Comme dans des centaines de villes de France, la dissolution des Soulèvements de la Terre a rassemblé de 150 à 200 personnes devant la préfecture dès 19h avec l'orage menaçant qui a éclaté par moments nécessitant de s'abriter fissa sous les arcades toutes proches, n'entamant en rien la colère froide et la détermination de ces militants de tous âges surtout vingt-trentenaires et retraités. Vous lirez ci-dessous des témoignages sur le vif.
En procédant à la dissolution des Soulèvements de la Terre ce pouvoir montre l'absurdité d'une mesure (autant dissoudre les nuages quand l'orage gronde) qu'une dérive autoritaire confirmée qui place la force et la contrainte au rang des seuls moyens pour imposer une politique dévastatrice et honnie, celle qui détruit le vivant. Ce pouvoir n'a pas compris que ces plus jeunes mènent un combat existentiel tant l'avenir peut leur paraître sombre pour la plupart dans la fin des conditions de vie sur terre et la lutte pour la survie pour une minorité. Musk peut aller se rhabiller avec son fantasme de déporter la vie sur Mars, foutaise de bien trop riches.
Entre les manifestations syndicales qui, mois après mois, ont amené des millions de nos compatriotes dans la rue salués par une écrasante majorité de la population et l'indifférence absolu du pouvoir minoritaire et la volonté d'étouffer tout autre modalité d'action surtout celles qui touchent directement les responsables de ce désastre mondial qui est là, quels moyens d'action reste-t-il à ces forces vives qui veulent dégager un avenir quand ce pouvoir ne veut aucune contestation sauf celle qu'il autorise ou dont il se moque pour n'en tenir aucun compte ? C'est ainsi qu'on sème la violence, la vraie, pas celle dont il nous bassine avec aplomb et superbe.
Les violences policières niées ont éborgné, déchiré des mains, conduit à l'urgence vitale plusieurs manifestants comme à Sainte-Soline, tué Rémi Fraisse à Sivens. Que reste-t-il dans l'escalade meurtrière ? Suivez les marches de cette escalade : des morts pour défendre des bassines, des installations qui empoisonnent et détruisent le vivant ! Cette fuite en avant débouche sur l'horreur et la fin de la démocratie en bonne et due forme. Faut-il risquer la prison et le procès pour la moindre contestation dite violente quand la violence primaire, massive et installée est celle de l'état qui, dans la surenchère verbale insatiable défend les seuls intérêt privés des plus riches et non sa population ou la France, notre pays qu'ils mettent en coupe réglée ? Le pouvoir personnel s'installe par la force et dans la durée.
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Comme tous les dictateurs verbeux, Macron croit régler la question des contestations de cette économie mortifère par la violence répressive et l'intoxication verbale – son verbe qui chante « Aie confiance ! » - de la population, distordant le réel de ses actes et décisions, de ses motivations et de leurs conséquences, via des médias complaisants ou complices. Normal ! Qui possède ces médias sinon cette caste des plus riches qui veut le quatrième pouvoir sans partage !
Cette impasse dans laquelle s'est enfermée ce pouvoir aux abois et sans majorité impose à tous les militant·es de la lutte pour le vivant une immense responsabilité : celle qui sait le risque conscient pris pour soi et pour cette cause vitale sachant que l'adhésion d'une large partie de la population est une condition majeure à élargir sans cesse pour espérer enfoncer cette résistance massive qui dispose de tous les moyens de la force publique, des armes de guerre et des médias mainstream. Ces militant·es et collectifs peuvent être tenté·es par la marginalité intransigeante, des modes d'actions ultra-minoritaires. Ils auraient tort de se laisser emporter par cette attitude réactionnelle qui peut éloigner la solidarité entre toustes au profit de la compétition entre quelques-uns. Au-delà des formes épousées par le fonctionnement de ces groupes, le partage démocratique des fonctions construit la démocratie de demain. Sans démocratie, il n'y a pas d'avenir sauf celui des armes et son chaos.
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Témoignages sur le vif
Lorraine vient du Cantal, de passage à Clermont, se revendique des Soulèvements de la Terre :
"La manifestation de ce soir c'est très important pour le mouvement des Soulèvements de la Terre. C'est pour montrer qu'on est avec le Mouvement partout en France. On les lâchera pas malgré la dissolution. Ça va plutôt nous donner la force de continuer à poursuivre nos idéaux et nos valeurs qu'on défend contre l'accaparement du foncier, contre l'accaparement de l'eau, contre la destruction du vivant, contre l'anthropisation des milieux. Donc voilà aujourd'hui c'est un symbole et c'est aussi pour soutenir tous nos camarades qui se sont fait arrêter et se sont fait perquisitionner hier, les jours précédents suite à la manifestation qui a eu lieu au nord de Marseille et les arrestations à Notre Dame des Landes qui a eu lieu hier."
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Hervé, porteur de la banderole d'Attac, retraité, un vieux de la vieille des manifs :
"Je considère que tous les mouvements écologistes doivent se rassembler par rapport à ce qui se passe actuellement où on détruit toute la planète et on s'en prend à tous les mouvements écologistes sous diverses formes. Dissoudre un rassemblement d'associations c'est horrible on se demande dans quel mode on vit !"
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Emma de sa jeunesse flamboyante est un cri :
"Si je suis venue aujourd'hui c'est pour protester contre la dissolution du groupe des Soulèvements de la Terre, qui est un mouvement réactionnel et logique à toute la violence que l'Etat nous fait subir et je pense qu'il faut prendre les choses en main, défendre leurs terres, défendre nos terres et nos valeurs afin de pouvoir continuer à vivre dans ce monde qui est de plus en plus oppressif et de plus en plus dictatorial".
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LIre sur Alternatives économiques : "Soulèvements de la Terre : la dissolution ne dissoudra rien"