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Billet de blog 4 juillet 2015

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Questions de minorités en démocratie

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je pense depuis longtemps que dans une démocratie digne de ce nom, les institutions devraient être prévues pour que les minorités puissent s’exprimer, expérimenter, vivre leur vie et prendre leurs propres décisions. Ceci dans un cadre très large, qui se bornerait à interdire, mais à interdire strictement les abus de pouvoir, que quiconque nuise à autrui et que nul ne pollue la nature, laquelle est avant tout la branche qui nous porte et dont nous nous nourrissons.

Cela paraît utopiste, cette idée, n’est-ce pas ? Comment, laisserions-nous vivre à leur guise des minorités au lieu de les intégrer dans un grand corps normatif ?

Et pourtant, quand on y regarde de près, nous voyons que nous vivons dans un monde où certaines minorités ne se contentent pas d’exister, mais qu’elles exercent des pouvoirs redoutables sur l’immense majorité de la population. C’est le règne des milliardaires, des gros actionnaires qui dirigent le monde (à sa perte) grâce au fétichisme de l’argent très communément partagé. Comme si la monnaie mesurait réellement ce que nous sommes capables de produire comme nourriture, comme logements, comme soins donnés aux enfants ou à toute autre personne dans le besoin, comme promotion de la santé, comme relations humaines, comme beauté, etc... Il en faut, de l’argent, direz-vous ! Oui, dans notre société telle qu’elle fonctionne, où l’on a poussé le pouvoir de la monnaie à l’extrême, où tout devient marchandise à rentabiliser. C’est absurde et destructeur. Nous semblons oublier que la monnaie n’était qu’un symbole, une convention destinée à facilite les échanges. Il y a longtemps que ce rôle est largement perverti. La finance est devenue un vecteur d'esclavage. Nous négligeons le fait que par exemple le salaire ne représente pas une valeur réelle du travail accompli, mais le prix de la sujétion du travailleur. Cette croyance que les biens réels procéderaient de l’argent, que l’argent est nécessaire à la vie, est un mythe moderne, et chacun sait au fond de lui que si ça continue, nous finirons par crever sur, ou à côté de montagnes d’or.

Montagnes d’or et d’argent qui de nos jours achètent des empires, pour qu'ils rapportent toujours plus ... de « produits financiers »! Empire des armes, celui de la drogue, de la prostitution, ceux de l’énergie ( nucléaire, pétrole, gaz de schistes....), la terre, l’agriculture, l’économie, les médias... et si on les laisse faire, tout le reste ! Et c’est ce monde-là qui nous emprisonne dans ses filets, et à qui nous laissons les rênes !

Nos élus politiques, souvent du même monde que les précédents affairistes ultra-riches ou sous leur emprise, eux non plus ne sont pas en général l’expression de la majorité. Ils sont en réalité élus par une minorité d’électeurs, si l’on rapporte le nombre de leurs suffrages au nombre des électeurs inscrits ; et que serait-ce si on le rapportait au nombre des habitants ! ( Dites, à quel âge atteint-on vraiment l’âge de raison ? )

Ils paraissent si respectables, nos élus encravatés ! Sans doute parce que nous leur octroyons un statut hiérarchiquement très élevé, que nous nous laissons impressionner par un certain prestige, de « la classe », de beaux discours magistraux sortant en général du même moule, mais aussi parce que nous leur attribuons des capacités qu’ils n’ont pas, évitant ainsi de prendre nos responsabilités. Nous nous persuadons qu’ils sont en situation de prendre les décisions les plus sensées qui soient, dans un ordre social tel qu’il est établi et que nous craignons de remettre en cause, de changer de fond en comble. Comme si cet ordre était de droit divin ! Et surtout comme s’il était juste et bon !

Non. Un nouvel ordre juste et bon est à inventer. Un ordre par exemple où aucune minorité n’imposerait ses modes de vie à d’autres, mais où chacun pourrait vivre sa vie dans le respect mutuel et le respect de la nature, où nul ne pourrait s’autoriser à répandre, à imposer à autrui, des poisons mortels tels que ceux qu’engendrent le nucléaire, les gaz de schistes, les marées noires, les pollutions et accidents chimiques, les O.G.M... par exemple. Où nous choisirions la vie plutôt que l'accumulation financière. Où les rapports de domination violente seraient interdits et empêchés, tandis que la solidarité serait organisée, se développerait, croîtrait et embellirait, ce qui éviterait bien des gaspillages, bien des absurdités suicidaires, et nous permettrait d’accéder enfin globalement à un véritable bien-être, à une douceur de vivre dont nous sommes tragiquement éloignés en masse par les temps qui courent.

                                Gdalia Roulin, juin 2012.

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