Wissam, Adama, Steve, Zineb... Vérité et Justice. Pas de justice, pas de paix!

Comme George Floyd, Adama, Ziad, Steve, Zineb... Wissam El Yamni est mort des violences policières dans la nuit du réveillon 2012 à Clermont-Ferrand. Depuis, le Comité « Vérité et Justice » se bat pied à pied. Pour lui et tou.tes les victimes, un rassemblement particulièrement réussi était organisé ce vendredi 5 juin, place de Jaude, sans police ni incident.

 © Comité Vérité et Justice pour Wissam © Comité Vérité et Justice pour Wissam
Dans la nuit du 31 décembre 2011 au 1er janvier 2012, Wissam El Yamni est interpellé dans le quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand et amené au commissariat. Il en ressort dans le coma et meurt le 9 janvier sans en être sorti. Mensonges et déni permanent, perte de preuves et non-audition, expertises-bidons se succèdent. Deux avocats, Maîtres Borie et Canis défendent la famille depuis huit ans.

Ce 5 juin, l'appel du « Comité Vérité et Justice pour Wissam », pour un rassemblement place de Jaude à Clermont-Ferrand, a réuni des manifestants individuels, notamment de très nombreux jeunes, étudiants et lycéens portant diverses pancartes pour clamer colère et solidarité et aussi des organisations éventuellement intervenantes, repérables par banderoles, L.D.H, ATTAC, Solidaires 63, UNEF, France-Palestine Solidarité, Sud-Education 63, Jeunes révolutionnaires... en espérant n'oublier personne.

Rassemblement pour le rassemblement © Georges-André Photos

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

« Pas de justice, pas de paix » est le cri de ralliement de ce rassemblement, scandé avec force à de multiples reprises. Il donne le ton et le fond de ce mouvement qui jaillit en réactions à la mort de Georges Floyd et en France, à tous ces morts par violences policières niées : Steeve, Zineb, Adama, Théo, Ziad et... Wissam ici à Clermont-Ferrand sans être sûr de n'en pas omettre bien involontairement. D'autres rassemblements, d'autres cris, d'autres forces sont et seront nécessaires pour qu'enfin vérité soit connue et justice rendue.

Florilège cris et slogans © Georges-André Photos
Les intervenant.es se sont succédé.es à la tribune improvisée, le pied de la statue de Vercingétorix, autre résistant notoire, précédé.es par la banderole du Comité "Vérité et Justice pour Wissam" tenue pas sa mère et une de ses soeurs.
Intervention de la Ligue des Droits de l'Homme © Georges-André Photos Intervention de la Ligue des Droits de l'Homme © Georges-André Photos

Elise du Comité V&J, commence la première intervention par ces mots qui relie la mort de George Floyd et celle de Wissam : "Vous vous êtes tous levés aujourd'hui contre les violences policières parce qu'aujourd'hui, ça été mis en lumière aux Etats-Unis mais c'est partout en vrai que ça se passe. En France, ça fait des années aussi que ça se passe, notamment à Clermont-Ferrand, huit ans d'instruction judiciaire.
Parce que le meurtre par la Police d'un noir aux Etats-Unis est en tout point similaire au meurtre d'un noir ou d'un arabe par la Police en France.
Parce que nous constatons que réclamer un droit légitime, peut avoir aujourd'hui pour conséquence en France et ailleurs, la perte d'un oeil, d'une main, la perte de sa liberté ou même de sa vie.
Parce qu'il ne s'agit pas de simple dérapage ou d'erreur de la part de quelques brebis galeuses minoritaires, aux opinions politiques douteuses mais bien de crimes protégés par la majorité et le pouvoir. Ce pouvoir prenant ouvertement ou sournoisement un suprématisme....
"
La suite en Vidéo :

Elise - Comité pour Wissam © Georges-André Photos
Black Lives matter (BLM) :
Black Lives Matter © Georges-André Photos Black Lives Matter © Georges-André Photos

Vue sur la foule rassemblée : plus de 500 personnes

Une foule de plus de 500 personnes © Georges-André Photos Une foule de plus de 500 personnes © Georges-André Photos

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

 

