Je ne peux plus supporter que les médias présentent Emmanuel Macron comme un candidat "progressiste", "libéral", qui se situerait au delà du clivage droite /gauche. Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est libéral je regarde ses propositions sur la prison, la drogue ou les droits des minorités - puisque normalement le libéralisme contient une critique de la répression, de la pénalisation des drogues et est favorable aux droits individuels. Mais Macron développe un programme répressif·: il veut construire plus de prisons, il veut donner plus de pouvoirs à la police, il est pour le maintien de l’interdiction des drogues, même du cannabis. Ce n’est pas un libéral. C’est un conservateur, un homme d’ordre….

C’est aussi un insulteur. Certaines scènes sont célèbres, comme lorsque, il y a quelques mois, alors qu’il était encore ministre de l'Economie, il a reproché à un ouvrier de le tutoyer parce que, pour lui « un ouvrier ne tutoie pas un ministre ». Macron est un homme de la hiérarchie et de l'obéissance.

Récemment, dans Têtu, il s'est opposé à l'avancée des droits des transgenres en disant que cela choquait la "psyché collective française" ! Comme si les transgenres n'appartenaient pas à la psyché collective, comme s'ils étaient un corps étranger à la France...

Macron est un personnage inquiétant.

Economiquement, son programme consiste à démanteler le droit du travail qui protège les salariés, et donc, là encore, à renforcer l'ordre - l'ordre des classes sociales, l'ordre de la soumission aux patrons et des hiérarchies dans l'entreprise.

Il veut appliquer les recommandations les plus néolibérales de la Commission Européenne pour démanteler l’assurance chômage, l’assurance santé, l’assurance retraite (https://www.mediapart.fr/…/programme-macron-un-copier-colle…)

Macron n'est pas progressiste mais un réactionnaire. C’est un technocrate nourri au spiritualisme chrétien, et c’est le pire des mélanges.

Dans son livre, il dit que le problème actuel de la France est l'égalitarisme... Comme si le problème en France est qu'il y a trop d'égalité… C’est obscène

Cet éloge de l'ordre, de la hiérarchie, et de l’obéissance, cette figure de l'homme providentiel qui communie avec le peuple, cette haine de l'égalité, tout cela forme une configuration inquiétante qui est, selon moi, tangente au fascisme.

Macron n'est pas une alternative à Le Pen. Ils sont tous les deux les produits d'une même configuration et d'un même climat.

 

Le reste du journal dont cet extrait est tiré est disponible ici, où je parle aussi de l'acte de voter, d'Efriede Jelinek,  de l'Université américaine et du rôle des intellectuels, ou encore de ce que voudrait dire adopter un point de vue mondial sur le monde: http://journal.fft-duesseldorf.de/chronicle/lagasnerie_fr.html

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