Géographies en mouvement
Manouk BORZAKIAN (Lausanne), Gilles FUMEY (Sorbonne Univ./CNRS). Renaud DUTERME (Arlon, Belgique), Nashidil ROUIAI (Université de Bordeaux).
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Billet de blog 16 déc. 2021

Géographies en mouvement
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Laissez la place aux femmes !

Le monde vu par les femmes n'est pas tout à fait celui des hommes. Et pour cause... L'infernale division des tâches qui les a assignées à résidence a du mal à être remise en cause. Un combat mené à l'échelle planétaire pour une égale dignité de celles qui sont la « moitié du monde ». (Par Gilles Fumey)

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On a écrit des femmes qu’elles représentaient la «moitié du monde». Une évidence qu’il semble curieux de rappeler tant ce fameux «monde» semble être formaté par les hommes et pour eux. Chantal Cabé dans l'Atlas des femmes les remet comme actrices, les sort de ces assignations sociales au travail, dans les familles et, finalement, les place à leur juste part dans l’Histoire.

Michelle Perrot donne d’emblée le ton de ce défi éditorial : abolir la domination masculine au 21e siècle. Se passer de l’agora grecque masculine et du gynécée féminin, abaisser les frontières de ce que les Anglais appelaient les « sphères » publique et privée, récuser cette idée de l’honneur qui conduit aux féminicides. Tout cela pour mettre en valeur ce qu’on doit aux femmes : la « civilisation des mœurs » décrite par Norbert Elias qui est une exigence des femmes « n’en pouvant plus des soudards malodorants », tout comme le mariage d’amour souhaité par les femmes et qui « devient la norme à la fin du 20e siècle ».

Où sont les femmes ?

Les infographies montrent qu’elles « manquent » surtout en Asie : rien qu’entre Inde et Chine en 2020, ce sont 10,5 millions de femmes qui ne sont pas nées par sélection à la naissance. Dans l’égalité de genre, les plus vertueux sont l’Islande, la Norvège et la Finlande ; les plus inégalitaires, l’Afghanistan, le Yémen et l’Irak. Les positions bougent grâce à des « vagues » de courants féministes dont l’amplitude n’a cessé de s’accroître depuis 1990.

L’atlas explore « l’histoire côté femmes » en commençant par Artémise 1ère d’Halicarnasse (480 av. J.-C.), reine perse commandant cinq navires à la bataille de Salamine face à des Grecs outrés d’avoir à se battre contre une femme. Il cible Wu Zetian (674), impératrice de Chine soucieuse des femmes sans-abris, Catherine II de Russie (1762), Rosa Luxembourg (1916), Lise Meitner (1939), Greta Thunberg (2019)…

Wu Zetian, impératrice de Chine (625-705)
Avides de pouvoir ?

Pour Claudine Cohen (EHESS), les femmes préhistoriques nous apprennent la célébration du féminin dans des sociétés égalitaires alors qu’en Egypte, les femmes règnent à la maison, à l’exception de Hatshepsout, rare femme pharaon et son long règne (1479-1458 av. J.-C.) dans un royaume prospère. Les femmes romaines, mariées certes très jeunes et sans droit de vote, étaient éduquées, pouvaient divorcer, gérer leur fortune et même exercer une influence politique. Tout comme dans la Chine des Tang où des sportives, guerrières, poétesses, etc. qui, sans être les égales des hommes, peuvent même accéder au pouvoir suprême, comme Wu Zetian qui l’exerça pendant vingt-deux ans. Alors que dans le Moyen Age chrétien, les « dames n’étaient pas si soumises ». On retient le cas d’Aliénor d’Aquitaine, deux fois reine, qui contredirait celui de Jeanne d’Arc, voire des béguines jugées « hostiles par le clergé patriarcal » à partir du 13e siècle, sans parler de l’épouvantable chasse aux sorcières durant laquelle furent brûlées « au moins 50 000 femmes » pour satanisme entre 1560 et 1660 parce qu’elles « gênaient l’ordre établi ». Et que dire de l’épouse du sultan Soliman, Roxelane, qui bouleversa les codes patriarcaux de l’Empire ottoman, avec des femmes du harem impérial, mères ou épouses de sultans exerçant « une redoutable force politique » ?

