Fuite, contrôle et ordre policier

Le samedi 4 mai, à Lille et le dimanche 5 mai à Massy, deux journées de mobilisation et de réflexion sur l'ordre policier, la fuite, le contrôle en soutien notamment aux familles de Sélom (20 ans), Matisse (18 ans) et Curtis (17 ans) morts alors qu'ils fuyaient la police

Fuite, contrôle et ordre policier

 Le samedi 4 mai, à Lille, à la bourse du travail, Assa Traore et moi participerons à une journée contre les crimes policiers et nous y présenterons notre livre "Le combat Adama" pour parler de la police, du racisme, des pouvoirs mais de la répression dans les quartiers et celle des mouvements sociaux. Toutes les infos :https://www.facebook.com/events/2104121919637247/

 Nous venons également en soutien aux familles de Sélom et Matisse, 20 et 18 ans, percutés en 2017 par un TER dans le quartier de Fisves alors qu’ils fuyaient une patrouille de la brigade spécialisée de terrain qui venait de pénétrer dans la cité Saint-Maurice matraque à la main.

 Le lendemain, dimanche 5 Assa et moi serons à Massy avec également Youcef Brakni du Comité Adama et Mamadou Camara du Comité Justice pour Gaye avec également Youcef Brakni du Comité Adama en soutien à Curtis, 17 ans, qui a été percuté un bus en tentant d’échapper à un enieme contrôlé à Antony en 2017 Toutes les infos : https://www.facebook.com/events/867903713560063/

Cette question de la fuite, du contrôle, de la course poursuite forme l’un des enjeux essentiels pour comprendre l’ordre policier, et ce qui se passe dans les quartiers. Il y a de très nombreux garçons qui meurent dans le cadre d’une fuite/poursuite. On l’a vu récemment à Grenoble le 2 mars avec les morts d’Adam et Fatih.

C’est l’un des enjeux que nous abordons dans le combat Adama puisque, dans l’histoire d’Adama, il est question aussi de fuite et de gendarmes qui courent derrière un noir qui court : on pose souvent la question : pourquoi les jeunes fuient ? Et la fuite est en effet un problème très important pour comprendre l’ordre policier et son emprise psychique, le sentiment d’appartenance, le rapport aux institutions.

Mais la question devrait aussi largement être : Pourquoi la police court-elle après quelqu’un qui fuit, le met en danger quitte à le pousser à la faute et à aboutir à son élimination ? Que signifie la course poursuite ? Qu’est-ce qu’elle révèle sur la perception du corps noir dans l’espace public par la police -comme corps à attraper ?

En quoi est-elle l’une des formes que prend les systèmes d’éliminations que subissent les jeunes garçons lors et arabes dans les quartiers populaires ?

Les jeunes qui meurent dans ces contextes sont autant des victimes de l’ordre policier que ceux qui meurent directement entre leurs mains. Il y a un rapport en effet entre l’omniprésence des contrôles, la fuite et une logique de la mise à mort : D’un point de vue dynamique, chaque contrôle semble avoir pour fonction de réactiver chez celui qui le subit la pulsion de fuite, de l’accentuer comme s’il s’agissait en fin de compte de le pousser à la faute, de le pousser à bout – et ainsi d’aboutir à son élimination sociale, par la prison (pour rébellion ou outrage par exemple) ou, qui sait, à son élimination tout court

Ces deux journées sont des journées de soutien, de mobilisation mais aussi de confrontation à ces sujets

Le 4 mai, rencontre autour des crimes policiers, à Lille et présentation du Combat Adama : https://www.facebook.com/events/2104121919637247/

 

Le 5 mai, Vérité pour Curtis COMMÉMORATION ● PRISES DE PAROLE ● RENCONTRES https://www.facebook.com/events/867903713560063/

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