8 mars - Combat d'un jour, combat pour tous les jours

Ce 8 mars à Clermont-Ferrand, un temps radieux pour soutenir cette lutte pour les droits des femmes. Et ce sont bien les femmes qui l'ont organisée avec leurs associations et le collectif 8 mars. Une ambiance tout autant aux revendications, aux luttes, à la fête qu'à la sororité. Sans rien lâcher des exigences dites féministes. Une réussite complète et dynamisante pour ce cru 2020.

Ce 8 mars à Clermont-Ferrand, un temps radieux pour soutenir cette lutte pour les droits des femmes. Et ce sont bien les femmes qui l'ont organisée avec leurs associations et le collectif 8 mars. Des enfants - du bambin au collégien -, des ados - du lycéen aux étudiants de premières années de fac, des femmes de tous âges, en colère, joyeuses, rieuses, criant, indignées ont investi en nombre, rues, boulevards et jardin Lecoq pour des pauses fréquentes des « chiliennes » contre viols et agressions sexuelles, les Rosies avec moult chorégraphies anciennes et nouvelles contre patriarcat et loi retraite.

Animations sur Jaude avant manifestation © GeorgesAndréPhotos

Hélène, représentant le planning familial a lu cette déclaration :

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 Une ambiance tout autant aux revendications, aux luttes, à la fête qu'à la sororité. Sans rien lâcher des exigences dites féministes : patriarcat, féminicides (149 en 2019), précarité, salaires faibles et discriminatoires, IVG de plus en plus contestée, crimes et agressions sexuelles, harcèlement, futures retraites en berne... de quoi écouter les déclarations des militantes qui n'ont pas mâché leurs mots en appelant le chat un chat surtout les plus jeunes ! Indéniable que le mouvement « metoo », « balance ton porc », le César à Roman Polanski et j'en passe, a donné à ces militantes et tant d'autres femmes une énergie à revendre pour bousculer bien des pesanteurs.

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Le début du parcours en photos © GeorgesAndréPhotos
 Il fallait y être pour sentir, entendre, comprendre cette force qui est devenue collective et intraitable sur la condition des femmes. Pas moins de 1000 personnes et davantage dont une large majorité de femmes de tous bords, y compris celles qui se sont jointes à la manifestation en cours de route, de rue et de jardin public. Les pancartes, cartons et banderoles n'y sont pas allées par quatre chemins. Les photos et vidéos vous en révéleront la teneur : mots et slogans sont crus et directs ce qui revient à dire authentiques.
Fin du parcours en vidéo © GeorgesAndréPhotos

 

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Vous pouvez télécharger la déclaration de Leïla intervenue pour "Osez le féminisme 63": (pdf, 27.2 kB)

Le parcours passant par le jardin Lecoq a été une excellente opportunité. Il a permis d'être rejoint dans ce jardin par des personnes rencontrées là. La danse des Rosies devant le musée Bargoin puis devant le Conseil Départemental fut un grand moment unanimement regardé et applaudi. Le retour sur la place de Jaude. Au retour sur la place de Jaude à 17h, les déclarations de différentes militantes (Oser le féminisme, Planning Familial, UNEF etc) se sont déroulées dans la fraîcheur des nuages venus. Une réussite complète pour ce 8 mars 2020.

Déclarations fin de journée © GeorgesAndréPhotos

Cette dernière partie pour hommage à toutes ces femmes qui ont pris le temps d'apprendre ces chorégraphies et nous les offrir depuis des mois à chaque événement de ce mouvement social massif loin d'être terminé. Hommage à ce groupe de femmes de tous âges, de toutes conditions et à effectif variable qui, peu à peu, ont tissé entre elles des liens de sororité si ce n'est d'amitié, qu'elles soient venues, restées ou reparties pour les raisons qui sont les leurs, qu'elles se soient jointes depuis peu à ce groupe au hasard (ou pas) de rencontres ou qu'elles soient là depuis le début, à chaque fois.

Hommage aux Rosies et à toutes les autres © GeorgesAndréPhotos

Ces chorégraphies, acte politique posé sans violence avec courage et force, non sans humour grinçant, font aussi beaucoup pour la cause des femmes. Leur force, à l'évidence, vient de cette solidarité qui les unit au-delà de ce qui peut les éloigner, comme dans tout groupe humain, mais aussi dans les liens qu'elles tissent autour d'elles et qui font chaud à leur rencontre, renouvelée fréquemment vu la fréquence des actions depuis trois mois. Cet hommage, c'est aussi ces visages en lutte, en joie, en action que j'ai voulu leur offrir modestement dans ce billet. Sont-elles assez fières de ce qu'elles donnent ?

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Peut-être, serait-il envisageable ou possible d'organiser un « 8 mars » mensuel pour avancer vers tous les jours comme chacune le réclame pour n'en pas rester à un jour par an ? La réponse appartient à ce collectif.
Les chorégraphies © GeorgesAndréPhotos
Si les femmes sont les grandes perdantes  de cette réforme des retraites qui modifie fondamentalement la solidarité intergénérationnelle et le recul du montant de ce salaire différé, n'ont-elles pas toutes leurs places, par leurs organisations féministes, dans ce combat social ? Fin du monde, fin du mois, fin de la condition genrée ne seraient-ils pas un seul et même combat, social/sociétal/planétaire, qui se joue au coude-à-coude ?

Des Rosies du 8 mars

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