Georges-André (avatar)

Georges-André

Psychologue en retraite - Photographe et Journaliste-citoyen - Militant comme je peux encore...

Abonné·e de Mediapart

360 Billets

6 Éditions

Billet de blog 23 août 2023

Georges-André (avatar)

Georges-André

Psychologue en retraite - Photographe et Journaliste-citoyen - Militant comme je peux encore...

Abonné·e de Mediapart

Climat : inertie des politiques et réduction de la population mondiale

Réduire la population mondiale pourrait être une solution par inertie (sinon par choix) pour réduire fortement l'émission de gaz à effet de serre. Non pas la stabiliser mais la réduire et la réduire massivement ...

Georges-André (avatar)

Georges-André

Psychologue en retraite - Photographe et Journaliste-citoyen - Militant comme je peux encore...

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Réduire la population mondiale pourrait être une solution par inertie (sinon par choix) pour réduire fortement l'émission de gaz à effet de serre et partant les effets du dérèglement climatique dans quelques décennies. Non pas la stabiliser mais la réduire et la réduire massivement en milliards d'individus en utilisant la vieille recette "améliorée" de la sélection naturelle qui serait cette fois la sélection sociale. Elle concernerait les plus vulnérables, malades chroniques, handicapé·es sévères, vieux et vieilles, mais aussi l'armée des précaires, des pauvres, des ghettoïsé·es, habitant·es des passoires thermiques, travailleurs de force etc.

Point besoin de tuer ou de massacrer (sauf les migrants) mais laisser mourir à petit ou grand feu, "laisser faire la nature" : il suffit d'endimancher de vert et de compassion feinte la fuite en avant productiviste et financière, de réduire la production ciblée de médicaments indispensables à la survie de millions de personnes en plus de leur cherté, de laisser faire le dérèglement climatique pour rendre des régions entières du globe invivables au sens réel du terme. Dès lors - c'est le rapport avec cette néo-sélection naturelle - les terriens les plus fragiles pourraient périr très nombreux, par milliards possible (tout dépend où on met le curseur) pour alléger la production de gaz à effet de serre, certes sur des dizaines d'années mais avant la fin du siècle.

Moins d'humains sur terre c'est moins de consommateurs légers ou nécessiteux (on augmentera les prix pour les autres et maximiser les profits), moins de viande, moins de carburants pour se déplacer, moins de malades qui plombent - quand ils existent - les systèmes de santé, moins de vieux improductifs qui plombent les systèmes de retraite, quand ils existent encore etc. Struggle for life sauce XXI.

Les « très riches » de la planète dont certains pas loin du tout, pensent bien étendu échapper aux cataclysmes mondiaux et régionaux prévisibles grâce à leurs relations et leur fric démesuré. C'est assez évident en Nouvelle-Zélande devenu havre de fin d'humanité. C'est précisément la rationalité du projet : se débarrasser des « assisté·es » pour se retrouver avec les seuls productifs qui génèrent de la plus-value et qui consomment si peu d'assistance pour se retrouver tranquilles à l'ombre et au frais.

Ce projet fou n'est pas si fou. Croire que nos dirigeants, que les sociétés mondiales, que les financiers de la planète ne croient pas au dérèglement climatique (ils n'en auraient pas pris conscience) est une erreur majeure. Ils et elles connaissent très bien les conséquences et les causes de ce dérèglement en cours. Dès les années 70, les grandes compagnies pétrolières mondiales le savaient mais business is business, fallait juste le cacher en le niant avec constance et aplomb.

Oui mais maintenant que nous sommes bien au courant, comment continuer à faire ces profits faramineux qui donnent tout pouvoir, continuer à creuser les inégalités, les accaparements des ressources (dont l'eau) en profitant du dérèglement climatique ? Vous pensez bien que ce n'est pas en mettant en cause cette notion de profit permanent maximum, de PIB, bref cette économie capitaliste qui nous tend un miroir complaisant pour espérer en être un jour à défaut de miettes ? * Pour concentrer toujours plus l'argent et le pouvoir jusqu'à gouverner à la place des états et des gouvernements (largement complices), c'est bien en laissant la mort faucher les plus fragiles en s'apitoyant sur les morts les plus médiatiques, la main sur le cœur et la buée au coin de l’œil de la lunette. Laisser faire – vieille devise - tout en suivant à distance bien derrière, sans mettre en œuvre les mesures nécessaires, sont les moyens pour liquider sur la durée ces milliards de trop. A moins de quelques milliards c'est une opération pas rentable. Laisser faire, laisser mourir, laisser crever est la dernière solution d'un capitalisme mondial qui n'a aucune, strictement aucune limite à sa cupidité et sa voracité. Ils ne lâcheront rien que nous ne prenions que nous en mourrons par milliards ou pas.

Vous croyez que je déménage ? Que la vieillesse fatigue mes neurones disjonctées ? On peut se rassurer ainsi. Dans l'inertie mondiale qui n'est en aucun cas à la hauteur de l'enjeu (2022 le record d'émission de gaz à effet de serre) du dérèglement manifesté par une météo ubuesque, année après année, de pire en pire entre incendies, sécheresses, inondations, températures extrêmes pendant que jets-stream et courants marins ralentissent et provoquent déjà des météos hallucinantes, je dis simplement que ces manifestations déjà catastrophiques ne sont qu'un début. L'inertie des puissances mondiales et de la France donnent à penser que cette idée de liquidation par milliards serait bienvenue pour reprendre la main et liquider en passant la démocratie pour n'en garder que des apparences. Tout se passe comme si cette liquidation était actée (s'arrêter là serait propos complotiste) ou plus exactement actée dans les faits, dans les décisions qui sont prises pour financer encore le minerai fossile et s'en remettre à la seule adaptation aux température extrêmes qui montent et monteront encore avec moult conseils et astuces pour y faire face tandis que la population la plus précaire au point de vue énergétique s'en ira vers des urgences saturées ou restera sur les bord du lac asséché (En Afrique en particulier). Combien de morts supplémentaires cet été, en France et dans le monde ?

Comme si, par passivité et inertie malgré le ripolinage en vert, c'est pas déjà une décision.

Lire : "Canicule : le gouvernement brasse de l’air, les plus fragiles meurent" MDP, Mickaël Correia, 23 août

PS : comment s'adapter à +4° en 2100 ? pourquoi pas à +5° et à combien après ? S'adapter à toujours plus de chaleur qui, sans mesures sérieuses et rapides grimpera au-delà dans une réversibilité compromise, n'est pas une gageure mais une illusion.

* "Miettes" le dernier CD (19 chansons) de Michelle Bernard qui vient juste de sortir chez EPM.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.