Guerre ou paix ?

Les tensions belliqueuses augmentent dangereusement dans un monde où les rapports de force économiques et militaires se recomposent. La défense de la paix sur notre propre sol et dans le monde est un enjeu politique vital.

En 2016, les budgets militaires des États totalisent 1570 milliards $, dont 622 (40 %) dépensés par les USA, 219 par l'UE, 191,8 par la Chine, 48,4 par la Russie, devancée par l'Inde devenue 5e au plan mondial et par l'Arabie Saoudite (premier acheteur d'armes à la France, dictature qui tue au Yémen et finance les terroristes).

M. Trump promet aux USA « un des plus grands efforts militaires de l'histoire américaine ». Le Pentagone aura 54 milliards supplémentaires dont disposer librement, tous les autres postes dont la diplomatie et le social diminuant d'autant. Cela n'augure rien de bon d'un gouvernement qui semble sorti de la liste Forbes des milliardaires et qui compte au Trésor Steve Mnuchin, ancien de Goldman Sachs, tandis qu'en UE aussi nombre de dirigeants naviguent des commandes politiques à celles de cette banque qui fut à l'origine de la crise de 2008.

Les pays adhérents à l'OTAN font allégeance aux USA et perdent de fait leur indépendance stratégique. Malgré la fin de l'URSS, du pacte de Varsovie et de la « guerre froide », 65 % des dépenses militaires du monde sont réalisées par les pays de l'OTAN, les USA ont installé des batteries de missiles antimissiles et autres chars en Pologne aux frontières russes qui menacent pour 75 % du dispositif de défense de la Russie, et M. Trump relayé par Mme Merkel exige que le budget militaire de chacun augmente pour atteindre effectivement 2 % du PIB, sous menace de « modérer son soutien ». L'UE de la défense, gangrenée par l'influence des lobbies habituels au pouvoir et celle des USA, ne peut être qu'une UE des guerres multipliées par l'automatisation des alliances, dans un monde instable où la Chine, revenue dans l'économie de marché a pris en 20 à 30 ans la place de premier vendeur du monde, ce pourquoi il serait logique d'utiliser sa monnaie pour les échanges, et cela menace l'hégémonie des USA dans ce qui est le cœur de leur puissance : le $ auquel le monde entier est contraint d'avoir recours pour échanger. Alors qu'a explosé une bulle financière représentant plusieurs dizaines de milliers de fois le total des biens réels échangés.

De plus le changement climatique est d'ores et déjà responsable de 20 millions des réfugiés qui circulent sur la planète, et l'ONU en prévoit 250 millions. Face à quoi on ne fait rien. Alors que cela remet en cause les frontières, les accords et la gestion des ressources naturelles.

Les programmes électoraux promettent, bien entendu, protection et sécurité, et aux militaires qui sont aussi électeurs ils annoncent l'amélioration formidable de leurs conditions de vie et de travail.

Mais quatre des candidats susceptibles d'être élus à l'élection française préparent la continuité des politiques guerrières menées par MM. Sarkozy et Hollande. Ils se disent d'ailleurs tous « prêts à assumer » le rôle de chef des armées, seul décideur de la guerre et de la paix pour le pays !

Premier ministre de M. Sarkozy, M. Fillon a montré amplement 5 ans durant quelle politique il soutient : réintégration de l'OTAN, violation de la décision de l'ONU, à laquelle la Russie et la Chine avaient adhéré, de créer une zone d'exclusion aérienne en Libye pour empêcher que M. Khadafi bombarde le mouvement de masse qui s'y trouvait, bombardement et destruction politique de ce pays avec pour sinistres conséquences le développement de factions djihadistes nées de la guerre d'Irak et leur armement massif.

Lui aussi partisan d'une « Europe de la défense », d'un QG européen, et de « groupements tactiques d'intervention » (contre qui?) M. Macron tente de se singulariser avec son service militaire d'un mois qui ne servirait qu'à plomber les finances publiques de 2 à 3 milliards/an, mais comme l'ont montré d'ailleurs ses voyages, il reste complètement inféodé à l'OTAN et à l'UE de Mme Merkel, assumant totalement les guerres de M. Hollande et son activisme de VRP en « exportation de défense ».

M. Hamon lui aussi se voit en chef des armées et souscrit au bilan de M. Hollande, interventions guerrières et commerce d'armements inclus. Sans sortir de l'OTAN, il est partisan d'une Europe de la défense « face à la Russie », proposant, dans le cadre des traités existants, de déléguer en définitive la planification et la conduite des opérations militaires à un QG au niveau européen, ceci agrémenté de coopérations qui éloigneront davantage de la souveraineté nationale la maîtrise des équipements et orientations militaires.

Mme Le Pen accentuerait l'autoritarisme de la Ve. Elle parle de quitter l'OTAN mais a déjà essayé d'être reçue par M. Trump, sa campagne étant par ailleurs largement financée par des banquiers proches de M. Poutine. Elle dit vouloir quitter l'UE mais ses options en politique extérieure restent vagues à part une focalisation sur « l'immigration » et le terrorisme, sachant que les cadres du FN fréquentent assidûment les dirigeants d'extrême-droite d'autres pays et qu'ils pratiquent un culte consubstantiel de la force brutale depuis l'origine. Elle veut réarmer massivement la police et l'armée.

M. Mélenchon seul refuse qu'un monarque républicain puisse décider de la guerre et de la paix. S'il est élu, un processus constituant refondera démocratiquement toute l'organisation de nos rapports sociaux.

Avec M. Mélenchon la France quittera l'OTAN et les traités européens actuels pour reprendre son indépendance, elle sortira de toute alliance militaire permanente, à l'exception des opérations de maintien de la paix sous contrôle de l'ONU. Elle œuvrera à démocratiser et renforcer l'ONU concernant l'agriculture et l'écologie, et impulsera d'autres coopérations internationales. Les guerres au Moyen-Orient facteurs de terrorisme sont d'abord des guerres de puissances pour s'accaparer le pétrole et le gaz, moteurs avec l'uranium des économies du monde actuel. Elles doivent cesser sous l'égide de l'ONU. La France appuiera en Israël et Palestine les résolutions de l'ONU et la solution à deux États. En Syrie M. Mélenchon affirme son ferme attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de ce pays. Il condamne tous les groupes et bandes armées terroristes. Il demande un règlement politique du conflit et un cessez-le-feu par un processus politique sans exclusive (sauf les bandes armées) dirigé par les Syriens. car en l'absence de règlement politique la situation continuera à se détériorer. C'est au peuple syrien et à personne d'autre qu'il appartient de décider de l'avenir de son pays. Ce qui est la position de la résolution du 31/12/2016 de l'ONU. Un tel processus n'ayant de sens qu'avec des élections en Syrie.

Au lieu de confier la responsabilité de décider de la guerre en notre nom à l'Europe, une Conférence pour la paix et la sécurité en Europe sera réunie pour résoudre les tensions inquiétantes à l'est du continent, et les problèmes par exemple qui se posent avec le Brexit. Il s'agit de conjuguer le principe d'intangibilité des frontières avec le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Une défense française indépendante et nationale, y compris dans la fabrication des équipements actuellement sous influence américaine, sera reconstruite. M. Mélenchon veut arrêter complètement le nucléaire mais gardera la force de dissuasion en travaillant au désarmement nucléaire multilatéral.

Gdalia Roulin, 30 mars 2017.

 

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