Faire leur fête aux travailleurs !

En démocratie, qu’y aurait-il de mal à ce que les citoyens s’expriment et choisissent ensemble leur avenir avec voix décisionnelle au chapitre ? En quoi cela devrait-il relever de quelque force armée que ce soit ? Mais le gouvernement tente de discréditer et d’écraser ses opposants Gilets Jaunes et FI par tous les moyens et poursuit sa politique inégalitaire, liberticide et toxique climatiquement.

Faut-il reparler des innombrables attaques contre les libertés commises par M. Macron et sa majorité depuis 2017 ? Et d’ailleurs à quoi bon élire un député qui ne vote pas en toute indépendance ? En quoi la discipline de vote serait-elle démocratique ?

La «représentativité» à laquelle tiennent tant M. Macron et ses semblables nous enjoint de désigner l’élite qui sera «aux manettes», et nous interdit de voter sur les contenus politiques. Les opposants sont brocardés de mille façons comme s’il était souhaitable d’avoir une pensée unique. Être en désaccord, même s’agissant d’ignominies, ferait désordre ! L’avis des citoyens n’est que consultatif. Ou il est trahi, comme le vote des Français en 2005 contre le TCE, signé peu après sous un autre nom. Les citoyens qui reprennent l’initiative sont déclarés hors-la-loi, tels les indépendantistes catalans coupables d’avoir organisé un référendum. Quant au RIC, M. Macron n’en veut pas : il «ne permet pas de prendre les décisions difficiles...».

Nous sommes soumis aux volontés d’un président élu en premier choix par 18% d’électeurs, quelles qu’aient été leurs raisons que rien n’indique clairement, après une campagne qui n’est faite du coté des gagnants habituels que de jeux d’influences, de coups de com., de quasi manipulation mentale, comme si l’hypocrisie pouvait le moins du monde fonder un fonctionnement démocratique ! Les institutions ne prévoient surtout pas de mandat impératif ni de possibilité de révoquer les gouvernants, nul moyen de contrôle ni de sanction de leurs mensonges ou de leur incompétence, jusqu’à la prochaine mascarade réinstallant l’élite exerçant son pouvoir sur des citoyens qui en sont privés, au point que lorsque ces derniers manifestent par dizaines de milliers, avec le soutien reconnu de la grande majorité de la population à leurs revendications de justice sociale et de démocratie non pas illusoire mais réelle, le gouvernement avec la complicité des médias dominants aux mains de l’oligarchie, loin d’écouter ce que le peuple a à dire ni de vouloir sincèrement améliorer le sort de ceux qui n’ont plus rien le 10 du mois, tente de discréditer et d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes par tous les moyens : mépris, calomnies, répression d’une violence scandaleuse et d’ailleurs illégale, le pouvoir s’employant avec la plus grande diligence à faire passer des lois scélérates qui mettent la France au rang des plus vils régimes despotiques. Ainsi la loi dite «anti-casseur» permet de condamner celui qui protège son visage des couches épaisses de lacrymogènes banalement largués sur ceux qui manifestent. Ou celui qui passe à proximité d’endroits où des violences seront commises…

Comment qualifier les fouilles et gardes à vue préventives en masse à tous les accès aux lieux de manifestation prévus, les nasses et charges, les tirs tendus de LBD et les matraquages à terre, les humiliations, les gifles en passant ? Si une bonne part des forces de l’ordre sont en réalité proches des Gilets Jaunes et pourraient fraterniser, ce que le pouvoir s’emploie à éviter à tous prix, d’autres n’ont aucun scrupule à blesser des personnes désarmées qui exercent leur droit constitutionnel à manifester, sachant que les dites forces de l’ordre sont là en principe pour faire respecter la légalité, ce qui en l’occurrence n’est pas le cas, sous les ordres de leur hiérarchie, et en dernier ressort du gouvernement qui les soutient et les félicite sans jamais regretter les milliers de blessés et les mutilations chez les manifestants. Des brutalités ciblent délibérément la presse. Depuis quand serait-ce normal que des journalistes subissent des assauts policiers et des empêchements d’exercer leur métier ? «À Toulouse, plusieurs journalistes ciblés par la police, blessés, et dont le matériel fut saisi. Une équipe télé délibérément visée par un canon à eau. À Paris, coups de pieds, insultes, entraves à la captation vidéo. Plusieurs journalistes attestent de blessures, visés par des tirs de LBD40, des tirs de gaz lacrymogènes, touchés par des grenades de désencerclement». 150 intimidations, insultes, entraves à la liberté de la presse à ce jour. Les 96 journalistes et 30 médics victimes, entre bien d’autres, n’étaient pas des «casseurs». Ni le député de la France Insoumise agressé à Montpellier par les forces «républicaines». On a vu qualifier «d’arme par destination» des caméras professionnelles et tant de lunettes de piscine…

Non seulement la police, mais la justice sont instrumentalisées politiquement.

Pourtant en démocratie, qu’y aurait-il de mal à ce que les citoyens s’expriment, et choisissent ensemble leur avenir avec voix décisionnelle au chapitre ? En quoi cela devrait-il relever de quelque force armée que ce soit ? Que signifie cette «représentativité» qui n’a rien de plus pressé que de faire taire ceux qu’elle veut abuser et laisser pour compte ?

L’exemple de la Pitié-Salpêtrière est flagrant : on nous répète en boucle que des Gilets Jaunes ont attaqué le service de réanimation de l’hôpital et dégradé du matériel. Une « info » bidouillée. Des manifestants – aucunement des casseurs - dont d’ailleurs du personnel hospitalier mobilisé contre la casse gouvernementale de leur service public et un journaliste de Médiapart, fuyant lacrymos et charges poursuites de CRS se sont retrouvés sur le parking de l’hôpital, quelques-uns empruntant un escalier de service sans savoir qu’il menait au service de réanimation, qu’ils ont complètement respecté, se faisant sauvagement agresser par les CRS à leurs trousses jusque dans l’hôpital !

Depuis 6 mois le gouvernement fait tout pour semer la peur. L’essoufflement du mouvement est annoncé chaque samedi. Le nombre de personnes mobilisées est falsifié. La responsabilité des violences est reportée sur les Gilets Jaunes amalgamés de plus en plus aux «casseurs», comme si on pouvait définir un mouvement rassemblant des foules de citoyens à quelques énergumènes, dont, allez savoir, certains sont à la solde du pouvoir pour casser le mouvement. S’il n’était en disgrâce officielle, M. Benalla n’aurait-il pas excellé dans ce genre de rôle ? Et le gouvernement poursuit tambour battant sa politique inégalitaire, continue d’attenter aux libertés – et à nuire au climat.

Gdalia Roulin, 6 mai 2019.

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