Ce qui dépend de nous

Ce cycle de rendez-vous multidisciplinaires propose un manuel de (sur)vie à la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés. Après une entrée en matière dans les histoires de l’Anthropocène, il décline les stratégies possibles pour repenser notre relation à notre environnement.

Du 20 février au 12 juin 2019

Chaque année est plus chaude que la précédente et pourtant, rien n’enraye l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Tandis que se profile une sixième extinction des espèces, sur la terre et dans les océans, les multinationales continuent de creuser à la recherche de nouveaux minerais à transformer et de fossiles à brûler. Ni la gravité de la crise, ni son caractère irréversible ne semblent troubler ceux qui nous gouvernent. Au contraire, les climatosceptiques gagnent du terrain et sont à la tête d’états influents comme les Etats-Unis et le Brésil, empêchant la construction de réponses sérieuses au réchauffement climatique. Il y a pourtant une urgence absolue à agir - de nombreux citoyens, scientifiques, artistes et chercheurs l’ont bien compris et refusent la paralysie du désastre. Les initiatives et les appels radicaux à prendre les problèmes par la racine se multiplient : marches pour le climat, ZAD et forêts à défendre comme à Romainville, poursuites en justice des états pour leur inaction en France et aux Pays-Bas, blocages dans Londres par le mouvement Extinction Rebellion…

Si les catastrophes climatiques et écologiques transforment en profondeur nos milieux de vie, elles bousculent également nos certitudes et nous enjoignent à nous reconnecter au monde - nous ne sommes ni à l'écart des autres espèces, ni au centre du vivant. S’ouvrent un monde où il n'y a plus de héros et où les places se renégocient, un espace-temps transitoire, tissé d’incertitude et d’instabilité. Faite de réassemblages, cette période mutante nous oblige à faire preuve de radicalité pour repenser nos modes d’existences, susciter de nouvelles alliances et résister au monstre de la croissance en train de tout dévorer.

Refusant la paralysie du désastre, la Gaîté Lyrique initie de février à juin 2019 un nouveau cycle multidisciplinaire qui puise dans la joie collective et offre des pistes de recherche, des perspectives pratiques et des portes conceptuelles de sortie de crise. À la croisée des formes et des disciplines, artistes, chercheurs et activistes sont invités ici à partager leurs imaginaires et leurs visions pour prendre le temps (res)sentir, penser et agir malgré l’urgence des catastrophes.

À rebours des solutions insensées de la géo-ingénierie élaborées par des apprentis sorciers du climat et du déni de certains dirigeants, le cycle propose de faire terre commune avec les innombrables formes de vie qui peuplent notre planète et d’imaginer des relations avec les terrestres, qui ne soient pas basées sur la domination et l’appropriation. Il s’interroge sur ce qui nous rend vulnérables mais vivants et nous invite à goûter, comme le dit le philosophe Bruno Latour, « (aux) vertus nouvellement retrouvées de la dépendance ». Après une entrée en matière dans les histoires de l’Anthropocène, chaque séance examine une stratégie qui repense nos places et nos existences – pour réparer les zones dévastées et les désastres à venir, décoloniser les savoirs et les pratiques, cohabiter avec les non-humains, apprendre à vivre avec et après la catastrophe.

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