Les religions ont-elles fait mieux ? La place des femmes n’y est pas de premier plan, mais certaines femmes sont « célébrées pour leur vertu, leur foi, leur courage », tout comme les nonnes qui durent surmonter écueils et préjugés avant d’être acceptées dans les écoles bouddhistes.

Des sociétés inégalitaires ?

Au vu du travail des chercheuses comme Cynthia Eller qui confirme qu’il n’y « probablement jamais eu de société matriarcale », on serait tenté d’inverser la tête du chapitre qui se posait la question d’une égalité possible, quand bien même des sociétés matrilinéaires auraient existé. Comment penser le cas des femmes de la civilisation Sqaw en Amérique du Nord, cavalières nées, craintes par les colonisateurs ? Et du cas de Juchitan de Zaragoza avec des femmes zapotèques perpétuant une tradition matrilinéaire (où elles choisissent leur mari et sont mises à l’honneur), cas sans doute trop rare pour être emblématique ? Tout comme les femmes du monde touareg du Ténéré au Niger, des femmes bemba de Zambie, des Khasis dans l’Etat indien du Meghalaya, voire des peuples d’Océanie  qui ont pu, ici ou là, tenir leur place.

Bernadette, enfant de Lourdes au 19e siècle, à l'origine de premier lieu de pèlerinage d'Europe
Régression au 19e siècle ?

La situation la plus courante pour les femmes est celle de la discrimination. Ainsi, Elisabeth Badinter affirme-t-elle que « la Révolution a fait des femmes des citoyennes passives » alors que l’aristocratie était libérale à l’égard des femmes. Aux Etats-Unis, le combat contre l’esclavage prend des formes singulières avec la révolte de 51 femmes menées par Penelope Barker en 1774 qui va aboutir à des prises de parole, des conquêtes du droit de vote. Dans le monde industriel du 19e siècle, les ouvrières surexploitées, « seules dans la lutte » au bas de l’échelle dans les usines se battent pour faire valoir leurs droits et leur légitimité au sein des syndicats. Alors que dans la bourgeoisie européenne, les femmes sont corsetées dans leur rôle de maîtresse de maison, avec un rare espoir d’émancipation[1], « sauf à devenir veuve ou rester vieille fille ». Ou incapables juridiquement de faire valoir leur liberté de gérer leurs biens lorsqu’elles en héritent.

Ecartées du monde

Du côté culturel, l’Atlas des femmes fouille en Assyrie, au 22e siècle avant notre ère, pour dénicher une prêtresse de la déesse lunaire Inanna à Uruk (Irak) qui, pour Alice Le Clézio, serait la première femme écrivain. Ce qui n’a pas empêché les femmes – sauf quelques brillantes exceptions – d’être condamnées au silence jusqu’au 18e siècle et d’être toujours mal représentées par les prix (11,5% de Nobel, 8,4% de Goncourt). Ecartées des grandes écoles d’art en France et dans les pays voisins, elles peinent à s’imposer dans les musées. Alors qu’elles gagnent un peu en visibilité dans le monde scientifique. Dans les sports aussi où les attributs masculins étaient valorisés jusqu’à ce que des palmarès féminins (celui de la skateuse brésilienne Leticia Bufoni et ses cinq médailles d’or aux X Games) parviennent à bousculer un sexisme tenace.

