« Si nous respectons les divers points de vue, il n'y a pas de place parmi nous pour les racistes, pour les antisémites, pour les islamophobes et tous ceux qui pourraient dénaturer notre combat anti-colonial. » en ouverture de sa déclaration, l'AFPS 63 précise l'éthique de ce combat.
Agrandissement : Illustration 1
Depuis quatre mois, le gouvernement israélien avec ses fanatiques religieux et son Premier Ministre sanguinaire qui veut échapper à un procès pour corruption mènent une guerre contre l'ensemble de la population gazaouïe ; une guerre génocidaire qui tue et mutile, traumatise, appelle la haine, va de massacre en massacre du genre « Dieu reconnaîtra les siens » parmi cette population de 1,3 million entassée à Rafah près de la frontière avec l'Egypte dans le dénuement, la faim, la maladie, la peur avant un assaut, une attaque, des bombardements sur elle en cet ultime réduit pour forcer à une deuxième Nakba, à choisir entre l'exil ou la mort quand l'Egypte n'entend pas ouvrir sa frontière.
Lire :« Israël est en train de détruire Gaza sans détruire le Hamas »
Agrandissement : Illustration 2
La nasse est à son terme. Ce massacre ultime délibéré est-il imminent ? Tout porte à le croire au vu de la déclaration de Nétanyahou du 18 février qui annonce l'attaque de Rafah vers le 10 mars. Nous sommes dans une guerre d'agression qui, par son acharnement, sa cruauté sans nom et son cynisme était inimaginable voilà quelques mois. Le sang des palestinien·es de Gaza se mêle en écho au sang de la Shoah, de la longue marche des arméniens victimes eux aussi du génocide de 1915 à 1923. Ce sont des descendants des victimes d'hier qui, par le blocus, ont organisé le ghetto Gaza et maintenant le réduise en cendre, inhabitable. L'héritage sera lourd, même après ces massacres, d'abord pour ces enfants traumatisés à vie devant ces tueries, pour la population palestinienne, pour toute la région y compris Israël pour des dizaines d'année.
Agrandissement : Illustration 3
Oui le 7 octobre fut une action terroriste par les combattants du Hamas traumatisant avec ses atrocités une population qui se croyait à l'abri mais cette attaque n'est pas venue de rien. Outre que ce Premier Ministre a joué le Hamas par haine de l'Autorité palestinienne qui n'en a plus, outre que ce même Premier Ministre a tout fait pour torpiller la seule possibilité de chemin de la Paix avec les accord d'Oslo, chauffant une partie de la population à se débarrasser de Yitzak Rabin, il y a un avant le 7/10 depuis 1947 (1) et vingt ans plus tard en 1967 (2), un avant de colonisation, de sang, de déni du droit international, d'assassinats et d'apartheid qui a conduit à ce 7 octobre de malheurs. Il y a maintenant un après qui est plus que jamais de sang et de larmes comme pour liquider cette population palestinienne de Gaza d'une manière ou d'une autre pour ne jamais remettre en cause cette colonisation, cet apartheid, cet accaparement toujours plus vaste, ces assassinats, ces arrestations, ces destructions. Oui une partie de la population israélienne comme de la diaspora recherche les voies de la paix et de l'entente mais les fanatiques qui sont au pouvoir veulent et imposent la guerre comme une nouvelle souffrance terrible infligée à ce peuple nié dans son nom même, palestinien·es et Palestine. Ce gouvernement fait violence y compris à sa propre population, l'entraîne dans une surenchère permanente de mort·es, de mutilé·es, de traumatisé·es qui ne sera jamais gage de paix ni de sécurité.
Agrandissement : Illustration 4
La "solution" militaire ne mène jamais à la paix juste et durable où que l'on se situe. Il n'y a de solution militaire que pour poursuivre une guerre permanente. Nétanyahou l'a bien compris pour la mener et jamais être jugé. La sécurité par les armes est une illusion tragique qui veut imposer la paix par la soumission et celle des cimetières. Le 7 octobre a fait exploser cette croyance.
