La vie n’est pas (qu’) une pièce de théâtre…

La fracture entre deux France s’agrandit et ceux qui « mettent le feu à la baraque » ne sont pas forcément ceux que l’on pointe du doigt. Et si c’était lui le problème, comme le pensent nombre de Français qui refusent de souffrir en silence ? Ce qui ne signifie pas que nos valeurs démocratiques soient solubles dans les violences d’une poignée d’individus ou dans les mensonges du Gouvernement.

J’étais occupé à faire une ultime relecture d’un nouveau « papier » quand j’ai appris l’incident dont ont été victimes Emmanuel Macron et son épouse, empêchés d’assister normalement à une représentation théâtrale aux Bouffes du Nord. Je ne peux, à titre personnel, que condamner sans réserve cette action, contraire à la Liberté, valeur primordiale de notre République.

Penser librement, s’exprimer librement, se déplacer librement sont des piliers de toute démocratie, personne ne le contestera. Encore faut-il se poser la question de savoir pourquoi certains (une toute petite minorité en réalité) en viennent à ne pas les respecter. Cette question mérite d’autant plus d’attention que notre pays connaît depuis 18 mois des tensions de plus en plus vives, dont il serait extrêmement dangereux d’attribuer toute la responsabilité à des « séditieux », terme employé notamment par Marlène Schiappa, elle-même victime d’une intrusion dans le restaurant où elle tenait un meeting électoral, Sibeth N’Diaye, réagissant à l’action conduite au siège de la CFDT par des opposants à la réforme des retraites, ayant estimé pour sa part que « c’est inacceptable qu'on puisse faire irruption dans les locaux d'une organisation syndicale ».

Ces trois événements, et d’autres encore, comme l’interruption de l’émission de RMC « Les Grandes Gueules », dans les Halles de Béziers, sont de par leur nature et l’origine de ceux qui y ont participé (ouvriers, employés, retraités, médecins, enseignants, avocats…) l’expression d’un « ras le bol » qui touche désormais toutes les catégories sociales. Ne pas le voir, ne pas l’admettre, ne même pas chercher à le comprendre, ne faire aucune différence entre l’immense majorité de ceux qui manifestent, dans le calme, et une poignée de fauteurs de troubles, c’est faire preuve d’un entêtement destructeur préjudiciable à tous. Et cet entêtement est hélas le fait de l’Etat lui-même, à travers ses plus hauts dirigeants, qui, en faisant le choix de « mettre de l’huile sur le feu plutôt que dans les rouages », se comportent en pompiers pyromanes.

Il n’est que temps qu’ils en prennent conscience pour éviter que notre Société ne se retrouve à feu et à sang.

Si je me suis permis de rédiger un aussi long préambule, c’est parce que mon billet, dont je relisais le projet, avant sa mise en ligne, traitait précisément de ce sujet. Si des événements du même type se produisaient à nouveau demain, dans les jours, dans les mois à venir, ne serait-on pas en droit de considérer leur enchaînement comme le signe avant-coureur d’événements plus graves encore. L’orgueilleuse intransigeance affichée par le Président, le Premier ministre et tous leurs soutiens, sûrs d’avoir raison contre tous, ne pourrait-elle, ne devrait-elle alors être considérée comme en étant une des causes, avec pour corollaire qu’ils en assument la responsabilité ? Ce qui n’exonérerait évidemment en rien de la leur les auteurs de violences inacceptables, quels qu’ils soient.

On trouvera ci-dessous le texte de ce billet, dont je ne peux que déplorer la trop brûlante actualité ; j’y ajoute un complément sous la forme d’un court extrait de l’interview donnée par Michel Onfray à Marianne[1] à l’occasion de la sortie de son dernier livre, « Grandeur du petit peuple[2] » : « Il (l’Etat « maastrichtien ») veut détruire les Etats souverains pour instaurer le libéralisme sur un territoire appelé à s’agrandir en vue d’un objectif simple et désigné clairement par Jacques Attali : le gouvernement mondial d’une élite qui saurait ce qu’il faut faire pour bien faire (le marché libre et la marchandisation de tout, vie et mort, corps et âme compris…) contre les peuples abrutis par ceux-là mêmes qui leur reprochent d’être abrutis afin de confisquer leur souveraineté. Cet Etat impose le libéralisme, un comble, qui, on le sait, génère la paupérisation : plus de pauvres, de plus en plus pauvres, et moins de riches, de plus en plus riches. »

