la parole au « peuple », aussi inutile que dispendieux, avait en réalité pour principal objet de contourner l’obstacle des Gilets jaunes en « jouant la montre » jusqu’aux élections européennes. Des élections finalement perdues par la majorité, le Rassemblement national étant arrivé en tête, ce qui n’a pas empêché nombre de commentateurs, à commencer évidemment par les patrons de la Macronie, de crier victoire.

Une « victoire » suivie d’un énorme camouflet, avec, d’une part, l’explosion en vol (sans jeu de mots) de la tête de liste LREM, Nathalie Loiseau, privée de la Présidence du Groupe qu’on lui disait promise au Parlement européen, d’autre part, l‘humiliant rejet de Sylvie Goulard du poste de Commissaire européen, enfin, le choix d’Ursula Von der Leyen à la tête de la Commission européenne, le tout évidemment présenté comme la consécration, par l’Europe, de la stature internationale de notre Président… En parfaite contradiction avec les faits !

Dès la rentrée de septembre, on a compris que la suite serait tout aussi calamiteuse, du fait de l’obstination de nos Gouvernants à vouloir imposer LEUR réforme des retraites, présentée comme la « mère des réformes ». Nous connaissons tous les conséquences de cet entêtement pour les avoir subies jusqu’à la fin de l’année 2019 : des manifestants par centaines de milliers dans toute la France, des affrontements avec les forces de l’ordre, la paralysie des transports, la perte de confiance dans la classe politique… Ce n’était manifestement pas suffisant pour convaincre l’Elysée et Matignon, sûrs de leur fait, de changer de cap, tant et si bien que, malgré notamment l’avis au vitriol du Conseil d’Etat et les multiples critiques issues des oppositions de droite et de gauche, il a finalement été décidé de recourir au troisième alinéa de l’article 49 de la Constitution (« le 49.3 ») pour passer en force et faire adopter le texte par l’Assemblée Nationale avant les élections municipales, en opposition frontale avec une large majorité de Français.

Depuis le recours au 49.3, avec la crise du coronavirus, une situation chaotique qui aurait pu être évitée

Les résultats du premier tour des élections municipales, objectivement décevants et même catastrophiques pour la formation macroniste, ne sont (nombre d’entre nous l’ont compris) que la traduction logique du rejet de la politique conduite par notre prétendu « Général en chef » ou « Père de la Nation ». Des expressions apparues aussitôt après ce nouvel échec électoral et le surgissement de la crise du coronavirus.

Un surgissement, vraiment ?

Il s’est passé beaucoup de choses depuis ce fameux premier tour, à tel point qu’il nous apparaît lointain, comme nous apparaissent d’une autre époque les événements écoulés depuis l’été 2018 et même les grèves de la fin de l’année 2019, qui ne datent pourtant que de quelques mois… Quant aux élections municipales, elles ont eu lieu le 15 mars !

Moins de quatre semaines ont donc suffi pour bouleverser nos vies ! Comment a-t-on pu en arriver là ?

On a beaucoup reproché au Gouvernement, pendant ce laps de temps, son impréparation, son amateurisme, son improvisation. On peut y ajouter sa (ses) maladresse (s), ses contradictions, ses mensonges… Il ne suffit pas d’en faire le constat. Il est indispensable d’en rechercher les causes. Le faire revient à reconstituer le scénario tout à fait plausible d’un enchaînement fatal, qui, depuis la fin de l’année 2019, a conduit à la situation funeste que nous connaissons aujourd’hui.

Il n’est d’ailleurs nul besoin d’être grand clerc pour en démonter les possibles mécanismes. Peut-être (sûrement même, aux yeux de certains) l’analyse qui suit apparaîtra-t-elle infondée et/ou excessive. Elle doit en tout état de cause être matière à débat.

Nous avons tous été surpris et même choqués par les propos d’Agnès Buzyn, ancienne Ministre des Solidarités et de la Santé et candidate malheureuse à la Mairie de Paris, rapportés dans « Le chemin de croix d’Agnès Buzyn », article publié le 17 mars dernier dans le quotidien Le Monde. On peut y lire, s’agissant du premier tour des élections municipales : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade ». Et surtout : « Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein ».