Les cartes des discriminations, des mutilations sexuelles, des tortures sont des outils qui conduisent à connaître les processus d’émancipation malgré ce qu’on sait des inégalités face au plaisir. « Les Françaises à la conquête du plaisir sans tabous » montrent ce que sont les grossesses non désirées et, plus généralement, les préjugés « empêchant de vivre pleinement sa sexualité ». Autant de constats conduisant pour l’Américaine Carol Gilligan, la fondatrice du Care à déplorer que « le patriarcat se nourrit du sacrifice de l’amour ». Le cas des Nigérianes en guerre contre l’ordre colonial, des Européennes contre l’assignation à résidence « au foyer », de millions de femmes mariées toujours discriminées, de celles qui se battent pour une meilleure éligibilité (« pour avoir voix au suffrage »), pour ne plus ê

tre minoritaires dans les instances de décision du pouvoir, pour obtenir un meilleur accès à l’emploi, pour ne plus être « la cible d’injonctions du code vestimentaire ». La guerre, l’art de la guerre, ce peut être celui des femmes kurdes qui s’émancipent au fil de leurs combats : en Irak, les femmes investissent le parlement et en Syrie, elles représentent la moitié des assemblées délibératives alors qu’en Turquie, seuls 100 sièges sont accordés aux femmes sur 600 députés.

#MeToo, un tsunami ?

Joni Seager, géographe américaine, assure qu’avec la cartographie, on peut mettre en lumière les discriminations et violences à l’égard des femmes. L’avancée du mouvement #MeToo est encore très lente sur la carte mondiale, notamment en Asie où les cultures résistent plus fortement et plus subtilement aux demandes des femmes. Plus prosaïquement, la scolarisation des filles accuse des retards considérables en Afrique subsaharienne et dans certaines sociétés d’Asie du Sud. En prenant la gestation pour autrui (GPA) – « liberté ou marché du corps » -, on note que même d’un Etat à l’autre, à l’intérieur des Etats-Unis, la législation change. Tout comme à l’échelle mondiale où l’autorisation de faire appel à une mère-porteuse pour avoir un enfant est rare – mais avance inexorablement.

Du point de vue occidental, « la Chine attend toujours sa révolution féministe », après avoir prôné l’égalité des sexes sous l’ère maoïste et avec « un rôle social qui se restreint souvent à la maternité ». « Naître en Inde est une condition à haut risques » prévient Sophie Landrin, qui met en cause « la religion et les traditions ». Pour la juriste et théologienne Aïcha El-Hajjami, dans le monde musulman méditerranéen et asiatique, des courants féministes revendiquent des droits féminins à partir du référentiel religieux. Tandis que dans le monde chrétien, la misogynie a déserté l’essentiel des sociétés protestantes du Nord de l’Europe, mais reste présente dans le catholicisme et dans le bunker du Vatican en dépit des turpitudes d’un clergé incapable, pour une part non négligeable, de vivre des idéaux dont il se réclame.

L’égalité est aussi dans l’urbanisme qui a longtemps été pensé pour les hommes. Nombreuses sont les femmes qui craignent l’espace public. « Une injustice que les politiques urbaines seraient en mesure de réduire ». Une carte de « l’usage genré de la ville » de Grenoble est, de ce point de vue, édifiante. Des étudiants montrent les formes de circulation en groupe et les lieux d’évitement…

Femmes en politique © Unwomen.org
Crimes sans frontières

Le plus terrible reste les féminicides dont la géographie marque une forme d’ubiquité mondiale. En Afrique subsaharienne, les viols constituent une arme de guerre régulièrement dénoncée dans les Grands Lacs où les matières premières de la révolution numérique abondent. Les plus féministes des pays riches partent en guerre aussi contre les représentations de la femme-objet, dans les sociétés de consommation, notamment objets sexuels. Sylvie Borau invoque la « féminisation » de l’intelligence artificielle « pour l’humaniser ». Tandis que les cartes montrent comment la beauté est une notion culturelle et subjective, poussant à des millions de femmes à demander des opérations d’augmentation mammaire, de chirurgie faciale en vue, notamment, des concours de Miss, compétitions à toutes échelles, du local jusqu’à « l’univers », avec des championnes du monde vénézuéliennes et porto-ricaines. #MeToo a révélé, grâce aux réseaux sociaux, l’ampleur des violences et agressions sexuelles dans tous les pays du monde, avec des volontés politiques de lutter très variables selon les cultures.