Agrandissement : Illustration 5
La responsabilité des USA est au sommet de l'échelle des responsabilités, USA qui soutient concrètement ces massacres au-delà de déclarations et de conseil timides, un soutien qui lamine la crédibilité de cette nation à la face du monde. La responsabilité est aussi des nations de cette Europe, dont la France, qui ne savent pas, qui ne veulent pas concrètement et en actes, rejoindre la justice et la vérité laminant elles-mêmes la crédibilité des valeurs démocratiques proclamées partout ailleurs et d'abord en Ukraine. L'antisémitisme, ce poison raciste, est exacerbé par ces massacres, par ces responsabilités écrasantes. Il est agité comme un épouvantail disqualifiant et infamant quand c'est une menace bien réelle que cette guerre d'agression, par une nation sans foi ni loi au regard du droit international, renforce à grande vitesse. L’extension du conflit est toujours à craindre quand les USA bombardent Yémen et Lybie en réponse aux attaques des Houthis, elles-mêmes réponses à cette guerre.
Depuis le 7 octobre dernier, le "collectif pour une paix juste et durable" maintenant constitué de 33 organisations clermontoises et départementales (3) a organisé pas moins de dix rassemblements ou manifestations contre la guerre à Gaza. Les 28 octobre, 4, 18 et 24 novembre, 10 et 23 décembre, 6 et 20 janvier, 3 février et maintenant ce 17 février : Crier et agir pour ne pas laisser le champ libre au déni et la propagande du gouvernement israélien, ses deepfakes et ses récits trompeurs à ses services d'intoxication, affirmer sa solidarité avec la population palestinienne, les faits et les conditions d'un chemin pour la Paix juste et durable.
L'appel pour ce dernier rassemblement résume ces tristes faits : « La situation en Palestine qui perdure, notamment à Gaza, est particulièrement grave et révoltante, plus de 30.000 mort.es dont une grande majorité de femmes et d’enfants, 90% de la population déplacée de force et régulièrement bombardée, des habitations pulvérisées, la famine organisée, des familles ciblées et exterminées, en flagrante violation des mesures provisoires ordonnées par la Cour Internationale de Justice, appelle une mobilisation de tous les instants contre le génocide en cours. Le racisme et le suprémacisme sont inscrits dans la loi constitutionnelle de l’État d’Israël depuis juillet 2018, le gouvernement israélien actuel affirme ses orientations d’extrême-droite et comporte des ministres ouvertement fascistes, et l’État d’Israël est de fait à l’avant-garde d’une internationale raciste et fasciste. »
Agrandissement : Illustration 7
Près de 500 personnes ont répondu à cet appel à se rassembler contre cette guerre, place de Jaude dès 15 heures ce samedi 17 février.
Parmi la foule, des personnes, hommes et femmes en blouses blanches d'hôpital, avec tâches de sang discrètes portent des poupons dont les langes portent aussi une trace de sang. Pas d'ostentation, pas de sanguinolent mais une tâche discrète : les images manquent qui en réel seraient horribles, on peut détourner son regard, on peut refuser de savoir ce sang qui coule quand on tue, hommes, femmes et enfants, toute une population terrorisée, affamée, en détresse, traumatisée « pour éradiquer le Hamas ». Sur ce linge blanc, le rouge nous dit quelque chose de l'horreur.
Agrandissement : Illustration 8
Je m'approche et m'informe. Hiba, une jeune pédiatre précise : « Je milite avec le collectif national « Blouses blanches pour Gaza », un collectif de soignants qui tend à s'étendre en l'Europe, solidaire avec la population civile palestinienne et particulièrement ses soignants. On mène des actions sur toute la France pour s'étendre sur tout le pays, d'où ma présence ici à Clermont-Ferrand avec participation aux manifestations, déclarations pour sensibiliser la population, particulièrement ses soignants autour de l'éthique médicale puisque en tant que soignants on s'est engagé pour soigner les plus vulnérables, les plus opprimés. Les codes de déontologie, le serment d'Hippocrate, le serment du médecin qui nous amènent à soigner tout le monde quelque soit les convictions politiques, religieuses, couleurs de peau etc...sont nos textes fondamentaux. C'est pour cette raison, en continuité de notre profession, nous tentons de participer à la protection de la population civile palestinienne. »
Sur Instagram : https://www.instagram.com/blousesblanchesgaza/
Agrandissement : Illustration 9
Yves Chillard, responsable AFPS63 débute les déclarations, juché sur la petite hauteur au pied du socle de la statue du chef gaulois.