En clair, elle laisse entendre avoir donné l’information au Professeur Jérôme Salomon à la fin du mois de décembre, à Emmanuel Macron au début du mois de janvier et à Edouard Philippe à la fin du même mois, c’est-à-dire bien avant qu’ils ne réagissent officiellement en reconnaissant la gravité de l’épidémie.

Pourquoi un tel « retard à l’allumage » de leur part ?

Ce qui revient à poser la seule question qui vaille : pourquoi ne pas croire Agnès Buzyn ? Au moins en ce qui concerne les dates auxquelles elle dit avoir averti les deux « têtes » de l’exécutif, car, pour le reste, il est avéré, à travers ses communiqués et ses interventions publiques en qualité de Ministre, qu’elle a régulièrement et systématiquement minimisé la gravité et l’ampleur réelles de la crise, comme le montre abondamment l’article publié le 11 avril sur le site de Médiapart, Covid-19 : chronologie d’une débâcle française, sur lequel je reviendrai à la fin de ce billet.

Pourquoi ne pas admettre qu’elle ait effectivement fait part très précocement de son inquiétude aux deux responsables de l’exécutif[1], et que, peut-être dès la fin de l’année 2019 (par l’intermédiaire du Directeur Général de la Santé ?), ou, de façon certaine, au début de l’année 2020, le Président en personne ait été informé de l’imminence d’une catastrophe sanitaire à propos de laquelle Agnès Buzyn, dans le même article, assure qu’elle « savait que la vague du tsunami était devant nous » et qu’elle a quitté le Ministère « en sachant que les élections n’auraient pas lieu ».

Croire à la sincérité d’Agnès Buzyn, c’est accréditer l’idée qu'au sommet de l’Etat, on « savait » bien avant la propagation tragique de la crise sanitaire liée au coronavirus. C’est aussi accréditer de facto l’idée que, bien que « sachant », on n’ait pas agi. Par pure négligence ? C’est hautement improbable voire inimaginable. Par une mauvaise appréciation de la gravité réelle de la crise ? Cela apparaît peu vraisemblable, au regard des moyens considérables déployés par la Chine pour lutter contre le coronavirus. Peut-on vraiment imaginer que celle-ci aurait engagé le confinement d’une région entière, dont la population est pratiquement égale à celle de la France, s’il ne s’était agi que d’une forte grippe ? C’est assurément très difficile à croire mais cela reste néanmoins possible. Reste une troisième hypothèse, qu’il convient probablement d’associer à la précédente, beaucoup plus dramatique à tous égards, car, si elle se confirmait, quand nous serons sortis de la crise et que sera venu le temps d’en tirer les leçons, elle mettrait directement en cause la responsabilité de l’exécutif, qui pourrait être accusé de s’être livré à un « calcul » purement politique en relation étroite avec la réforme du système de retraites évoquée précédemment.

Admettre, dès la fin de l’année 2019 ou au tout début de l’année 2020, l’imminence d’une crise sanitaire, ou reconnaître très vite son exceptionnelle gravité, au vu de l’explosion de la maladie en Chine et de sa migration accélérée vers l’Italie, puis la France, l’Europe et une bonne partie du Monde, c’eût été en effet devoir considérer comme non prioritaires toutes les autres questions examinées, ou sur le point de l’être, par l’Assemblée nationale et le Sénat, et, par conséquent, devoir reporter leur examen sine die.

C’eût été, pour être plus précis, renoncer, sous la pression des événements et de l’opinion publique, à l’adoption de la fameuse « mère des réformes » avant les élections municipales, contrairement à la volonté affichée du couple exécutif. Et reconnaître publiquement un nouvel échec, plus cuisant encore que les précédents…

On pourrait résumer ce sinistre enchaînement comme suit : bien que sachant que la France ne disposait pas des moyens matériels (en masques particulièrement) et humains (en personnels soignants) permettant d’affronter une crise de grande ampleur, l’exécutif aurait fait le pari très risqué (pour ne pas dire insensé) que celle-ci n’atteindrait pas la France ou que ce serait de façon limitée, maintenant ainsi intact le double objectif qu’il s’était fixé comme priorité absolue depuis des mois : faire adopter la loi réformant les retraites et gagner les élections municipales.

Pari perdu sur toute la ligne, qui ne pouvait que déboucher sur la situation actuelle : aggravation incontrôlable de l’épidémie et révélation au grand jour de manquements coupables dans la gestion de la crise.