Un bilan qui laisse songeur Margaret Atwoo, écrivaine canadienne « nobélisable », auteure d’une fameuse dystopie féministe, Servante écarlate (1985) adaptée en série. Elle parie sur le lien entre écologie et féminisme pour que les jeunes femmes confrontées à la crise climatique qui s’amplifie puissent prendre leur place. Une occasion rêvée pour voir les femmes prendre toute leur place dans cette histoire contemporaine en enfantement.

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[1] On peut signaler le cas des voyageuses, dont la saga a été racontée par Françoise Lapeyre (Petite bibliothèque Payot, 2008).

A lire l'entretien donné par Camille Froidevaux-Metterie, "La nouvelle bataille de l'intime", Sciences humaines, janvier 2022. Pour la philosophe, les combats féministes actuels, orientés autour du corps et de la sexualité, marquent une nouvelle étape vers l'égalité entre les sexes.

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Extrait de La Géographie (Hiver 2011)

Echos de femmes qui refont le monde

Ouzbékistan. Elles choisissent un deuxième mari

Les femmes peuvent se marier à deux hommes, dans ce pays d’Asie centrale. Le deuxième mariage est tenu secret mais les secrets sont toujours de Polichinelle. Certains « premiers maris » ne connaissent pas le rival mais ceux qui savent font comme si de rien n’était. Ils veulent juste ne pas être abandonnés. Témoignage d’un homme, chauffeur de bus, qui rencontre souvent des femmes qui ont deux maris : « Il ne faut pas les juger, elles ne sont pas coupables. Chacune a ses raisons. Certaines ont un mari au chômage et, pour nourrir leur famille, elles doivent s’attirer les bonnes grâces d’un homme riche. D’autres n’aiment simplement pas leur mari. Les situations sont très variées. L’être humain n’a qu’une vie ». De l’avis de beaucoup, ce sont les conditions matérielles qui expliquent ces situations. Une femme peut très bien être mariée à l’état-civil pour le premier mari alors que son second mariage est célébré selon le rite musulman du nikah.
Deux maris, deux appartements. Le premier mari est au chômage, alors qu’il est responsable de ses quatre enfants. Cette  situation de « bi-andrie » - selon l’anthropologue russe Olga Broussina qui préfère ce mot à la polyandrie – serait-elle le pendant, non autorisé par l’Islam, de la polygamie ? C’est possible mais des sociologues avancent une autre hypothèse. La polyandrie est autorisée parce que les hommes ont peur des femmes faisant le trottoir qui pourraient transmettre des maladies vénériennes. En Ouzbékistan, ces débats de société ne sont pas ouverts alors que les religieux, chrétiens ou musulmans, sont farouchement opposés à ces pratiques.

Corée du Sud. Elles font la grève du mariage

Aucun jeune adulte n’aime se voir questionné par ses parents sur ses fréquentations amoureuses et le mariage attendu. En Corée, comme ailleurs. Et plus encore, lorsque l’horloge biologique des femmes fait craindre aux parents, aux oncles et tantes, qu’une jeune fille n’en vienne à se retrouver célibataire. Sauf qu’à Séoul, les jeunes femmes rechignent à se faire passer l’anneau au doigt malgré les innombrables entremises familiales pour aménager des rencontres. Une fois dans la trentaine, les femmes qui travaillent sont pour 40% d’entre elles, encore célibataires. Un nombre de trentenaires seules multiplié par trois dans les dix dernières années. Une vraie révolution car l’entrée sur le marché du travail a émancipé les femmes du confucianisme institutionnalisant la soumission de la femme en échange d’une protection juridique.
Les deux-tiers des femmes ont un emploi, avec une très grande majorité d’entre elles diplômées. De ce fait, le mari n’est plus indispensable pour sa subsistance. La pression des entourages familiaux est de moins en moins efficace. C’est cette situation nouvelle que les experts sud-coréens appellent la « grève du mariage », laissant les hommes sur le carreau, abaissant l’indice synthétique de fécondité à moins de 1,3. A quoi les femmes répondent que les équipements en crèches sont insuffisants, le travail mal aménagé et qu’elles ne sont pas au service des belles familles.

