Combattre solidairement la répression et les menaces

Ce 27 février, un rassemblement intersyndical devant le Palais de Justice de Clermont pour la défense des libertés syndicales et contre l'ensemble des répressions. Chronique et déclarations sous une petite pluie intermittente. Tous menacé.e.s, tous concerné.e.s. La répression qui depuis plus d’un an frappe le mouvement des gilets jaunes devient la norme pour toute la société

Le tract intersyndical départemental du Puy-de-Dôme CGT-FO-FSU-Solidaires-UNEF appelant à un rassemblement devant le Palais de Justice de Clermont-Ferrand ce 27 février commence par ces mots qui donnent le ton et le thème de cette action : "La période qui s’est ouverte le 5 décembre connaît une aggravation significative des menaces et mesures de répression à l’encontre des militant∙e∙s syndicalistes, des jeunes (brutalités contre les lycéen∙e∙s qui refusent la réforme du bac), et plus largement de celles et de ceux qui agissent pour exprimer leur désaccord, de celles et de ceux qui veulent être acteurs et actrices dans et hors leurs lieux de travail. La répression qui depuis plus d’un an frappe le mouvement des gilets jaunes devient la norme pour toute la société. Le simple fait de vouloir organiser un rapport de force pour peser dans une négociation ou un conflit social (jeté de livres, occupation symbolique de locaux, distribution de tracts aux usager∙ère∙s ...) devient prétexte à déclencher des mesures disciplinaires et/ou des convocations pour audience au commissariat."

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Que l'intimidation ou les poursuites affectent un Gilet Jaune, un chômeur, des salariés, jeunes ou non, militants climatiques ou syndicaux, atteint solidairement tous ceux et celles qui luttent contre cette réforme et au-delà tous et toutes qui luttent pour un avenir démocratique faisant face aux défis majeurs du temps. Cette politique répressive indissociable de la politique ultralibérale triompherait et nous asservirait si, ne dépassant pas les divergences et les réflexes d'organisation, ces forces diverses ne parvenaient pas à s'organiser en front uni pour s'y opposer. Ces atteintes à l'expression démocratique doivent être combattues en totale solidarité pour mettre en échec cette politique de facilité et de court terme. Elle sont la conséquence d'un exécutif qui veut passer en force chacune de ses réformes, en particulier cette réforme des retraites, malgré une écrasante majorité parlementaire. Ces députés de la majorité sont élu.e.s dans la foulée de l'élection présidentielle. Ils doivent ainsi leur mandat au seul Président et ne peuvent donc qu'être aux ordres et à la botte de celui-ci, abandonnant le pouvoir législatif à l'exécutif si ce n'est à ce seul président. Séparation des pouvoirs ! Les dégâts pour la cohésion de la société, que l'opposition soit majoritaire n'y change rien : il s'agit d'imposer par tous les moyens. S'agissant des retraites, il pouvait sortir par le haut en organisant un référendum et se battre dans le cadre d'une campagne référendaire pour convaincre mais le président a refusé cette sortie honorable et juste, démocratique en l'état du conflit.

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L'intimidation et la répression sont largement facilitées par un arsenal législatif et règlementaire surabondant pour traquer et punir sous n'importe quel prétexte. Nous en en sommes-là.

Maître Borie, avocat au barreau de Clermont-Ferrand, syndicat des avocats de France,
fin connaisseur et défenseur des poursuites dans ce cadre, explicite cette dérive qui nous menacent tous :

Maître Borie, Syndicat des avocats de France © Georges André

Fabienne Chambon, de Sud-Education rappelle que "l'escalade répressive mise en oeuvre par Macron et ses ministres vise à nous empêcher d’exprimer notre rejet de leur politique et de la contre réforme des retraites. Les convocations au commissariat, les poursuites disciplinaires et pénales, les arrestations et garde-à-vues arbitraires et sans fondements se multiplient, dans de nombreuses villes, les violences policières sont monnaie courante. Nous sommes solidaires de tous nos camarades inquiétés. Nous devons défendre sans relâche les libertés syndicales ainsi que le droit de grève et de manifestation..."

Elle appelle à l'action le 8 mars "journée internationale des luttes pour les droits des femmes". Elle poursuit : "le 8 mars 2020 doit être une date incontournable du combat social dans ce pays. Parce que les femmes n’ont toujours pas l’égalité, et qu'elles vont perdre encore plus leur autonomie économique avec cette contre-réforme des retraites, elles sont en vérité les grandes perdantes et les auto-amendements mineurs
apportés hier à l’Assemblée n’y changeront rien. Alors oui, crions le haut et fort ! Le 8 mars 2020 doit être le prolongement de la lutte contre le projet de loi... envahissons la place de Jaude... dès 14h... Avant la prochaine grève interprofessionnelle du 31 mars qui doit être massive, Solidaires appelle à participer à toutes les initiatives..."

Solidaires Fabienne Chambon © Georges André

Trois soignantes de l'hôpital de RIOM en grève tournante depuis fin novembre ! © GeorgesAndréPhotos Trois soignantes de l'hôpital de RIOM en grève tournante depuis fin novembre ! © GeorgesAndréPhotos

  Ghislain Dugout, secrétaire UD CGT 63 ouvre les déclarations : "... La répression c'est l'arme qu'utilisent les gouvernements et les patrons du monde entier quand ils refusent le débat d'idées et le dialogue, quand ils se croient légitimes dans les réformes qu'ils veulent instaurer même si l'opinion publique exprime une forte opposition. La mobilisation du mouvement des Gilets Jaunes est le plus bel exemple. Le gouvernement ayant choisi volontairement de rester sourd aux revendications des manifestants tout en favorisant la montée des violences au sein des cortèges."

Ghislain Dugout UD CGT 63 © Georges André

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 Nicolas MONTEILLE pour l'UD F.O. 63 prend la parole :

Nicolas MONTEILLE UD F.O. 63 © Georges André

Jérôme, Gilets Jaunes et artisan s'exprime avec passion © GeorgesAndréPhotos Jérôme, Gilets Jaunes et artisan s'exprime avec passion © GeorgesAndréPhotos

 La représentante de l'UNEF Clermont au micro :

UNEF Clermont © Georges André

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 Le secrétaire du SNEF-FSU rappelle la répression et les menaces administratives en cours liées aux E3C :

Le secrétaire SNES - FSU © Georges André

Enfin Paco expose la situation des animateurs de la ville de Clermont-Ferrand très mobilisés pour obtenir un contrat qu'il n'ont pas depuis 5 ans que se sont mises en place les activités périscolaires. Aucune garantie d'emploi, aucune sécurité sociale. Un gros pavé dans la mare de la majorité municipale qui repousse indéfiniment la signature d'un contrat légal pour ces personnels. Une question locale qui peut être réglée localement. Il appelle à un rassemblement le soir même, place de Jaude, avec ces animateurs. Ils étaient 250 animateurs/trices vendredi 22 février dans le patio de la Mairie pour réclamer un statut. Maître Borie, intervenant à sa suite au début de sa déclaration, confirme l'illégalité des engagements actuels et la précarité de ces personnels municipaux sans autre qu'un vague engagement déclaré illégal par la juridiction administrative.

Paco et l'attente d'un contrat de travail des animateurs de la ville © Georges André

Pour déambuler virtuellement dans cette manifestation...

Déambulation dans le rassemblement © Georges André

 

 

 

 

 

 

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