Pour la paix, non à la guerre

L'OTAN nous place dans des jeux d'alliances automatiques extrêmement dangereux au service des USA, la première puissance guerrière et belliqueuse du monde avec 40% du budget militaire mondial, égal au double de la somme des dépenses de la Chine et de la Russie en la matière. Que serait l'« Europe de la défense sinon un appendice de l'OTAN puisque 22 nations euopéennes appartiennent à l'OTAN ?

La paix ne va pas de soi et nous vivons sur une poudrière, où le gouvernement des USA se conduit comme un shérif universel à volontiers juger et exécuter sans procès, et nous venons de voir M. Trump décider seul en un jour de larguer 59 missiles sur une base syrienne, sans mandat international et sans respecter les formes constitutionnelles de son pays, en réponse, dit-il, à l'attaque chimique perpétrée sur un village des « zones libérées ». Mais prétendre sérieusement en connaître les auteurs avant qu'une enquête sérieuse ait pu avoir lieu, et agir en dehors de toute structure légale, est-ce admissible ? M. Assad était pourtant sensé avoir détruit toutes ses armes chimiques il y a un an ? Dans le même temps, apparemment pour montrer « sa force » et pour la modique dépense de 16 millions $, M. Trump fait larguer en Afghanistan la plus grosse bombe non nucléaire existante - qui n'aurait fait que 38 morts - sans que cela n'offusque personne, et le lendemain un porte-avion US provoque la Corée du Nord.

Et c'est aux basques de tels « chefs de guerre » et dans de tels non-sens politiques que nous traîne l'appartenance de la France à l'OTAN, où nous a ramenés M. Sarkozy (dont le premier ministre fut d'un bout à l'autre M. Fillon, faut-il le rappeler). OTAN dans le cadre duquel M. Hollande continue à suivre aveuglément les desiderata des USA. Et tant M. Hollande que Mme Merkel se sont empressés d'approuver M. Trump dans ses œuvres guerrières ! Si M. Trump osait s'en prendre à la Chine, qui menace l'hégémonie des USA de par le simple fait qu'elle est devenue le premier vendeur du monde, et que donc sa monnaie pourrait logiquement détrôner le $, allons-nous suivre ? Quand les USA installent des bases américaines et des batteries de missiles anti-missiles aux frontières russes, qu'ils déploient tout récemment des troupes dans plusieurs pays de l'UE, qu'ils ont manœuvré pour faire entrer l'Ukraine dans l'OTAN, alors qu'un traité stipule que les frontières doivent rester intangibles, l'OTAN ne devant pas installer de bases près de la Russie, faut-il suivre ? Devons-nous suivre dans les guerres du pétrole au Moyen-Orient ? Ou nous émanciper de cette logique d'accaparement et choisir d'ailleurs la planification écologique qui nous délivrera des dominations du pétrole et de l'uranium.

L'OTAN nous assigne à respecter des jeux d'alliances automatiques extrêmement dangereux au service des USA, la première puissance guerrière et belliqueuse du monde avec 40 % du budget militaire mondial, égal au double de la somme des dépenses de la Chine et de la Russie en la matière. Quant à l'« Europe de la défense », que pourrait-elle être d'autre qu'un appendice de l'OTAN puisque 22 nations européennes appartiennent à l'OTAN ? L'idée de M. Hamon reprise par M. Macron d'un Quartier Général européen qui déciderait au-dessus de chacun des pays membres, et d'équipements mutualisés, nous ôterait définitivement toute liberté.

Mais la France a les moyens de son indépendance et elle peut être une force de paix dans le monde. Elle est la première puissance militaire de l'UE et dispose de la dissuasion nucléaire, qu'il ne peut être question d'utiliser à la moindre déstabilisation de l'un des pays de l'Europe. Le pays doit reprendre la maîtrise de ses décisions et de ses armées, dont actuellement la plus grosse partie de l’État-Major est à l'OTAN plutôt qu'en France, tandis qu'une partie des équipements militaires dont des logiciels informatiques sont fabriques aux USA !

Seul le programme de M. Mélenchon est complet et cohérent sur ce chapitre. Tout d'abord lui seul parmi les candidats veut mettre fin à la monarchie présidentielle qui permet à un seul homme de déclarer la guerre. Et il dit : « Nous ne voulons pas de guerre. Et nous savons pourvoir à la paix par des moyens de paix. Raison pour laquelle en toutes circonstances nous voulons commencer par la négociation et non pas terminer par elle après qu'on ait massacré je ne sais combien de milliers de gens. Nous ne voulons pas être entraînés à la faveur de chefs irresponsables et de bénis oui-oui dans des guerres dont nous ne savons pas qui les commence ni comment on les terminerait ».

S'il est élu, nous sortirons de l'OTAN et des traités européens actuels. Négocier avec tous les gouvernements impliqués ne signifie pas avoir des sympathies suspectes pour un dictateur ou un autre, surtout s'agissant de quelqu'un qui s'est battu toute sa vie pour défendre les droits de l'homme, contrairement à d'autres qui commercent militairement sans scrupule avec l'Arabie saoudite, le Qatar ou auparavant M. Ben Ali etc. etc. Il s'agit justement de ne pas être alignés, de respecter la souveraineté des peuples, leur droit à l'autodétermination, d'agir pour renforcer l'ONU, de refuser toute intervention militaire sans mandat de l'ONU, seul organe légitime garantissant la sécurité collective, de revoir les alliances hypocrites avec les pétromonarchies, de construire la paix en Syrie et en Irak par la mise en place d'une coalition universelle sous l'égide de l'ONU et de promouvoir la paix en Palestine-Israël en reconnaissant l'État palestinien et en appuyant la solution à deux États. Et en Europe de réaliser non pas une alliance guerrière, mais une Conférence sur la Sécurité de l'Atlantique à l'Oural, n'incluant donc pas les USA, sous l'égide de l'OSCE (Organisation de Sécurité et de Coopération en Europe) qui existe déjà. Et d'instaurer d'autre part des coopérations internationales pacifiques de commerce, qui ne détruisent pas les économies locales comme le font les traités de libre échange bilatéraux.

Il s'agit de construire la paix.

Gdalia Roulin, lundi 17 avril 2017.

 

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