Suède. Sont-elles au paradis ?   

Les pays scandinaves sont en haut du palmarès des pays où l’on est heureux. Pour échapper à la sinistrose mondiale, on appréciera d’avoir un modèle où les femmes semblent avoir une « vie idéale »[1]. La Suède revenait de loin dans les années 1930 lorsqu’elle était confrontée à la dénatalité qui inspire les premières mesures en faveur des familles. L’abolition de l’imposition conjointe des époux en 1972 est un signal fort sur l’égalité des hommes et femmes quant à leur subsistance. La facilitation du divorce en 1973, le congé de maternité transformé en congé rémunéré de quatre cent quatre-vingts jours par enfant, l’accès à la crèche une fois ce crédit de congés épuisé et y compris pour les chômeurs, tout cela donne un cadre législatif favorable à un meilleur respect de ce que souhaitent les femmes.  
Le droit de vote a été acquis en 1921, la quasi parité des femmes obtenue au Parlement et au gouvernement, la croissance de leur nombre dans les postes de direction (un quart des dirigeants des entreprises privées sont des femmes aujourd’hui, la moitié dans la fonction publique), tout cela place-t-il la Suède en tête des pays égalitaires ? Pas tout à fait si l’on regarde les types d’emploi et, surtout, les salaires (avec 65% des diplômés de l’enseignement supérieur, elles gagnent en moyenne 84% du salaire des hommes). La montée des inégalités menacerait-elle aussi ce modèle issu de l’Etat-providence[2] ?

Tunisie, Egypte. Elles prennent le chemin de la politique

Pour Lilia Laabidi, ministre des affaires de la femme en Tunisie, la cause est entendue : la parité sur les listes électorales décrétée en avril 2011 est essentielle. Mais avec seize cent listes candidates dont seulement 5% sont portées par des femmes, le chemin vers l’égalité est escarpé. Les hommes se placent devant elles et les femmes rechignent aussi se propulser sur le devant de la scène, regrette l’avocate Bochra Belhaj Hmida de l’Association tunisienne des femmes démocrates : « Les femmes ont raté une occasion de prendre la place qui leur revient dans le débat politique, faute de solidarité ». Mais les militantes ont été parfois « l’objet de violentes campagnes d’intimidation et de diffamation » y compris sur Facebook et des blogs piratés. L’avocate craint qu’Ennahada « s’oppose à l’égalité entre homme et femmes en matière d’héritage ».
En Egypte, Bothaïna Kamel est déterminée à se présenter à la prochaine présidentielle. Non découragée par les insultes des militaires, elle dénonce « les salafistes qui attaquent les églises et détruisent les tombeaux des sains soufis ». Elle obtient que l’armée condamne pour les élections le recours aux slogans religieux, la corruption, la violence. Les femmes ont de quoi s’inquiéter du poids des Frères musulmans mais « ce qui a changé, c’est cette soif de participation, cette volonté de s’exprimer, de dire son désaccord ».
Sur la place Tahir, elles rendent souvent hommage à deux femmes : Hoda Charaoui, la première musulmane à ôter son voile en 1923, au retour d’un Congrès international féminin à Naples. Et Doria Chafic, auteur d’une thèse à la Sorbonne sur la femme dans l’Islam qui obtient du roi Farouk le droit de vote des femmes, mais qui se suicide en prison en 1975, où elle a passé dix-neuf ans, enfermée par Nasser.

[1] Roy Dauvergne et Naïri Nahapétian, in « Le temps des femmes », HS Alternatives économiques, n°51, 2011, pp. 52-55.

[2] www.regeringen.se/content/1/c4/25/23/fffc3866.pdf

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