Panorama de la foule © Georges-André Photos
Guy du Comité V&J prend la parole : "Si nous sommes réunis, ce soir si nombreux, c'est pour rendre hommage à toutes les victimes des violences policières et témoigner notre solidarité à toutes les familles endeuillées et qui vivent dans l'attente d'une justice. Ici même à Clermont-Ferrand, nous avons une famille qui connaît ce drame et cette situation tragique : je vais évoquer, bien sûr, la famille de Wissam El Yamni. Je ne peux m'empêcher de reprendre la phrase de Camélia Jordana prononcée sur le plateau de France 2 le samedi 23 mai : "Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic et j'en fait partie". *
Ce propos qui a été suivi d'un mouvement d'intense polémique confirme pourtant un sondage récent... Cette enquête réalisée du 1er au 2 juin nous révèle qu'un français sur trois affirme ne pas se sentir en sécurité face à un policier soit 33% des sondés précisément.
De l'affaire Steve Maia Caniço à la mort d'Adama Traoré et de Wissam en passant par les multiples violences policières observées en marge des manifestations des gilets jaunes, ceux-ci ont eu bien sûr un effet sur l'opinion.
Du début du mouvement des gilets jaunes en novembre 2018 jusqu'à mai 2020, le documentariste David Dufresne a compilé les violences policières, plus de 860 faits regroupés et conceptualisés, un travail devenu référence pour l'ONU, le Conseil de l'Europe, le parlement Européen et la presse Française et Internationale.
Depuis 2019, seuls les cas les plus graves sont comptabilisés, je vous conseille d' aller sur son site "Allô Place Beauvau ?"** ...

* La séquence vidéo de Camélia Jordana sur France 2 et quelques observations

** Le site "Allo Place Beauvau"
La suite avec la vidéo :

Guy Comité Justice et Vérité pour Wissam © Georges-André Photos
Maître Borie et Canis, défenseurs Clermontois de la famille El Yamni, interviennent ensuite pour dire ces vérités qui dérangent tant, qu'elles sont tues, maquillées et niées. L'intervention de maître Borie qui résume la situation est retranscrite dans son intégralité : "Voilà 8 ans, nous étions ici et là haut, des milliers, des milliers à dire que le décès de Wissam ne pouvait pas rester impuni et depuis 8 ans, on nous promène dans le cadre d'une instruction en cherchant tout d'abord au travers d'expertises médicales totalement faussées, biaisées, erronées - et çà on l'a démontré avec Jean-François CANIS - de dire, que toute façon, c'est le schéma habituel dans ce type de situation, c'est le schéma habituel qui consiste à dire : quelqu'un qui meurt entre les mains de la police, il a toujours une pathologie qui explique qui justifie son décès.
Pendant des mois et des années en utilisant, nous, grâce à la famille de Wissam des experts indépendants, on a réussi à démontrer que toutes les thèses étaient fallacieuses, que l'histoire de l'absorption de produit stupéfiant ou d'alcool, c'était des fadaises ; que l'histoire de difficultés morphologiques qui expliquaient le décès, c'était également du pipeau. Il a fallu qu'on aille devant la Chambre de l'Instruction pour avoir, in fine, un dernier rapport d'expertise dont on a rendu compte où dont la famille a rendu compte il n'y a pas longtemps, qui nous dit que ça n'est pas cette cause là qui est invoquée.
Et pourtant plus de 8 ans après, le dossier reste au même point.
Le juge d'instruction nous dit : l'enquête est terminée, la procédure est terminée et il n'y a pas de nouvelles mises en examen qui seraient notifiées. C'est systématiquement, systématiquement le même cas de figure qui se produit chaque fois que quelqu'un décède entre les mains de la police et on peut regarder les différentes tentatives qui ont été faites dans d'autres dossiers, c'est toujours la même situation, c'est toujours le même schéma. Avec la famille, nous ne l'accepterons pas et nous ne l'acceptons pas. On va revenir mardi devant la chambre d'instruction et à ce moment là, je crois que la famille a appelé à un rassemblement. Il faudra y être et ce n'est pas seulement la situation de Wissam qui est en jeu aujourd'hui.

Je suis ravi de voir aujourd'hui tous ces jeunes qui sont rassemblés parce qu'au-delà, la situation de Wissam, de la tentative d'enterrement de la procédure par un non-lieu qui pourrait intervenir puisqu'on nous a signifié ce non-lieu, au-delà, c'est la question du rapport des citoyens, des jeunes, et surtout des jeunes qui ne sont pas blancs avec la Police qui est en jeu. C'est pas admissible que les brigades, les Bacs interpellent régulièrement les gens, contrôlent les identités à trois reprises, pour une personne qui a déjà été contrôlée le même jour, tutoie, méprise, ne respecte pas les gens qu'ils interpellent, c'est ça qui n'est pas admissible

Depuis que notre ministre de l'intérieur s'appelle« Castanier » quelque part il porte bien son nom, je déforme probablement mais mais ça va bien avec, depuis que ce ministre a lâché les laisses et lâché les muselières les policiers ce croient aujourd'hui tout permis. Qui est-ce qui éborgne, qui est-ce qui a éborgné dans les manifestations à grands coups de LBD ? C'est pas forcément les statiques, c'est à dire les gendarmes mobiles ou les CRS, c'est ceux qui étaient sur le côté, les brigades d'intervention, les brigades anti-criminalité qui se situent et de manière systématique, non pas en gardiens de l'ordre , mais en situation de guerre, et leur ennemi, c'est la jeunesse et ceux qui n'ont pas la peau blanche et je crois que pour tenter de calmer cette situation, il est indispensable de dissoudre les B.A.Cs.