Après l’échec, une nécessité absolue pour la Com’ élyséenne : « récupérer ! »

Dans ce contexte, le Président n’avait pas (n’avait plus) d’autre solution, pour sauver la mise, que de dramatiser la situation (déclarer la « guerre »), renoncer à des réformes condamnées (réforme des retraites et de l’assurance chômage entre autres) et tout faire pour se poser en sauveur de la Nation, à travers plusieurs interventions martiales à la télévision, des sorties « façon grand débat » pour montrer sa proximité avec « son » peuple, la déclaration d’état d’urgence sanitaire, le gouvernement par ordonnances, le confinement…, en complet décalage avec son attitude et ses propos, plutôt désinvoltes jusqu’à ce premier tour qu’il avait pour ambition de gagner.

Ainsi, personne n’a oublié qu’une semaine seulement auparavant, le couple présidentiel s’était affiché au théâtre pour assister à une représentation d’une nouvelle pièce, « Par le bout du nez »[2], ce qui avait justifié l’article publié sur le site de BFMTV, dont l’« anti-macronisme » est bien connu de tous (!) : Emmanuel et Brigitte Macron au théâtre pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus.

Dans nos mémoires également (qui ne sont heureusement pas aussi courtes que nos dirigeants le voudraient), le soir même du premier tour, quelques heures seulement après l’escapade au Touquet, la promenade de Madame Macron sur les quais de la Seine, rapportée sur le site du Huffington Post dans un article intitulé Brigitte Macron choquée par les Parisiens qui se promenaient sur les quais, avec, juste au-dessous du titre, ce commentaire un brin ironique : « l'épouse d'Emmanuel Macron était elle-même en train... de se promener sur les quais. », et, un peu plus bas, une photo montrant des personnes agglutinées, assortie de ce commentaire non moins ironique : « Quand les Macron ont voté hier, on a pu voir une belle démo de comportement visant à éviter le virus ...il y avait des gens partout agglutinés les uns aux autres pour approcher le « couple royal »... ».

Dès le lendemain, Emmanuel Macron présentait son Adresse aux Français, discours dans lequel il déclarait à six reprises « Nous sommes en guerre », et endossait sa nouvelle tenue, celle de « Chef de guerre »…

C’est donc bien un virage à 180 degrés auquel nous avons assisté au terme d’une longue séquence, initialement conçue pour asseoir le pouvoir présidentiel, mais qui, par la faute du coronavirus, s’est conclue par un fiasco.

Bien sûr, il ne s’agit là que d’un « scénario », fondé en partie sur les propos contestables (aux yeux de la majorité) d’une ancienne Ministre souffrant de dépression, étalant sa déception et sa rancœur... Et même si Agnès Buzyn est revenue partiellement sur sa « confession », il n’en demeure pas moins que le flot d’informations et de témoignages que nous découvrons jour après jour dans la presse non asservie au pouvoir en place atteste de sa pertinence.

La Macronie sous pression

Les maladresses à répétition de membres éminents du Gouvernement, les contradictions flagrantes, les injonctions paradoxales émaillant les discours qu’ils tiennent depuis plusieurs semaines en témoignent aussi. Sibeth N’Diaye, porte-parole du Gouvernement, en est l’illustration, jusqu’à la caricature… Toute la presse s’en est saisie, de Libération avec Enseignants, masques, Italie... les faux pas à répétition de Sibeth Ndiaye jusqu’à… Gala, qu’on connaissait plus pour ses articles à la gloire de Madame Macron, avec un historique Après le « gros cafouillage » de Sibeth Ndiaye sur le port du masque, le rétropédalage, publié le lundi 6 avril.

