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Billet de blog 21 nov. 2021

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Être heureux, une injonction pour une responsabilité écrasante

Un sondage nous apprend que 78% des Français se déclarent heureux. Et alors ? « Etre heureux », une injonction parmi une pluie d'injonctions qui veut nous asservir à un ordre où tout est de notre entière responsabilité.

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Être heureux ? Qui ne le souhaite ? Qui n'y aspire ? Qui ne s'en désespère ? Être heureux ! Art nouveau, choix ultime et supérieur, philosophie de vie ? Venu·es sur terre pour être heureux ? Jeté·es là pour être heureux ? Après des siècles de tourments pour obtenir un paradis après la mort, enfin une libération à notre portée pour peu que nous le voulions ?

Fichtre ! Depuis tant de siècle, de millénaire, l'homme, ce grand benêt inventif et prédateur s'ingénie donc à se compliquer la vie et la vue, à ne pas se rendre heureux, à refuser le bonheur pour cause de soucis compliqués qu'un peu de jugeote et d'éducation prolongée autant que nécessaire suffirait à chasser pour découvrir le nouvel eldorado du long fleuve tranquille promis par maints gourous. Si nous décidions d'être heureux alors nous le serions !

S'il est facile de se rendre malheureux dans le souci de la course au succès, à la carrière, à la performance, de se compliquer la vie à ressasser échecs, drames et frustrations, de chercher ailleurs ce qui est là, de voir toujours plus verte l'herbe du pré du voisin, il n'est pas si simple de vivre heureux dans la difficulté matérielle, les drames personnels et la pluie d'injonctions de l'époque qui nous veulent du bien pour nous imposer leurs diktats.

Bien sûr, au terme d'un cheminement personnel, il est possible d'ouvrir sa vie à l'air du large, au bonheur du moment présent, aux horizons de l'être heureux quand il ou elle  se dit « oui », peut accepter, peut renoncer, dans une confiance en soi retrouvée ou affirmée, puise à son énergie profonde qui l'anime en un être désirant.

Je ne parle pas de tous ces moments de bonheur, plus ou moins longs, plus ou moins intenses, plus ou moins répétés que nous vivons tous, souvent dans la simplicité et l'imprévu. Ceux-là sont le sel de nos jours, les soleils radieux de nos histoires grises. Je parle de cet état de bonheur permanent qui devrait jalonner l'existence, malgré ses vicissitudes, de ceux qui accéderaient à cet état supérieur de l'Être à défaut de transcendance dans des combats, des chemins si variés pour plus d'humanités.

Pour autant n'est-ce pas aller vite en besogne que de proclamer et d'accroire que nous sommes la seule source de notre bonheur, que si nous savons ressentir notre être profond, celui-ci saura nous guider et rester sur le chemin du bonheur ? Ce n'est que l'injonction à être heureux avec la menace d'en être seul·e responsable comme une complaisance, une faiblesse de ne l'être ; une injonction parmi bien d'autres où performer à tous moments, en tous lieux, en tout domaine avec la bienveillance obligatoire et un ton mesuré de rigueur sont devenus fin du fin, pluie d'injonctions insidieuses et permanentes qui étouffe à portée de l'intelligence, du savoir-vivre, d'une supériorité voulue. Marché de dupes, de souffrances et d'asservissement !

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