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Le dernier billet publié sur mon blog date du début de juin 2019. Plus de 7 mois déjà que je me suis imposé un silence absolu. Et que, par la même occasion, j’ai cessé de critiquer notre Président. Aurais-je tourné casaque ? L’âge peut conduire à des comportements erratiques mais je n’en suis heureusement pas (encore) à un tel niveau de décrépitude. Je tiens à rassurer ceux qui me connaissent : je ne suis évidemment pas devenu un disciple de notre Président/Monarque et je ne passe pas mon temps, tel un apôtre, à répandre sa parole.

Des raisons personnelles, sur lesquelles je reviendrai peut-être un jour, expliquent en partie mon mutisme. Des raisons politiques aussi : une grande lassitude, assortie du dégoût que m’inspire le mépris permanent d’une prétendue « élite », préoccupée par la seule préservation de ses intérêts et privilèges. Un mépris que serinent à longueur de journée certains médias et certains journalistes dont je me dis qu’ils se sont trompés de profession, tant leur propension à « cirer les pompes » des puissants fait qu’ils seraient assurément plus à leur place agenouillés sur le trottoir, avec leur tabouret, leurs boîtes de cirage et leurs brosses à reluire…

Le propos peut paraître excessif, j’en conviens, mais sans doute cet excès est-il dû au « rattrapage » nécessaire de tout ce temps pendant lequel j’ai choisi de me taire, alors que les occasions de me révolter et de rire pour ne pas pleurer n’ont jamais été aussi nombreuses.

Impossible de les citer toutes ; je me contenterai donc de quelques exemples, tous révélateurs de la suffisance, de l’outrecuidance, de l’inconsistance, et, en fin de compte, de l’incompétence de nombreux tenants du monde « nouveau », exemples puisés dans les événements qui se sont succédé à partir des élections européennes, échec cuisant de la majorité présidentielle, comme je l’ai justement montré dans mon billet de juin 2019, pourtant présentées comme ayant été un indéniable succès.

Je ne m’appesantirai pas sur la commémoration du débarquement de Normandie, dont les vedettes incontestables ont été Donald Trump et son épouse, qui, bien que représentant les Etats-Unis, étaient tout sauf des « vedettes américaines », ni sur la démission de François de Rugy, bombardé Ministre de la Transition écologique et solidaire en septembre 2018 après la démission de Nicolas Hulot, devenu « numéro 2 du Gouvernement » s’il vous plaît, qu’« homard a tuer », comme n’ont pas manqué de le souligner certains esprits irrévérencieux, non-événement à l’exacte hauteur de la remarquable (in)action[3] dont il a fait preuve, à la tête de son Ministère et ailleurs, notamment lorsqu’il fut chargé de recevoir des représentants des Gilets Jaunes pour « déminer » un conflit naissant à propos duquel on avait voulu nous faire croire que la taxe carbone grevant le prix des carburants était justifiée par une très noble cause : assurer précisément la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique… Vaste programme, vaste enfumage aussi dont on mesure aujourd’hui les inégalables « bienfaits » dans notre Société, plus éclatée que jamais !

Qui ne se souvient également, tout à la fin de l’été, juste après la fin des vacances « familiales » au fort de Brégançon, sans doute histoire de rentabiliser la fameuse piscine « démontable » qui avait alimenté les gazettes à l’été 2018, du battage ahurissant autour du G7 de Biarritz, nouvelle occasion pour Donald Trump de voler la vedette à son hôte, qui avait pourtant tout fait pour se poser, ni plus ni moins, en nouveau Maître du monde. Dans sa tête sûrement, mais assurément pas au-delà, comme l’ont prouvé ensuite l’explosion en plein vol de Nathalie Loiseau, en tête de la liste « Renaissance », incapable de se faire élire Présidente d’un Groupe qu’on disait promis à la France, la nomination d’Ursula Von der Leyen à la tête de la Commission européenne, qui fut un échec cinglant pour la France, dû à la seule vanité d’Emmanuel Macron et de ses troupes, et non, comme on a pu l’entendre et le lire ici et là, un succès symbolisant et récompensant la stratégie des « progressistes » du parti présidentiel…

« Cerise sur le gâteau », le refus des Députés européens d’adouber Sylvie Goulard au poste de Commissaire ne fut que la conclusion d’une pitoyable séquence que la nomination de Thierry Breton en ses lieu et place, résultat de laborieuses tractations, très « ancien monde », n’a pas effacée.