Tous semblent être devenus « Maîtres es Palinodies ». A commencer par le premier d’entre eux, notre « Père de la Nation », qui, s’abritant jusqu’au dernier moment derrière les avis du Conseil scientifique[3], a autorisé la tenue du premier tour des élections municipales, décision dont ses affidés ont cherché depuis à faire supporter la responsabilité à ses opposants politiques, coupables, comme l’a prétendu François Bayrou, d’avoir fait pression sur lui, accusation rapportée sur le site de « 20 minutes » : Municipales 2020 : pour François Bayrou, les oppositions sont responsables du maintien du premier tour. Comme si notre Président était incapable de résister à une pression ! Le début de son quinquennat a précisément eu pour objectif de donner de lui l’image d’un homme inflexible, ne cédant sur rien dès lors qu’il estime que SA vision est la bonne, c’est-à-dire sur tout, en toutes circonstances et en tous lieux ! Les propos tenus à la sortie de l’Hôtel de ville du Touquet, où il venait de voter avec son épouse, sont d’ailleurs dépourvus de toute ambiguïté sur SA décision, prise après avis du Conseil scientifique, ce qu’a confirmé Le Point dans « Il est important de voter dans ces moments-là », souligne Macron, article publié le 15 mars.

Ses interventions successives (et contradictoires) sur le coronavirus[4], en Italie, son refus de fermer les frontières françaises (quand nos partenaires européens, dont l’Allemagne, n’ont pas hésité à le faire, cette dernière ayant même renforcé le cadenassage des siennes il y a quelques jours), son appel à la solidarité européenne (que la plupart des Etats membres refusent, Allemagne et Pays-Bas en tête, même si un premier pas vient d’être fait dans ce sens), sa répugnance à parler de « confinement » (terme qu’il a laissé à Edouard Philippe le soin d’annoncer), sa décision de réquisitionner les masques (jusqu’à provoquer un incident diplomatique avec la Suède), ses visites à répétition sur le « front » (« sans masque » puis « avec masque », ce qu’a justifié illico sa porte-parole, avec le zèle et l’esprit d’à-propos qu’on lui connaît…), etc., tout ce qu’il dit, décide ou fait depuis des semaines suscite scepticisme et défiance chez nombre de nos concitoyens, ce qui, en retour, provoque son irritation, affichée publiquement au terme de la visite de Kolmi-Hopen, PME implantée à Saint-Barthélémy d’Anjou, aux portes d’Angers, relatée notamment par le Huffington Post dans Coronavirus : Macron juge « irresponsables » ceux qui critiquent la gestion de la crise, article publié le 31 mars.

Qu’il ait lancé sa diatribe contre « toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n’avons pas gagné la guerre », qualifiés d’« irresponsables », dans CETTE Entreprise, n’est évidemment pas une surprise quand on sait qu’elle fabrique des masques, ces masques dont nos soignants et tous ceux qui sont en première ligne pour lutter contre le coronavirus sont encore trop souvent dépourvus, ces masques dont les stocks ont fondu sans que cela émeuve nos dirigeants successifs, ces masques dont la production a pratiquement cessé en France pour être délocalisée, en Chine notamment, ces masques devenus si rares que leur prix s’est envolé et qu’on se les dispute jusque sur les tarmacs des aéroports chinois (entre autres…), ces masques commandés par milliards mais qui n’arrivent qu’au compte-gouttes, ces masques qu’on nous a présentés comme inutiles pour les personnes non infectées afin de « masquer » justement leur pénurie[5], et dont on nous recommande aujourd’hui le port (comme si nos postillons étaient plus dangereux aujourd’hui qu’hier !), au point de diffuser des tutoriels pour fabriquer des produits « faits maison », ces masques… 

On pourrait poursuivre sur une page entière cette « accumulation de masques », à la façon de la célébrissime « Tirade du nez » de Cyrano[6], car les exemples ne manquent pas pour dénoncer une gestion des masques tellement désastreuse qu’elle a fait l’objet, sur le site de Médiapart, de deux dossiers accablants, Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat, mis en ligne le 2 avril, et Masques : après le mensonge, le fiasco d’Etat, mis en ligne le 10 avril, et que de nombreux médias n’ont pas hésité à la qualifier de « mascarade ».

On en connaît bien le sens propre, qui est celui d’un « divertissement dont les participants sont déguisés et masqués » mais c’est bien le sens figuré qui s’applique le mieux à la situation : au choix, « comportement hypocrite », « situation dérisoire » ou « mise en scène fallacieuse », à moins que ce ne soient les trois et même les quatre « en même temps », du Macron dans le texte, si l’on peut dire !

Comme les conseillers élyséens ayant pour mission de soigner la Com’ présidentielle ont sélectionné cette Entreprise en raison de la spécificité de sa production, on ne peut être qu’atterré en rapprochant ce choix, qui se veut le symbole de la « reconquête » de notre outil industriel, des propos d’Emmanuel Macron, « Chef de guerre », tant le hiatus apparaît profond entre la parole et les actes.