Agrandissement : Illustration 10
Il décrit la situation et ce moment avant l'ultime massacre qu'annonce contre "tous" (au moins en paroles !) ce Nétanhyahou, criminel de guerre forcené : « Les habitants ont dû fuir du nord vers le sud, pour se diriger vers Rafah, à la frontière avec l’Egypte. Ils s’y entassent dans des camps faits de tentes souvent en plastique alors que les pluies sont abondantes. Les conditions de vie sont terribles : Il n’y a plus de nourriture car les Israéliens ne la laissent entrer qu’au compte-goutte. La famine se répand. Chaque personne n’a droit qu’à 2 l d’eau par jour pour l’ensemble de ses besoins. La Bande de Gaza est déclarée inhabitable en raison également de la pollution de l’air et des sols suite aux bombardements et destructions. Où peuvent se réfugier les Gazaouis ? On entend parler de sinistres plans de déportations des Palestiniens de Gaza vers l’Egypte qui recevrait un fort soutien financier pour collaborer à une nouvelle Nakba. ». La Nakba ou « la catastrophe » quand en 1947, des dizaines de milliers de palestinien·es ont été chassés de leurs terres emportant leurs clefs qui n'ont plus jamais tourné dans leurs serrure.
Agrandissement : Illustration 11
Il évoque la situation en Cisjordanie « où colons et soldats font régner la terreur [...], arrêtent surtout des jeunes ou les tuent, jusque dans un hôpital à Jénine, détruisent les maisons, déplacent les populations. Plusieurs centaines de morts, dont plus de 90 enfants, et plus de 7.000 emprisonnés et torturés depuis le 7 octobre. ». Il en vient à l'UNWRA, cet office onusien vilipendé par l'agresseur, chargé des millions de réfugiés palestiniens depuis 1949 : « [les fonds] vont être gelés par plusieurs pays occidentaux dont la France. Nous assistons en direct depuis 5 mois à une véritable extermination de la population gazaouie, commise par les responsables israéliens avec la complicité active de nombreux pays occidentaux et arabes, dont la France, qui ne reconnaissent pas le caractère génocidaire de cette guerre sur les civils, dénoncé par l’Afrique du sud à la Cour Internationale de Justice […] Depuis le 13 février, le ministre fasciste israélien, Smotrich, a publié une directive pour immobiliser 1049 conteneurs de l’UNRWA contenant de l’aide alimentaire dans le port d’Ashdod. » Il appelle la mobilisation « en masse pour imposer au gouvernement Macron, l’arrêt immédiat de toute aide militaire et financière à Israël, la rupture des relations diplomatiques, économiques et militaires avec Israël. »
Agrandissement : Illustration 12
Cette journée est aussi une journée de boycott national de « Carrefour » : « La complicité de ce géant français de la distribution a pris diverses formes : accord avec des sociétés israéliennes actrices directes de la colonisation, vente de produits Carrefour dans les colonies, vente de produits israéliens dans ses magasins en France et, récemment, distribution de colis aux soldats de l’armée israélienne. L’AFPS, avec ses partenaires syndicaux et des droits de l’homme, est à l’initiative d’une campagne de Désinvestissement en direction du PDG de Carrefour. L’AFPS propose aussi, le Boycott citoyen de Carrefour, en parallèle à cette campagne. » Pétition et cartes postales sont à envoyer à son PDG, images de cette stigmatisation de « Carrefour » à publier sur les réseaux sociaux. ».