Pauvre Sylvie Goulard, par ailleurs mise en examen par la Justice française dans une sombre histoire d’emplois fictifs, qui l’avait contrainte, à peine devenue Ministre en 2017, à démissionner du Gouvernement en même temps que Marielle de Sarnez et François Bayrou en personne, tous deux également mis en examen pour les mêmes raisons.

Force est de constater, sans remettre en cause la présomption d’innocence, qui constitue une des garanties majeures de notre Justice, que, s’ajoutant aux mises en examen d’autres personnalités de tout premier plan de « la République en marche », parmi lesquels Richard Ferrand, Président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l'État, après le Président de la République, le Premier Ministre et le Président du Sénat, le nombre de LRM-ISTES de haut rang empêtrés dans des affaires non encore jugées est tout simplement hors norme, comme l’est aussi, parallèlement, celui des Ministres démissionnaires depuis le début de l’ère macroniste.

On notera à ce sujet que, dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand, mis en examen pour « prise illégale d’intérêt » semble ne pas avoir convaincu les juges, si l’on se fie aux articles parus dans le Monde[4], Libération[5] et sur le site de Médiapart[6].

Impossible dans le contexte actuel, de ne pas citer Jean-Paul Delevoye, dont le départ du Gouvernement a été pour le moins « croquignolesque », à la suite d’une remarquable série d’omissions et de trous de mémoire pour le moins surprenants de la part d’un homme politique ayant rempli les plus hautes fonctions tout au long d’une carrière qui lui a permis d’être successivement Conseiller général, Maire, Député, Président de l’Association des Maires de France, Sénateur, Ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l'État et de l'Aménagement du territoire, Médiateur de la République, Président du Conseil économique, social et environnemental, Haut-commissaire à la Réforme des retraites, et, pour finir, Haut-commissaire aux Retraites (auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé)…

Un parcours « impressionnant », conclu par une mise en cause par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), qui a estimé les faits suffisamment notables pour les signaler à la Justice au titre de l'article 40 du Code pénal. C’est assurément, dans le contexte explosif de la réforme de la Retraite, le pire de ce que pouvaient donner en spectacle nos dirigeants actuels. Et pourtant, cette mise en cause apparaît aujourd’hui bien lointaine, oubliée par ceux dont la mission est de nous informer, comme si l’amnésie dont semble avoir été frappé Jean-Paul Delevoye était sans importance…

Les bisbilles autour de l’OTAN, Organisation présentée par notre « hyper-stratège » comme « en état de mort cérébrale », ont une fois de plus révélé au grand jour le grand écart entre l’ambition affichée par l’Elysée et la réalité de son pouvoir. Et ce ne sont pas les échanges d’amabilités et de cadeaux lors de la récente visite d’Etat du couple présidentiel en Chine qui ont changé la donne, car « La France (y) est vue comme un petit Etat européen, loin derrière l’Allemagne »[7], n’en déplaise à celui qui se présente volontiers comme un héritier du Général de Gaulle, premier chef d’Etat occidental à avoir reconnu la République Populaire de Chine, en 1964. N’est pas le Général de Gaulle qui veut !

On aurait pu espérer, sur la base de son propre discours, qu’il mettrait un terme à toutes ces petites phrases dont il a le secret, qui blessent et enfoncent les plus humbles, les plus faibles… Faux espoir ! Alors qu’il s’était dit « scarifié » devant une poignée de journalistes, à la fin de l’année 2018, avant de se lancer dans le bien mal nommé « grand débat », on a compris que ce qui devait apparaître comme un mea-culpa n’était en réalité qu’un voile destiné à masquer un manque total d’empathie vis-à-vis des innombrables « sacrifiés » de « SON » système…

Et ce ne sont pas les centaines de milliers de Français qui manifestent depuis des semaines contre la réforme des retraites qui me contrediront !