A la recherche d’un redressement de son image dans l’opinion publique, il n’a eu de cesse, depuis le début du confinement, de multiplier les visites « ciblées », notamment à Mulhouse, à Pantin[7], au Kremlin Bicêtre[8], à Marseille[9], et… les maladresses aussi, encore et toujours. Des maladresses dont la Presse a largement rendu compte. Et que l’inénarrable Sibeth N’Diaye s’est empressée d’excuser à l’issue du Conseil des Ministres, avec le talent qu’on lui connaît ! Tandis que, de son côté, l'« entourage » d'Emmanuel Macron avançait une autre explication, pour le moins incompréhensible voire même rocambolesque : selon Le Parisien, il n'y aurait plus de missions de reconnaissance lors des déplacements du Président et le travail se ferait dans des conditions dégradées, sans préparation...

Si les dernières visites effectuées semblent s’être déroulées dans une discrétion relative, hors présence de journalistes, elles ne sont pas restées secrètes pour autant, la cellule élyséenne de communication ayant compensé l’absence de professionnels de l’information sur place par la diffusion, sur le site de l’Elysée, d’un tweet « maison » accompagnant une vidéo au libellé flatteur, Depuis le CHU Bicêtre, soutien à nos héros en blouses blanches, mais aux images trompeuses car donnant l’impression que c’étaient les soignants de l’hôpital qui applaudissaient Emmanuel Macron et non l’inverse, alors que, dans un second article du Parisien[10], Visite présidentielle à l’hôpital Bicêtre : « Ce n’est surtout pas Macron que les soignants ont applaudi » (mis en ligne un peu plus tard, le 9 avril à 19h39 et modifié à 20h00), il était précisé que « Ce que l'on ne voit pas sur la séquence diffusée, c'est l'invective d'une soignante. Syndiquée CGT, c'est elle qui enjoint ses collègues à applaudir tous les soignants engagés sur le front de la lutte contre le coronavirus après avoir pris à partie le président de la République. C'est dommage que personne n'ait eu l'idée de filmer l'intégralité de l'intervention, on a été pris au dépourvu, nous ne savions pas qu'il serait là, et il faut dire que l'on a autre chose à penser et à faire en ce moment », ironise un aide-soignant. »

Et la mise au point ne s’arrête pas là : « Ce n'est surtout pas Macron que nous avons applaudi à son invitation. Cette collègue a pris la parole de manière viscérale pour parler des conditions de travail des soignants et des problèmes que nous rencontrons. Elle a dit au président que ça faisait longtemps qu'on l'interpellait, que nous étions en grève depuis des mois et qu'il n'avait jamais répondu présent. Qu'il était dommage qu'il faille des milliers de morts pour qu'il se préoccupe de la santé », raconte Isabelle Bernard, infirmière anesthésiste et secrétaire de la section CGT du CHU de Bicêtre. »

Parachevant la mise au point, une seconde vidéo contredisant totalement la version officielle, mise en ligne sur Tweeter en fin d’après-midi par l’USAP-CGT, a rétabli l’exacte chronologie des faits. On retiendra également, à la suite de ce qui constitue une bourde de plus dans la Communication élyséenne, que l’Association de la Presse Présidentielle s’est inquiétée, dans un communiqué cinglant, « de cette dégradation, inédite dans un quinquennat, de la couverture des déplacements présidentiels », ajoutant que « cette crise sanitaire est une épreuve pour la démocratie. Moins que jamais, la communication du pouvoir ne peut tenir lieu d’information des citoyens », comme le relate le Huffington Post dans L'Élysée accusé de tenir à l'écart les journalistes des déplacements de Macron, article mis en ligne le 10 avril en milieu de journée.

