Deux manifestations réussies pour exiger un plan d'urgence du service public de santé

Clermont, ce 16 juin, deux manifestations pour des mesures immédiates et un plan d'urgence pour l'hôpital et la santé. Organisations syndicales, associations et collectifs défendent une politique de santé soustraite aux lois du marché et au-delà, la défense dynamique des services publics contre la précarisation croissante et la privatisation moins que rampante. D'autres rendez-vous, ensemble.

Clermont-Ferrand. Ce 16 juin, à 11heures, à l'appel de la CGT-CHU, F.O-CHU, de SUD Santé-sociaux et du Collectif inter-hôpitaux, une manifestation des soignants, et personnels médico-sociaux publics et privés de la ville et au-delà était organisée sur le thème « Macron, Philippe, Véran, assez de mensonges ! Ni médaille ni charité ! Plus d'effectif, plus de salaire ! ». Ce rassemblement réussi avec plus d'un millier de personnes a voulu peser sur le « Ségur de la santé » en cours.

Deux cortèges sont partis de chacun des deux sites principaux du CHU, Gabriel-Montpied et Estaing, pour converger sous les fenêtres de l'imposant bâtiment de l'Agence Régional de Santé où une délégation fut reçue par la direction locale de l'ARS qui… transmettra.

Cette manifestation a rassemblé des personnels venus des hôpitaux publics et privés (CHU, Sainte-Marie...) de la ville et au-delà, de Thiers ou d'Enval (centre hospitalier Clementel) mais aussi des personnels de l'ADAPEI, de l'association des paralysés de France, ADHAP...

Panoramique devant ARS © Georges André
Ce même 16 juin, à 18h, un rassemblement place de Jaude était organisé par Sud Santé/sociaux, Solidaires Auvergne, UNEF, ATTAC, Réseau ESF, Chôm'Actif et précaires, Collectif médico-sociaux 63... en direction des soignants et de l'ensemble de la population sur le thème du soutien aux soignants et un plan d'urgence pour l'hôpital public.

Rassemblement réussi avec près d'un millier de manifestants haut en couleur et en énergie. Ce rassemblement a permis de mettre en lumière des situations bien trop facilement omises ou invisibilisées : précaires, chômeurs, handicapés, isolés... de réclamer l'abandon définitif de la réforme de l'assurance chômage et des retraites sous peine de dramatiques situations à venir dans le contexte de chômage en hausse sans précédent en un délai si court.

Panoramique Jaude © Georges-André Photos

I - Manifestation devant l'ARS

Sous la grande halle de l'entrée au CHU Estaing, peu à peu les soignants et autres personnels médico-sociaux ou associatifs se rassemblent avant le départ vers l'avenue de l'Union Soviétique, siège de l'ARS.

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

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Fort de quelques centaines de personnes, blouses blanches, vertes ou bleues, ce cortège démarre à 10h45 tandis que celui de Gabriel-Montpied, plus loin, est parti à 10h15. Au passage d'une intersection, des applaudissements surgissent dont celui de quelque policière.

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A hauteur de l'ARS, le cortège parti de Montpied est déjà là. Occasion de clamer haut et fort chants et revendications.
Rassemblement devant ARS © Georges-André Photos
On se retrouve, au masque près. On se découvre sans s'embrasser. La délégation négocie une entrevue immédiate... et obtenue, s'engouffre dans le bâtiment. Dehors, les manifestants font la fête, libèrent la parole, précisent des situations qui montrent qu'au-delà des annonces, la même politique a repris, enveloppée dans un papier doré qui, ici, ne dupent personne.
GJ en attendant la délégation syndicale © Georges-André Photos

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  Après l'entrevue avec la direction de l'ARS

Les représentants syndicaux du secteur santé-sociaux explicitent la situation et leurs revendications. Ils ne comptent pas sur le « Ségur de la santé » pour les satisfaire, qualifié de « mascarade » et « d'imposture ». Déjà Sud-Santé s'est retiré et délégués FO et CGT demandent la même chose pour l'ensemble des organisations syndicales.

La santé est l'affaire de tous. La mobilisation des soignants et personnels médico-sociaux, de la population derrière ces soignants est devenue une nécessité, malgré les déclarations présidentielles au plus fort de l'épidémie, pour imposer une autre politique de la santé : l'hôpital doit échapper aux lois du marché et nourrir l'ambition de soigner la population.

Les revendications sont claires. Dans l'immédiat : prime de 1 500€ pour tous, paiement des heures supplémentaires, reconnaissance du Covid comme maladie professionnelle, dépistage de tous les soignant.es et tous les personnels des établissements médico-sociaux, arrêt des suppression de postes et de lits qui se poursuivent encore ici à Clermont : une réorganisation de services et c'est une dizaine de lits qui viennent de disparaître au CHU !