Oh, bien sûr, pour donner le change, il peut compter sur une majorité d’élus et de Ministres serviles, parmi lesquels une Ministre de l’Information qui, en matière de langue de bois, dépasse tous les records. N’a-t-elle pas affirmé un jour : « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le Président ». Belle conception de l’information dans un pays qui se dit démocratique, surtout quand on sait qu’à l’Elysée, des « Conseillers » préparent à longueur de journée les « éléments de langage » destinés à expliquer au « peuple » ce que, sans eux, il serait incapable de comprendre, étant donné son ignorance crasse…

Information ai-je écrit. Ne serait-il pas plus juste de parler de bourrage de crâne et même de propagande ? De fait, l’Information (avec un grand I) a cédé la place à la Com’, qui, à travers les éléments de langage évoqués plus haut, vise à conditionner les esprits en livrant une présentation préformatée des événements ainsi que des enseignements et conclusions qui doivent en être tirés. Leur impact sera évidemment d’autant plus fort qu’ils seront diffusés en boucle sur le plus grand nombre de supports. D’où l’importance de leur choix, dont dépend en grande partie leur pouvoir de séduire et de convaincre.

Aucune place n'est laissée à l’improvisation. Comme dans toute pièce de théâtre, les répliques sont écrites et ne doivent pas subir de modifications risquant de dénaturer le fond du discours. C’est particulièrement (et de plus en plus) vrai en politique, tout écart de langage pouvant avoir des répercussions considérables, amplifiées par les réseaux sociaux. Tout se passe comme si la Politique n'était plus qu'un vaste spectacle dont les hommes politiques seraient les acteurs, à charge pour eux de bien jouer leur rôle.

Cette dérive, qui n'est pas nouvelle, a véritablement explosé depuis deux ans, avec l'arrivée d'Emmanuel Macron à la tête de l'Etat, d’autant qu’on n’a eu de cesse, depuis son élection, de vanter son passé de comédien et les mérites de la femme qui a su révéler son « talent », professeur de lettres de son état (et non professeur de théâtre), devenue son épouse, qui, grâce à une presse people à leur dévotion, occupe une place privilégiée dans la Com' présidentielle, avec ses tenues prêtées par LVMH, dont elle est devenue mannequin vedette, ses écoles pour « grands décrocheurs », également financées par LVMH, et, aujourd'hui, l'opération pièces jaunes, puisque, après Bernadette Chirac, c'est elle qui en assure la promotion en compagnie de Didier Deschamps, ce que le très macroniste Paris-Match n'a pas manqué de souligner, avec son habituelle complaisance, le 16 janvier dernier, dans l'article Pièces jaunes : l’opération reconquête de Brigitte Macron.

Pour quel résultat ? Manifestement médiocre, si l’on examine les sondages réalisés juste après la présentation télévisée des vœux présidentiels. Une large majorité de téléspectateurs a en effet trouvé notre Président/comédien peu ou pas convaincant. J’ai pour ma part évité cette célébration d'auto-satisfaction, dont je n’attendais rien, et je n’en nourris aucun regret. En ayant visionné a posteriori les principaux extraits, j’ai trouvé le comédien théâtral (au sens péjoratif du terme), surjouant son rôle, avec des accents faussement sincères, froid, distant, coupé de la réalité, à l’opposé de l’image qu’il souhaitait donner de lui-même.

Il n'est pas étonnant que les opposants à la réforme des retraites n’y aient trouvé aucune raison de faire baisser la pression. D’autant qu’ils ne sont pas, eux, sensibles aux éléments de langage mitonnés par les piètres cuisiniers qui en ont la charge, impuissants à utiliser, parce qu’ils ne font pas partie de leur quotidien, les ingrédients permettant de préparer un mets de qualité et non une énième illustration ubérisée de « malbouffe » politicienne. Il se trouve en effet, ce que les communicants élyséens semblent ignorer, que, s’ils n’ont pas tous un « bac + 10 », la plupart des Français qui manifestent, parce qu’ils s’estiment victimes d’une politique qui les humilie, les agresse, et même, parfois, les détruit, ont une remarquable intuition et un solide bon sens qui leur évitent de prendre des vessies pour des lanternes et des promesses, fussent-elles celles contenues dans des vœux présidentiels, pour la garantie d’un avenir radieux…

Nos gouvernants, à commencer par le premier d'entre eux, doivent cesser de nous prendre pour des « gogos », spectateurs imbéciles et béats du piteux spectacle qu’ils offrent.