Agrandissement : Illustration 13
Hiba prononce alors pour "les Blouses blanches pour Gaza", une déclaration forte pleine d'émotions et de tristesse :
« Depuis 134 jours, nous assistons impuissants aux exactions criminelles les plus violentes et inhumaines de ce 21ème siècle. Le monde dit « civilisé »...qui pensait garantir les droits de l’homme, est dans l’incapacité d’arrêter un génocide dont il est le témoin direct. Nous portons à votre connaissance avec de plus en plus de tristesse et d’horreur, la vérité sur le bain de sang perpétuel qui a lieu en Palestine... Jusqu’à quand allons-nous nous contenter de compter ces victimes, sans réellement les sauver ? [Compter les décès]comme s’ils étaient une fatalité ? Combien de temps va durer l’hypocrisie de nos gouvernements qui continuent d’apporter leur soutien à Israël, dont les balles transpercent jour après jour les corps des enfants de Palestine qui demandent simplement d’avoir un avenir digne ? [...] Nos collègues soignants continuent de nous appeler au secours, ils sont ciblés au sein même de leurs unités de travail. Un ordre d’évacuation a été donné à l’hôpital Nasser qui a été bombardé et duquel les réfugiés ont été ciblés. Mais où vont donc aller tous ces patients alités, ces personnes âgées, ces malades dépendants des soins ? N’est-ce pas la preuve ultime de l’inhumanité de l’armée israélienne ?
A notre gouvernement : nous ne pouvons plus entendre indéfiniment les cris de ces nourrissons qui pleurent le manque de leurs mamans. Nous ne pouvons plus entendre ces appels déchirants des enfants qui veulent rejoindre sous la terre les parents qu’ils ont enterrés. Nous ne pouvons plus voir les images de ces adolescents qui ramassent les lambeaux de leurs parents.[...] Nous ne pouvons plus et ne voulons plus entendre nos représentants cautionner au nom de notre pays les actions inhumaines d’Israël, en continuant d’entretenir des relations avec les criminels de guerre, en ne revenant pas officiellement sur le soutien inconditionnel qui lui a été donné ; nous refusons que notre pays finisse d’étouffer les civils palestiniens en leur refusant la dignité par l’aide via l’UNRWA.[...]. Nous demandons à nos représentants d’enfin se questionner sérieusement... nous n’accepterons jamais que la France laisse faire ces crimes en notre nom, et nous nous battrons jusqu’à ce que le Monde ouvre enfin les yeux sur l’évidence, stoppe ce massacre, accorde enfin aux courageux Palestiniens les droits qu’ils méritent à vivre sur leur Terre, en paix et en sécurité ».
Ce collectif propose de frapper les esprits par un « die-in » : « vous allonger par terre pour symboliser toutes ces victimes décédées. Nous ferons une minute de silence, puis prendrons le temps de penser à chacune d’elle. Nous rendons hommage aux 70 180 blessés, aux 36 671 personnes assassinées, aux 6 000 enfants morts sous les décombres, aux 4 000 femmes tuées, aux 127 journalistes tués pour nous transmettre la vérité, aux 732 soignants pris pour cibles, aux 317 d’entre eux morts pour avoir voulu protéger des vies. »
Après le « die-in », un tour de la place de Jaude fait entendre en sortie des magasins ce combat humanitaire et pour la paix. La paix ?
"- Cessez-le-feu immédiat et permanent à Gaza ;
- Arrêt de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid et le droit au retour des réfugié·e·s palestinien·ne·s sur leurs terres
- Fin des assassinats et des arrestations arbitraires en Palestine occupée ;
- Protection du peuple palestinien ;
- Urgence humanitaire sans restriction à la hauteur des besoins sur place ;
- Sanctions juridiques, politiques et économiques envers le gouvernement israélien"
Des arméniens aux juifs, des Tutsis au congolais, des Rohingas aux Ouïgour et tant d'autres, ils sont tombés.
Agrandissement : Illustration 16
(1) Guerre et exil massif des palestinien·nes de leurs terres
(2) « Guerre des six jours », territoires occupés et colonisés
(3) AFPS 63, Amis Huma 63, Amis Temps Cerises, Asso Educ Interculturelle (AEDI), Attac 63, Cimade 63, CGT-UD 63, Collectif Blouses Blanches pour Gaza 63, Collectif Nous aussi-63, Confédération Paysanne 63, DAL 63, EELV 63, FPRA, FSU 63, Génération.s 63, Jeunes communistes 63, Jeunes écologistes 63, Jeunes Génération.s 63, LFI 63, Libre Pensée 63, LDH 63, MRAP 63, NPA 63, Nouvelle Donne 63, PCF 63, PG 63, RESF 63, Syndicat Avocats France 63, Solidaires 63, Union Etudiante Auvergne, Urgence Gaza 63, Voix lycéenne 63, 4ACG Auvergne.