26 janvier Education Nationale : le front uni des syndicats réussit sa manifestation

A 10h place Delille à Clermont-Ferrand, la manifestation organisée par un front uni des principaux syndicats des personnels de l'Education Nationale a dépassé largement le millier de personnes malgré le froid et la crainte de la pandémie. Dans le cortège, les invisibles : infirmières des établissements, assistant.es d'éducation, personnels au service des handicapés et bien d'autres...

Ce 26 janvier à Clermont-Ferrand

A 10h place Delille, pour ce jour de grève, la manifestation réussie  des personnels de l'Education Nationale avec un front uni de ses syndicats a dépassé largement le millier de personnes malgré le froid et toute crainte pandémique. C'est l'objet de ce billet.

A 12h, pour la journée nationale organisée par la FAGE, la mobilisation d'un après-midi dynamique et pédagogique d'étudiant.e.s  sur le campus des Cézeaux manifestent leur maturité et leur responsabilité pour travailler enfin dans les locaux de l'Université et non plus devant l'écran dans une chambre de 9 m². C'est l'objet de cet autre billet :

1 - La manifestation

Cette manifestation est organisée par les syndicats auvergnats de la maison Education Nationale pour une fois réunis sous une même banderole : F.S.U, Fnec-fp F.O, CGT Educ'Action,  SNALC,  SUD-EDUCATION-Solidaires, SE-UNSA, SGEN-CFDT Auvergne. Est-ce cette unité qui a fait le succès de cette manifestation ? Probablement en complément du ras-le-bol massif et profond qui manifeste le divorce entre ce ministre Blanquer qui impose et poursuit qui s'oppose, à propos du sanitaire, ses improvisations et injonctions, du démantèlement de l'Education  Nationale par tous les bouts et jusqu'au bout, tout en poursuivant les fermetures de postes en privant ces personnels d'une revalorisation des salaires bien nécessaires pour pouvoir recruter, pour des conditions de travail toujours plus dégradées et précaires. De fait, la banderole affiche de façon synthétique : "Pour nos conditions de travail, pour nos salaires, pour nos postes, un autre budget de l'Education". Plusieurs organisations réclament sa démission.

Le rassemblement place Delille dans une énergie renouvelée.

Dès 10h les personnels affluent place Delille permettant un vrai succès à cette manifestation. © Georges-André Photos

La manifestation, de la place Delille au rectorat.

La Manifestation de la Place Delille au Rectorat © Georges-André Photos

 Devant le rectorat

Uni.e.s devant le Rectorat © Georges-André Photos

A ce jour trente et une organisations du département dont celles de cette journée appellent à participer massivement à la manifestation du:

samedi 30 janvier  - 15h - Place de Jaude

Pour la défense des libertés publiques
Retrait du projet de "sécurité globale"
Retrait des décrets sur le fichage des militant.e.s

 2 - Les interventions syndicales

(Les extraits des interventions ci-dessous sont issues des interventions orales qui m'ont été aimablement communiquées).
Si vous les écoutez, vous comprendrez ce ras-le-bol, cette colère, la lassitude qu'ils éprouvent, l'énergie qui les mobilise, le mépris dont ils sont l'objet.

Patrick pour la FSU 63

Patrick - F.S.U.63 © Georges-André Photos
"... En ce jour de grève où la mobilisation de tous les personnels de l’Education est à la hauteur des revendications, la FSU tient en effet à remercier chaleureusement et solennellement le ministre Blanquer pour la considération et la reconnaissance dont il fait preuve envers les personnels : Pour les personnels de santé qui se sont investis au titre de la réserve sanitaire, éjectés de l’Education Nationale et transférés aux collectivités territoriales ! Pour les adjoints gestionnaires qui ont permis que la réouverture des collèges et lycées se fassent avec un minimum de matériel de protection : ils ont gagné un deuxième chef ! Pour les professeurs des écoles qui ont assuré la garde d'enfants de soignants et la « continuité pédagogique » : aucune création de postes ! Pour les enseignants du 2nd degré qui ont assuré un travail à distance conséquent : de
nouvelles suppressions d’emplois, -54 pour la rentrée 2021 dans l'académie de Clermont, et toujours plus d’heures supplémentaires ! Pour les CPE et les professeurs documentalistes : ni revalorisation ni prime d’équipement ! Pour les PsyEN : recrutements insuffisants et remise en cause des missions ! Pour les AED : pas de statut, pas d'augmentation de salaires, pas de prolongation de contrat ! Pour les AESH : des PIAL à tous crins, des temps partiels imposés et des salaires de misère ! Pour les profs d’EPS : gymnase fermé, sauf, le cas échéant, pour faire manger les élèves ! Pour les TZR : plus de services partagés, plus de temps de déplacements ! Pour les contractuels : ni revalorisation ni titularisation !  Une revalorisation indigente pour seulement un tiers des enseignants dont les autres sont exclus !..."

 Cécile pour la FNEC-FP- FO

Cécile - F.O. 63 © Georges-André Photos

Sophie pour la CGT Educat'Action

Sophie - CGT Educ'Action 63 © Georges-André Photos

Fabienne  pour SUD-EDUCATION

Fabienne - Sud Education 63 © Georges-André Photos
" ... Le ministre Blanquer nous méprise et nous malmène. Ses réformes aggravent les inégalités et détruisent l’école publique ! En France, les salariés de l’Éducation nationale souffrent d’une dévalorisation financière importante.Depuis plusieurs années, les rares augmentations du point d’indice étant inférieures à l’inflation, nos salaires baissent. Par rapport à 1985, ils ont baissé de presque 20 %.
Et, sans surprise, le Grenelle de l’éducation est une mascarade, encore pire que le Ségur de la santé! Nous réclamons une augmentation de salaires pour toutes et tous. On nous promet des primes, et uniquement pour certains personnels. Pour 70% des enseignants, il faudra se contenter de la prime d'équipement, c'est à dire 12,50€ par mois.
Et encore, même dans le même corps, tout le monde n’y aura pas droit : les professeur-e-s de documentation en sont exclu·e·s ! Quant à celles et ceux qui ont déjà le moins (AED, AESH, personnels administratifs et enseignant·e·s contractuel·le·s et stagiaires), ils et elles sont exclu·e·s du versement de la prime qui n’a attractivité que le nom.
D
ans l’Éducation Nationale comme ailleurs, les primes creusent les écarts de rémunération entre les genres et entre les corps. Les femmes, une fois encore, sont les grandes perdantes avec un salaire moyen inférieur de presque 14 % à celui des hommes !
Nous n’acceptons pas que le gouvernement nous distribue quelques miettes pour mieux nous diviser. D’autant que ces maigres primes s’accompagnent, d’un changement du « référentiel des métiers » comme on dit dans le jargon ministériel. Belle expression qui cache bien peu une nouvelle dégradation de nos conditions de travail avec notamment un renforcement de l’emprise hiérarchique !..."

Le S.E. - UNSA

S.E. 63 © Georges-André Photos

 SGEN-CFDT Auvergne

SGEN-CFDT 63 © Georges-André Photos

 Mayke pour l'UNEF Auvergne

Mayke - UNEF Auvergne © Georges-André Photos

 

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