Le temps n’est plus où un Président pouvait asseoir sa popularité sur le succès d’une équipe nationale, comme ce fut le cas pour Jacques Chirac avec la Coupe du monde de football de 1998. Notre Président et hyper entraîneur s’y est bien risqué en 2018, avec le succès que l’on sait... Qui ne se souvient en effet de la descente express des Champs-Elysées, en bus à impériale, sous le contrôle d’un certain Alexandre Benalla[8] ?

Sans doute aurait-il adoré rééditer l'exploit en 2019, avec la Coupe du monde féminine, qui, de surcroît, se déroulait à domicile. Pas de chance, le parcours de l’équipe de France s’est hélas arrêté en demi-finale, contre l’équipe des Etats-Unis. Pas de chance non plus avec le Tour de France, qui aurait pu servir de session de rattrapage, Thibaut Pinot et Julian Alaphilippe, potentiels « héros » de la petite reine sur lesquels il aurait pu s’appuyer pour requinquer sa popularité, ayant malheureusement calé dans la dernière ligne droite…

Même le décès de notre Poupou national et celui de Jacques Chirac ne lui ont pas permis de redresser la barre et je doute fort qu'il y parvienne désormais, même en modifiant ses éléments de langage...

La fracture entre deux France ne cesse en effet de s’agrandir et ceux qui « mettent le feu à la baraque » ne sont ni forcément, ni uniquement ceux que l’on pointe du doigt. Dans un article récent, l’hebdomadaire Marianne[9] posait publiquement la question : « Pays à l’arrêt, Français dans la rue. Et si c’était lui, le problème ? ». C’est exactement ce que pensent de plus en plus de Français, qui, parce qu’ils ne sont pas actionnaires d’Entreprises du CAC 40, et qu’ils ne le seront jamais, parce qu’ils ne profitent pas de services publics dignes de ce nom, parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir un véhicule électrique ou des vacances à la montagne, ou, plus trivialement, parce qu’ils n’ont pas (ou plus) les moyens de boucler leurs fins de mois, refusent de devoir, par-dessus le marché, souffrir en silence et se « la boucler ».

Oui, décidément, il était temps pour moi de « l’ouvrir » car je suis convaincu que d’ici quelques semaines, quelques mois tout au plus, les critiques seront devenues si nombreuses que mon découragement, ma colère risquent de me conduire moi aussi à « patachonner dans la tête », à l’image de cet enseignant qui, tout récemment, sur les terres de François Bayrou, a osé interpeller le Président, qui se préparait à brosser le tableau idéalisé de sa politique environnementale, politique dont la plupart des experts estiment qu’elle est surtout faite de beaucoup de belles paroles mais de fort peu d’actes…

Puis-je me permettre de souligner que d’Acte I (du quinquennat), il n’y en a pas eu ?

Quant à « l’Acte II », il n’est bien sûr que le fruit de la Com’ élyséenne, un simple « élément de langage » en plus, et… sans plus !

A quand la fermeture du rideau ?

De nombreux autres sujets auraient pu être développés. On ne passe pas impunément sept mois sans écrire ! C’est pourquoi je ne renouvellerai pas pareille erreur. D’autant que les occasions de réagir ont toutes les chances de se multiplier dans les deux ans qui viennent…

 

[1] Marianne : numéro 1192, du 17 au 23 janvier 2020, page 46.

[2] Michel Onfray : « Grandeur du Petit peuple », 370 pages, Albin Michel.

[3] De Rugy : dix mois ministre, dix mois d’inaction : article publié le 17 juillet 2019 sur le site « Reporterre, le quotidien de l’écologie »

[4] Affaire des Mutuelles de Bretagne : ce qu’a dit Richard Ferrand aux juges

[5] Affaire Ferrand : les explications pas très convaincantes du président de l'Assemblée nationale

[6] Affaire des Mutuelles de Bretagne : Richard Ferrand en difficulté face aux juges

[7] Visite d’Emmanuel Macron en Chine : « La France est vue comme un petit Etat européen, loin derrière l’Allemagne » : interview de Jean-Vincent Brisset, Directeur de recherches à l’Iris, publiée sur le site de « 20 minutes »

[8] Benalla serait aussi responsable de la descente express des Bleus sur les Champs-Élysées : le Figaro, 25 juillet 2018

[9] Numéro 1187, du 13 au 19 décembre 2019.

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