La guerre contre Assa Traoré est déclarée

En une dizaine de jours, voilà donc une deuxième procédure lancée contre Assa Traoré. Il y a aujourd’hui dans la police et la Justice des individus qui mettent tout en œuvre pour nuire à Assa Traoré. La loi, ça n’existe pas. Il y a des individus qui occupent des positions dans l’appareil d’État et qui utilisent la Loi pour cibler et combattre certaines personnes ou luttes.

En une dizaine de jours, voilà donc une deuxième procédure policière et judiciaire lancée contre Assa Traoré. Le 1er octobre, Assa Traoré était convoquée par la police pour être mise en diffamation pour avoir divulgué les noms des gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré (https://www.clique.tv/assa-traore-convoquee/).

 
Aujourd’hui, elle est à nouveau convoquée par la police. Le motif montre en lui-même le caractère d’acharnement pur de cette procédure : La police invoque le fait que, pour un pique-nique organisé il y a 2 ans à Beaumont-sur-Oise, il y avait un jeu de boxe pour les enfants. Il s’agirait alors d’« un événement sportif non déclaré » et Assa serait responsable alors de plusieurs délits (https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=692896947787473&id=160752057668634&__xts__)

C’est ubuesque. Mais c’est réel. Et c’est légal.

Ce que nous révèle la succession de ces deux faits c’est qu’il y a aujourd’hui dans la police, dans la gendarmerie, et au parquet des individus qui ont décidé de tout mettre en œuvre pour nuire à Assa Traoré, pour lui nuire financièrement ou pour lui nuire personnellement en utilisant les prétextes les plus ridicules. C’est donc une guerre personnelle qui est déclarée envers Assa Traoré, et contre laquelle il faut réagir avec la plus grande intensité.

Cette guerre est d’abord économique : toutes les procédures coûtent extrêmement chères. Et il faut toujours rappeler, au delà de notre indignation, la nécessité de soutenir financièrement le combat Adama ici : https://www.okpal.com/adama-traore

Ce sont nos impôts qui financent les procureurs, les gendarmes, les policiers qui persécutent Assa. « L’Etat prend notre argent pour nous faire la guerre » disait Assa dans le Combat Adama… Et contribuer à la cagnotte c’est aussi essayer de rétablir un peu l’équilibre…

Mais aussi, on voit que la police et les autorités judiciaires n’ont même plus le souci de la respectabilité et de la décence. Ils savent que c’est ridicule, que c’est honteux, que c’est pathétique, que c’est indigne mais ils le font quand même car ils ne sont pas avec nous dans une optique de « légitimité » : ils font la guerre coûte que coûte. Ils savent que c’est un combat perdu en termes d’image et de vérité alors ils cherchent juste à détruire l’adversaire à travers les armes qui sont à leur disposition.

La loi, ça n’existe pas. Il y a des individus qui occupent des positions dans l’appareil d’État et qui utilisent la Loi pour cibler, combattre, et peut-être éliminer socialement ou pénalement certains individus. Il est important de rappeler que, dans l’histoire politique, l’existence de forces étatiques et officielles qui se sont fixés comme objectif de dissoudre des ennemis politiques, n’a rien de fantasmatique : c’est réel. Ça a existé et ça a été prouvé. Par exemple, on connaît aujourd’hui les notes du FBI qui montrent les stratégies conscientes déployées pour défaire le Black Panther Party, qui était alors perçu par l’agence comme l’un des principaux dangers pour l’ordre public américain : mises en prison, accusations de trafics, inculpation, circulation de rumeurs pour les discréditer, etc.

Aujourd’hui, c’est une guerre de cette nature qui se joue contre le Combat Adama. Elle a visé les jeunes de Beaumont, Persan et Champagne ; elle a visé les frères d’Assa, aujourd’hui elle vise Assa Traoré.

La guerre contre Assa Traoré est déclarée. Et c’est à nous de nous mobiliser pour l’aider à la gagner

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