‪« La rencontre avec un policier est le touché-touchant du sujet politique ».

‪‪Entretien avec Emmanuel Moreira pour la Revue La Vie Manifeste à l'occasion de la parution de « La conscience politique »

« La rencontre avec un policier est le touché-touchant du sujet politique ». ‬

‪Entretien avec Emmanuel Moreira sur « La conscience politique ».

Il est écoutable  en cliquant ici

 

© laviemanifeste

« Entre ma volonté et l’ordre juridique, ce qui s’affronte lorsqu’il y a affrontement ce sont deux volontés : ma volonté d’un côté et, de l’autre, la volonté d’autres personnes soutenues par la police et un appareil répressif. Qui dit loi dit confrontation, et c’est à partir de la scène de la confrontation que nous devons comprendre les rapports politiques. (…) La question politique surgit d’abord dans le cadre d’une expérience où je suis confronté à une volonté qui n’est pas la mienne, qui m’est imposée de l’extérieur par un ordre qui m’a capturé et qui dispose de la police et de la menace de l’appareil pénal. (…) Parce que la réalité de la politique réside dans l’acte de confrontation avec l’ordre juridique, l’individu de référence de la théorie ne doit pas être le député, le juge, le président. ça doit être cette autre figure, quasi totalement absente des principaux écrits ou totalement marginalisée ; le délinquant, le terroriste, le braqueur, le clandestin, l’anarchiste. On pourrait dire que l’homme arrêté par la police doit devenir le cadre de référence de la théorie et que c’est à partir de lui que nous devons penser l’homme non arrêté par la police.

(…)

« On pourrait dire que la rencontre avec un policier est le touchant-touché du sujet politique, l’action à travers laquelle le sujet comprend physiquement sa situation d’être politique comme sujet entravé par la volonté d’autrui – via l’Etat. (…) L’expérience politique, ce n’est pas le moment où je contracte, c’est le moment où je me fais arrêter – c’est le fait d’être toujours arrêtable. »

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