La famille Bernanos réagit à l'arrestation d'Antonin

Le 5 décembre, à 6h00, la police a fait violemment irruption dans l'appartement de la mère d'Antonin Bernanos, détruisant la porte à coups de bélier. Un acte extrêmement brutal, qui l'a conduit le soir-même à Fleury Mérogis, en exécution du délibéré rendu le 11 octobre, et qui court-circuite les démarches d'aménagement de peine auxquelles il avait droit dans ce même délibéré.

Hier, à 6h00, la police judiciaire du XVIIe arrondissement a défoncé la porte de l’appartement de la mère d’Antonin Bernanos, sans présentation ni sommation, pour interpeller Antonin, afin de faire appliquer immédiatement sa peine dans l’affaire de la voiture brûlée (5 ans de prison de 2 avec sursis). Cette « visite » de la police s’est faite dans la plus grande violence, la vingtaine d’officiers ayant envahi l’appartement sans laisser le temps à Antonin de s’habiller et de préparer son incarcération.

Les agents de police ont prétendu, pour justifier la violence de cette arrestation, qu’Antonin n’avait pas respecté un contrôle judiciaire ; ce motif s’avère largement imaginaire dans la mesure où depuis sa condamnation, Antonin n’est soumis à aucun contrôle de ce type.
Cette procédure expéditive traduit la ferme volonté de court-circuiter la stratégie judiciaire d’Antonin et de le mettre en prison dans le silence médiatique le plus total. À la suite des délibérés, puisqu’il n’avait pas fait l’objet d’un mandat de dépôt, Antonin Bernanos aurait normalement pu être convoqué par le juge d’exécution de la peine, afin de convenir d’une date de mise sous écrou et de pouvoir envisager de négocier un aménagement de peine. Sans nouvelles depuis octobre dernier, date des délibérés, Antonin est arraché à son domicile. Il lui est donc retiré le droit de demander un aménagement avant de longs mois passés en prison.

Cette procédure à l’encontre d’Antonin s’avère extrêmement brutale, et accable encore davantage sa famille. Alors qu’Antonin est à la veille de ses partiels universitaires, cette décision violente, inopinée, sabote délibérément sa reprise d’étude ; une incarcération immédiate vient mettre en péril ses projets d’insertion universitaire et l’élaboration d’un projet de recherche dans le cadre de son Master de sociologie.
Depuis la prison de Fleury Mérogis où il a été incarcéré, Antonin ne sera plus en mesure d’envoyer un dossier complet en vue d’un aménagement de peine : comment justifier de sa reprise d’études, de son assiduité, de son insertion dans le laboratoire, s’il ne peut pas participer à des partiels, rencontrer des directeurs de recherche et assister à des séminaires ? Cette décision fournit une fois encore la preuve d’un acharnement judiciaire du ministère public à l’encontre d’un militant antifasciste, elle vise à confirmer les mesures répressives et la vengeance de l’État à la suite du mouvement loi travail.

Article de L'Humanité du 6 décembre 2017 - Antonin jeté brutalement en prison Article de L'Humanité du 6 décembre 2017 - Antonin jeté brutalement en prison

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