Emmanuel « le Majestueux » face à Jojo « le Gilet jaune » : moi-je, moi, moi, moi…

Dans un précédent billet, j’avais annoncé les paroles d’une chanson... C’est finalement un écrit assez différent que je livre aujourd’hui, en l’assortissant d'un court commentaire dénonçant sans réserve, sur la forme et sur le fond, toutes les violences, physiques et verbales, quelles qu’en soient les victimes, quels qu’en soient les auteurs.

Mon nom est Emmanuel, Premier, « le Magnifique »,
« Le Majestueux » même, comme on m’appelle en Inde.
Paris-Match l’a écrit. N’est-ce pas mirifique ?
L’égal d’un Médicis, ça vaut bien une brinde !

Premier de ma cordée, je demeure au Château,
Palais de l’Elysée, entouré de ma Diane,
De tous mes courtisans et de mon chien Nemo,
Sans omettre mes poules, Agathe, Marianne...

Ah, j’allais oublier, j’ai fait Science-Po, l’Ena…
Beaucoup vous le diront : un parcours exemplaire
Quand on a pour projet, comme c’était mon cas,
D’atteindre le sommet pour faire des affaires. 

Maintenant que j’y suis, je peux tout me permettre,
Parler quand je le veux, vous sommer de vous taire,
Vous réduire à néant, qui que vous puissiez être,
Moi, Jupiter premier, Maître de l’Univers !

Et toi, qui es-tu donc, avec ton gilet jaune ?
Me narguer, ça t’amuse ? Occuper des ronds-points…
Comment n’as-tu compris, toi qui vis dans la zone,
Que si tu veux des ronds, je n’en donnerai point. 

Ta vie dépend de moi, et de mon bon vouloir.
Le grand débat est là : dis-moi ce que je veux !
Allons, prosterne-toi ! Au diable l’isoloir !
Je suis là pour cinq ans, n’en déplaise à tes vœux !

Il te faut travailler, ce n’est pas difficile.
Traverser une rue pour trouver du boulot,
Ne plus manifester, ne plus casser en ville,
Et me ficher la paix ! Bosser, tel est ton lot ! 

Casseur du samedi, déconneur à tes heures,
Jojo, toi, gilet jaune, réfractaire gaulois,
Fainéant, illettré, j’en passe et des meilleures,
Jojo, toi qui n’es rien, je te le dis : rends-toi !

Rends-toi à l’évidence ! Toi qui veux me dissoudre,
Toi qui es mécontent, haineux à mon endroit,
Moi, Jupiter premier, qui commande à la foudre,
Je te le dis encore : le Maître, ici, c’est moi !

 

NB : les attaques antisémites de ces derniers jours, à l’encontre d’Alain Finkielkraut en particulier, sont insupportables et ont pour seul effet de servir la politique du pourrissement sur laquelle misent les Pouvoirs publics pour discréditer le mouvement.
GP

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