Une fois de plus, certains médias font leurs choux gras du (mini) tsunami REM qui se prépare à déferler sur l'Assemblée Nationale...

Une fois de plus, beaucoup (généralement les mêmes) se pâment d’admiration face à l'intelligence hors du commun de notre Dieu à tous, maître es stratégie...

Une fois de plus, même si les voix se font cette fois un peu plus discrètes que prévu, raz de marée semi-raté oblige, on vante la qualité du scénario, évidemment quasi parfaite, à l’instar de la mise en scène qui avait accompagné la soirée triomphale du deuxième tour de l’élection présidentielle...

A force de « une fois de plus » répétés en boucle, n’arrivera-t-on pas très vite, à coup sûr ou presque, au premier « une fois de trop », suivi, à coup tout aussi sûr, de nombreux autres ?

Suffit-il de dérouler un cérémonial de plusieurs minutes, à la fois prétentieux et grotesque, en longeant la pyramide du Louvre, puis, flanqué de Poutine, de jouer à Louis XIV à Versailles, pour devenir Roi ?

Suffit-il encore de serrer « virilement » la main de Trump, ou, mieux, de présider la commémoration de l'appel du 18 juin, pour devenir Charles de Gaulle et accéder à la stature de Chef d'Etat ?

Notre nouveau Président a réussi à leurrer de nombreux électeurs grâce à une campagne publicitaire remarquablement conduite, digne du lancement d'un parfum sans odeur ou d’une nouvelle poudre à laver plus blanc que blanc, façon Coluche, avec le soutien pas du tout désintéressé de généreux bienfaiteurs et celui, non réfléchi et qui pourrait leur (nous) coûter fort cher, de millions d'électeurs qui se rendront bien vite compte d'avoir été victimes d'une illusion digne d'Houdini ou de David Copperfield, au choix.

La désillusion à venir ne risque-t-elle pas d’être particulièrement violente quand tous découvriront, quand sa majesté autoproclamée Jupin 1er[1] découvrira par elle-même, que la mise sur orbite express qui l’a conduit au Panthéon, là-haut, tout là-haut, tellement loin des préoccupations vulgaires de ce bas monde, ne lui confère pas le bénéfice d’un état permanent d'apesanteur, et qu’il est, comme notre jeune astronaute récemment redescendu sur terre, comme nous tous, oui, nous, simples « tout petits terriens », soumis aux lois de la gravitation universelle ?

Et que lui aussi, même lui, tout « Jupitérien » qu'il prétende être par la grâce d'une ascension excessivement rapide, pourrait subir une chute d'autant plus brutale que, quoi que puissent affirmer ses partisans et courtisans, entre indifférence, dégoût et rejet, ce sont bel et bien plus de 80 % des Français qui viennent de dire non à sa politique... 

[1] Jupin n’est autre que le diminutif de Jupiter, utilisé notamment par Jean de La Fontaine dans ses fables, et tout particulièrement « Les grenouilles qui demandent un roi », dont je recommande la lecture à tous ceux qui l’auraient oubliée ou qui ne la connaîtraient pas encore.

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