On ne saurait mieux dire et ce n’est certes pas la justification emberlificotée de l’Elysée qui suffira à croire à sa bonne foi…

L’épisode du Kremlin-Bicêtre, comme tous les déplacements qui l’ont précédé (et probablement aussi comme tous ceux qui lui succéderont), aura au moins eu pour mérite de pointer ce qui est aujourd’hui au cœur de la stratégie de l’Elysée en matière de communication, à savoir son acharnement à présenter Emmanuel Macron comme LE « Chef de Guerre » qu’il n’est pas, au milieu de « Soldats » qui ne sont pas les siens, pour faire oublier ses échecs passés, et, misant sur un redressement de son image, préparer l’échéance présidentielle de 2022 en se targuant d’une victoire éclatante, de SA victoire, dans SA guerre contre la pandémie…

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Il était initialement prévu qu’Emmanuel Macron fasse une nouvelle intervention solennelle à la télévision le mercredi 8 avril ; on a ensuite avancé la date du jeudi 9 avril. Ce sera en fin de compte le lundi 13 avril, officiellement pour lui permettre de prendre tous les avis utiles, avant d’annoncer, dans un discours déjà présenté comme « historique » SES décisions en réponse aux questions qui revêtent une importance capitale pour tous les Français : quid de la poursuite du confinement ? Quid du déconfinement et de ses modalités ? Quid de l’obligation du port des masques ? Quid du recours aux différents traitements disponibles ? Quid des examens et de la fin de l’année scolaire ? Quid de la fermeture des frontières ? Quid de la reprise du travail ? Quid des élections, municipales et autres ? Quid des réformes interrompues ? Quid du soutien à l’économie ?...

Les questions sont multiples et on voit mal comment il pourrait y répondre en 15 minutes, durée apparemment annoncée par l’Elysée.

Une chose est sûre : son intervention est très attendue. Comment pourrait-il en être autrement alors que, depuis plusieurs semaines déjà, les preuves du caractère erratique des décisions prises depuis la fin de l’année 2019 s’accumulent et la défiance progresse. C’est pourquoi l’article en accès libre mis en ligne hier sur le site de Médiapart, Covid-19 : chronologie d’une débâcle française, revêt une importance capitale dans la perspective de la construction de notre avenir ; comme le souligne François Bonnet, qui en est l’auteur, « Le procès en impréparation du pouvoir, où se mêlent désinvolture, ignorance, incompétence et dédain, est déjà largement engagé et ne manquera pas de se poursuivre. Il devra être solidement documenté. Les enquêtes, les reportages, les entretiens de Mediapart et l’ensemble de notre couverture permettent déjà à nos lecteurs de se forger une opinion. Mais l’événement inouï que nous vivons risque de nous faire oublier ce que furent les premiers mois de cette crise historique. À sa façon, cette chronologie, forcément incomplète, s’efforce de fournir à nos lecteurs des dates, des faits et des citations incontestables ».

C’est à la population d’en décider, non sur la base de l’information « officielle » diffusée via les canaux inféodés au pouvoir, mais sur celle, nécessairement plurielle, issue de toutes les sources disponibles.

Si victoire il y a bientôt contre la pandémie, ce que nous espérons tous voir se produire dans les plus brefs délais, ce sera celle de la Nation tout entière et non celle d’un « clan », qui, d’ores et déjà, par l’intermédiaire de ses relais à l’Assemblée Nationale, se prépare à « l’après » en faisant preuve d’une « ouverture d’esprit » inédite à ce jour. C'est le cas de Gilles Legendre[11] en particulier, qui va jusqu’à évoquer la possibilité d’un abandon définitif de réformes (dont celle du système de retraites) pour la défense desquelles il se battait, il y a à peine plus d’un mois, en s’en prenant violemment aux élus de l’opposition !

Cette victoire sera d'abord celle de toutes les personnes qui, en première ligne face au virus, auront travaillé pendant plusieurs mois dans des conditions épuisantes et souvent exécrables, faute de moyens suffisants, pour que nous puissions tous continuer à vivre dans des conditions acceptables. Médecins, Infirmiers, Aides-Soignants, Pompiers, Caissiers, Commerçants, Chauffeurs routiers, Eboueurs, Forces de l’Ordre, etc., toutes et tous ces professionnels qui, dans bien des cas, exercent des fonctions ingrates et méprisées, sont et demeureront nos véritables sauveurs. Des sauveurs dont il faudra évidemment veiller à satisfaire les légitimes revendications, systématiquement rejetées depuis des années, en particulier dans le domaine de la Santé.