Hors de cette régularisation minimale sauf à se moquer des soignants jadis encensés par ce gouvernement, un plan plus ambitieux doit être imposé : Augmentation salariale et du point d'indice, réouverture de lits et recrutement de soignants, retour au service actif pour la retraite à 57 ans des soignants. Un exigence pour faire face aux épidémies à venir, saisonnières ou non, dues aux virus couronnés ou non comme aux changements climatiques.

Le plan blanc est particulièrement fustigé : appliqué le 13 mars quand onze services étaient en grève, parfois depuis plus d'un an, pour obtenir de quoi soigner, ce plan permet tous les abus en dérogeant aux règles du code du travail, hors course pour un moment. Un moment ? Il est toujours actif et vient d'être activé par l'ARS pour le plan « canicule » qui déroge lui aussi, glissant, comme pour l'état d'urgence, vers un plan permanent qui livre les personnels au corvéable permanent… pour les remercier chaleureusement avec des mots menteurs et fallacieux, des médailles dans l'esprit napoléonien en oubliant les (fausses) promesses.

Ecoutez ces syndicalistes dire ce que fut les conditions au début l'épidémie, avant leur engagement sans faille, ce qu'est le réel de l'hôpital au-delà des déclarations et annonces pour la galerie :

Délégation syndicale après ARS © Georges-André Photos

 II - Rassemblement place de Jaude

A 18h, une autre manifestation sur la place centrale, pour un service public de santé réclamé par les professionnels et la population clermontoise. Des déclarations qui tentent de rendre visibles les situations que, bien souvent, nous ne savons pas voir quand bien même nous saurions. De nombreuses associations qui oeuvrent, souvent hors lumière de l'actualité, prennent ici la parole.

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Sud Santé ouvre les déclarations : Les 1er de corvée vont devoir encore faire des économies... hors de question et pas de palabre... la santé n'est pas une marchandise, elle concerne tout le monde. Unis, soignants et organisations, nous gagnerons dans la rue.

SUD - Santé © Georges-André Photos

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

La représentante d'ATTAC 63 salue la place essentielle des femmes tout au long de cette crise sanitaire. Elle refuse le retour à l'anormal. Plus d'argent c'est plus de personnels et de lits pour une meilleure prise en charge de la santé et des malades, la recherche et la prévention. Arrêt du T2C et du management actuel. Assez du mépris, de l'arrogance, de la condescendance...

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ATTAC © Georges-André Photos

 Un plaidoyer vibrant de Didier pour Solidaires : L'hôpital et la santé sont des locomotives mais ce qui est en jeu est l'ensemble des services publics.Retrait définitif de la réforme des retraites à point, annulation de la réforme de l'assurance-chômage qui va rendre plus précaires encore contrairement à l'enseignement principal de l'épidémie.

SUD-Education © Georges-André Photos
 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Le collectif des travailleurs sociaux 63 précise la mission et les conditions actuelles de protection des mineurs, des plus démunis qui ne sont rien, écrasés par le vocabulaire d'aujourd'hui pour cette mission... échanges des pratiques, lanceurs d'alerte, organisation de la résistance et des luttes à venir...

Collectif travailleurs sociaux 63 © Georges-André Photos

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Mayke pour l'UNEF constate que cette épidémie à mis en lumière l'inégalité entre les étudiants tout autant que pour les travailleurs : 42% des étudiants ne vont pas se faire soigner par manque d'argent. Elle dénonce la précarisation des personnels (via la contractualisation) et des services publics via une privatisation souhaitée par le pouvoir. Les services publics, nécessaires, n'ont pas à être rentables mais à assurer le service à la population. Elle réclame en outre le rétablissement de la Sécu étudiante.

UNEF Clermont © Georges-André Photos

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Martine de RESF explique comment et par quoi sont réduits, de président en président, les droits des mineurs étrangers et demandeurs d'asile : loi asile et immigration, sous-traitance privé qui allonge les délais à 3 mois laissant les uns sans couverture sociale, les autres sans couverture santé pour des personnes déjà bien fragilisées par leur parcours en Méditerranée et dans les prisons lybiennes.. Elle salue l'hôpital qui accueille aux urgences les mineurs et sans-papiers. Un rassemblement inter-organisations et intersyndical est organisé samedi 20 juin à 15h pour la journée mondiale de soutien aux réfugiés.

RESF © Georges-André Photos
 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Deux intervenant.es pour Chôm'Actif et précaires (MNCP) pour rappeler qu'en dehors du travail la précarisation tue et impose la pauvreté. La réforme de l'assurance-chômage est inique: elle va précariser encore davantage les personnes sans travail et réduire leur prestation tandis que s'est développé un langage fallacieux sur les permittents qui aurait choisi le temps partiel quand ils sont contraints de le faire. La catastrophe sociale pour l'automne est annoncée si cette loi n'est pas annulée dans le contexte de licenciements massifs post-pandémique. Signer la pétition sur internet.

Chômactif et précaires 1 © Georges-André Photos
Chômactif et précaires 2 © Georges-André Photos

Pour finir en chantant :

On n'en veut pas © Georges-André Photos

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