Nous sommes là et c'est la première fois qu'on brave l'interdiction de manifester qu'ils ont tenté de nous imposer sous couvert de COVID et de situation sanitaire. Ça aussi c'est important et moi je m'en réjouis...
Les vingt mille personnes qui se sont rassemblées à Paris, qui me disent ça c'est fait dans d'autres villes et ça se fera dans d'autres, j'ai la liste des villes dans lesquelles les choses se passeront, ce soir à Rouen par exemple, et dans d'autres villes dès demain, il y a un certain nombre de villes, on n'est pas tout seul.

Je crois que tous ensemble avec Jean François CANIS, on fait ce qu'on peut, on fait ce qu'on peut dans le cadre judiciaire qui est le nôtre, avec les dés pipés qu'on nous imposent. On fait ce qu'on peut pour faire entendre les témoins que le juge ne daigne pas entendre au motif qu'ils n'ont pas pu venir ! On fait le nécessaire pour faire en sorte que ce dossier ne soit pas enterré, parce que ce n'est pas un dossier, c'est la mort d'un homme entre les mains des forces de l'ordre et à un moment donné la responsabilité de ceux qui ont causé ce décès, cette mort, doivent être retrouvés, doivent être recherchés, on ne se satisfera pas d'une vérité judiciaire qui ne correspond pas à la vérité dont nous avons la certitude.
Je ne vais pas faire l'infini sur ce qui a été dit, était fait dans le cadre de cette instruction, les photographies du premier jour qui ont disparues, la manière dont les experts ont tenté de travestir la vérité. Mais tout ça je crois on ne pourra pas le faire tous seuls, on ne le fera que si on est tous ensemble, déterminés et encore plus nombreux."

Prochaine étape judiciaire : La chambre d'Instruction de Riom se réunit ce 9 juin sur appel des avocats de la famille El Yamni contre différents refus de la juge d'instruction d'entendre en présence des avocats différents témoins qui ont vu WISSAM au commissariat en cette nuit tragique. Ce sera dès 9 heures mais sans connaître exactement l'heure à laquelle le dossier sera examiné. On peut y venir accompagné.e.

Intervention Maître Borie © Georges-André Photos
Paco Bellouche, pour l'UNEF, intervient mordant et concis :
 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

 "« I can’ breath » : je ne peux plus respirer. Ce sont les derniers mots d'Eric Garner* et  de George Floyd sous les genoux des policiers qui leur ont ôté la vie. Depuis deux semaines, les Américains et les Américaines se soulèvent contre le meurtre sauvage de George Floyd par un policier. Un énième crime raciste qui pousse des millions de personnes à manifester, à crier leur colère  et leur rage face à un système qui les opprime, les matraque et les tue à cause de leur couleur de peau.
Les violences policières et le racisme institutionnel remis dans le débat public international ne sont pas une spécificité américaine comme beaucoup veulent le prétendre. En France, nous luttons depuis des décennies contre le racisme de nos institutions qui oppriment, contrôlent au faciès, tolèrent et instrumentalisent le racisme que nous subissons au quotidien, au travail, dans la rue, à l’université et ailleurs.
Ces mêmes institutions qui ont fait des quartiers populaires, là où une grande partie des habitant.e.s est racisée, un laboratoire de leur méthodes de répression et qu’il ont utilisé pour mutiler les Gilets Jaunes l’année dernière.
Ces mêmes institutions qui refusent aujourd'hui de rendre justice à Wissam, à Adama, à Ziad, à Zineb et aux autres, tous tué.es par des policiers. En plus, elles s’attellent à les criminaliser et à essayer les faire passer pour des personnes violentes, essayant ainsi d’inverser les rôles pour faire des victimes les coupables : à ceux-là on dit, les criminels C’EST VOUS, LES VIOLENTS C’EST VOUS  et les coupables c’est vous !

