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Billet de blog 7 juillet 2015

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Fraternité ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La plus belle des Antilles s'estompe dans l'oubli,

rebelle fière et sanglante. On ne parle aujourd'hui

comme d'un' fatalité, comme d'un fait établi.

que des calamités subies par Haïti.

Ceux qui ne voient que la misèr' noir' du pays

n'ont jamais entendu, sans dout', célébrer l'île,

vrai petit paradis où abondaient les fruits,

où le climat propice et la terr' si fertile

produisaient deux récoltes par an, sans forcer.

Une île riche en bois précieux, en minerais,

que les colons ont exploitée, dévalisée,

vidée. Puis, ils ont installé les Duvalier

et leur dictatur' sanguinair', comme un rempart

pour contrer tout' révolt', et briser les espoirs

d'alliance entre Haïtiens et Cubains. Cette histoire

au service des puissants ne doit rien au hasard.

Comment ne pas être pauvr', quand tout est pillé,

que mêm' le droit à vivre libre est monnayé !

Les min's sont épuisées, et la terre déboisée

part à la mer, et le climat s'est déréglé.

Haïti qui « ne vit plus que sous perfusion

internationale », c'est un scandale absolu.

Le tremblement de terre sème la destruction,

la mort et la ruine. Les survivants, à la rue,

manquent de tout, évidemment. Alors, déjà,

des journaleux ont le front d'évoquer sans rire

des risques de pillage. Comme s'il allait de soi

de se laisser mourir quand on peut se servir.

Pour Katrina, on nous tint ces vertueux discours.

Des militaires en arm's interdisaient l'accès

aux magasins pourtant inondés... Les secours,

eux, ont été beaucoup plus longs à arriver !

Criminaliser la pauvreté, c'est abject,

mais ça se banalise. Et l'on ressent l'emprise

de formul's toutes fait's autour de ce sujet,

farcies de préjugés sans que l'on s'en avise.

J'aurais aimé qu'au lieu d'un autre « plan Marshall »,

l'aide aux sinistrés soit un véritable don,

sans promouvoir notre intérêt dit national.

Et n'allons pas reconstruire à notre façon,

comme si les Haïtiens étaient si démunis

qu'ils ne pouvaient s'organiser à leur manière.

Il est temps que s'instaure enfin l'autonomie,

la leur, la nôtre, sans charité, mais solidaires.

 Gdalia Roulin, 14 janvier 2010.

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