Le « Droit de Savoir » de la Nation demeurera sans effet notable si, de son côté, l’Etat, s’arc-boutant sur SA vision de l’avenir et SES prérogatives, ne respecte pas le « Devoir d’Humanité » qui s’impose à lui.

Si, pour remporter la victoire contre la pandémie qui nous accable et les conséquences sociales et économiques qu’elle induit, l’Unité de la Nation est évidemment indispensable, celle-ci n’a et n’aura de justification que si c’est bien l’intérêt de la Nation tout entière qui prévaut et non celui d’une coterie.

Alors, et alors seulement, la crise ayant été vaincue, il nous faudra en tirer collectivement toutes les leçons pour bâtir une Société plus juste, plus solidaire, plus attentive aux faibles et aux déshérités, ce que probablement seule une remise en question radicale de nombre de nos schémas « d’avant » permettra.

Peut-être même parviendrons-nous à lui trouver des mérites, comme l’avaient fait, il y a près de 50 ans, les rédacteurs de la revue « Le Sauvage » dans « Vive la Crise », dossier cité au tout début de mon billet.

Grâce au grand retour de la « Politique », « science des affaires de la Cité », au service exclusif de la population, de TOUTE la population, avec ce que cela implique de désintéressement, d’altruisme et de générosité.

Puissent ainsi l’Humilité et l’Humanité, qu’on mobilise sans cesse dans les discours officiels, être enfin au rendez-vous !

Et je ne détorque pas en écrivant cela !

 

[1] Ce qu’a d’ailleurs fait Edouard Philippe pour ce qui, dans la « confession » d’Agnès Buzyn, le concernait personnellement.

[2] Pièce contant l’histoire d'un Président de la République victime d'une démangeaison nasale, qui, ne pouvant plus prendre la parole en public, fait appel à un psychiatre... ça ne s’invente évidemment pas !

[3] Auquel a été adjoint un nouveau groupe de réflexion scientifique, composé de douze chercheurs et médecins, le « CARE » (Comité Analyse Recherche et Expertise), installé le 24 mars par le Président en personne. Lire à ce sujet Coronavirus : à quoi va servir le nouveau comité CARE ?, article consacré à cette nouvelle structure, publié le 26 mars dans La Croix.

[4] Incluant, dans le cadre de la Conférence de presse tenue à Naples, le 27 février, avec Giuseppe Conte, Président du Conseil des Ministres italien, une critique particulièrement déplacée à l’égard du Docteur François Salachas, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui, le 27 février, avait eu « l’audace » de l’interpeller sur la crise de l’hôpital public (voir la vidéo à partir de la 40ème minute).

[5] Lire à ce sujet Pour Marina Carrère d'Encausse, on a menti sur l'utilité des masques « pour une bonne cause », article édifiant publié le 1er avril sur le site d’Europe 1 qui n’a fait que confirmer le mensonge d’Etat auquel se sont livrés les Pouvoirs publics et tous leurs relais médiatiques dès le début de la crise…

[6] Ce « nez » qui, chez Pinocchio, s’allonge au fur et à mesure que les mensonges s’additionnent…

[7] Du Parisien (En plein confinement, la venue de Macron en Seine-Saint-Denis provoque un attroupement et des critiques) au Point (Pantin : Macron n'a « pas cherché à provoquer un attroupement », dit Ndiaye), de France Info (Coronavirus : Emmanuel Macron n'a « pas cherché à provoquer un attroupement » lors de son déplacement à Pantin, assure Sibeth Ndiaye) au Figaro (Coronavirus : Bardella s'inquiète d'un nouveau « cluster » à Pantin après la visite de Macron).

[8] Coronavirus : Macron en visite au Kremlin-Bicêtre pour rencontrer des équipes de recherche, article du Parisien mis en ligne le 9 avril à 13h27, modifié à 13h53.

[9] Coronavirus : Macron a rencontré le professeur Didier Raoult à Marseille, article du Figaro mis en ligne le 9 avril, et Marseille : la visite surprise d'Emmanuel Macron à Didier Raoult, article de La Provence, mis en ligne le 9 avril.

[10] Le premier article du Parisien est celui faisant l’objet de la note 6 ci-dessus, mis en ligne 6 heures plus tôt.

[11] Lire à ce sujet Retraites : vers une mise à l'écart de la réforme, article mis en ligne le 12 avril sur le site de BFM-TV.

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