Notre combat aujourd’hui est celui de toutes les familles qui cherchent à rétablir la vérité, à qui leur combat à coûté cher. C’est celui de toutes celles et ceux qui subissent le racisme et les violences policières au quotidien. Notre combat est celui de la lutte contre le système d’oppression qui tue, matraque et mutile." https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_d%27Eric_Garner

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Les interventions se succèdent : Ligue des droits de l'homme, Association France-Palestine-solidarité qui fait une intervention très applaudi : "Aucun de nous dans le groupe local de l’ Association France Palestine Solidarité n’a hésité une seconde à répondre à l’appel des organisateurs de cette manifestation contre les violences policières.
Pour nous, il ne fait aucun doute que, si les histoires et les contextes sont différents, l’assassinat de George Floyd aux USA, ceux de Wissam, d’Adama et bien d’autres en France, le récent assassinat de Eyad Hallaq et de centaines d’autres en Israël/Palestine répondent des mêmes ressorts. Nous ne pouvons pas parler de bavures. Ces violences d’aujourd’hui s’enracinent dans une histoire colonialiste, esclavagiste et raciste de chacun de ces pays.
Si les victimes descendent d’esclaves aux USA, ou des populations colonisées par la République ici, les Palestiniens, eux, vivent sous le joug du dernier pays colonial qui a institutionnalisé le racisme dans sa constitution comme le fit l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Partout la violence raciste, la criminalisation des victimes, la déshumanisation brutale et la culture de l’impunité pour les assassins.
Les liens sont évidents. La police française a largement collaboré durant la 2eme guerre mondiale prenant part, entre autres, à l’extermination des populations juives ou tsiganes. Durant la guerre d’Algérie elle a banalisé la surveillance, le contrôle au faciès, la torture et la répression. Sans remise en cause d’envergure après les indépendances, ces pratiques ont perduré. Aujourd’hui, la violence subie par les Gilets Jaunes ou autres manifestants a rendu visibles à un plus grand nombre de personnes l’existence de ces pratiques scandaleuses, mais elle ne constitue que l’extension de pratiques banalisées que subissent depuis des années les jeunes des quartiers populaires en général et les Noirs et les Arabes en particulier.
Face aux révoltes, aux inégalités, aux discriminations ici, à la résistance en Palestine, le même choix est fait : une réponse sécuritaire. Les unités de police impliquées dans la mort de Georges Floyd, se sont entrainés en Israël. L’état français partageant l’analyse israélienne faisant des Palestiniens ou des Arabes des quartiers populaires des ennemis intérieurs, a mis en place une collaboration militaire et sécuritaire avec cet état dont personne ne peut ignorer les crimes...
... Le comité national palestinien en faveur du boycott affirme aujourd’hui sa solidarité avec les Afro Américains et demande justice. C’est en effet tous ensemble que nous devons mener ce combat. Nous partageons ces valeurs de justice et de dignité avec toutes les victimes du racisme structurel. Nous devons exiger que justice soit faite en France et ne pas laisser le peuple palestinien seul face à son bourreau. Si, dans certaines villes américaines le mouvement BDS a obtenu l’interdiction de toute coopération entre les polices municipales et Israël, nous devons aussi exiger que la France mette fin à la collaboration militaire et sécuritaire, qu’elle aille au-delà de déclarations stériles et mettent en œuvre des sanctions obligeant Israël à se conformer au droit. Le mouvement pacifique qu’est le boycott n’a pas d’autre but que cette exigence de justice..."

"I can't braith - Je ne peux pas respirer" les dernières paroles de George Floyd avant de mourir étouffé par son meurtrier.

Genous fléchis et poings serrés © Georges-André Photos Genous fléchis et poings serrés © Georges-André Photos

... d'autres personnes expriment ce qu'elles ont sur le coeur et aux tripes voire apportent leur témoignage. Enfin, peu avant 20 heures, un moment solennel fait irruption : chacun fléchit un genou dans le silence pour exprimer sa solidarité avec ces manifestants des USA et de tous les pays qui luttent sans cesse contre ces Polices qui ne sont plus forces de l'ordre mais du désordre semant la haine, les blessures, donnant la mort.

I can't breath © Georges-André Photos
 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Une autre Police est possible, un autre gouvernement sans doute, une autre société pour qu'elle soient forces de l'ordre au service de la Républicaine et des citoyens non au service de la brutalité d'un clan.

La légalité arbitraire qui est devenue la norme place chacun face à ses engagements, à ses valeurs, à ses choix. Le vent se lève pour la vérité et la Justice. ENFIN !

La rencontre avec les organisations syndicales est une urgence pour elles et le pays, contre la répression et la mort. Le syndicat "Solidaires" avec son fer de lance Sud-éducation étaient présents à ce rassemblement. ils appellent aussi à participer à la mobilisation nationale des personnels de santé et de la population le 16 juin.

La solidarité ne peut être un effet de tribune. Répression, poursuites des syndicalistes, Gilets Jaunes et autres militants, violences policières ne font qu'un : un front uni des forces vives de ce pays peut changer la donne radicalement ou, au chacun pour soi personnel ou de son organisation, nous serions tous perdants quoique en ordre dispersé, quelque soient nos cris tout aussi dispersés.

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