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Billet de blog 28 oct. 2022

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« Femme, vie, liberté » partout et à Clermont - soutien au peuple iranien

Aux cris de « Femmes, vie, liberté » les iranien·nes de Clermont-Ferrand ont donné le ton de cette manifestation de soutien du 26 octobre devant la préfecture du Puy-de-Dôme après la mort de Mahsa Amini pour une mèche de cheveux qui dépassait du hijab obligatoire pour cause de théocratie dictatoriale.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Vue d'ensemble des manifestant·es © Georges-André Photos

Vous le savez, pour une mèche de cheveux dépassant de son voile, Mahsa Jina AMINI, 22 ans, originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest du pays) est morte, arrêtée par une police des mœurs le 13 octobre, assassinée trois jours plus tard dans les geôles d'un régime honni, dictature sanglante depuis quarante ans. Elle est devenu le symbole du soulèvement de la jeunesse iranienne au mépris du danger et d'une répression qui tue et mutile pour refuser cet ordre où les femmes sont assujetties au pouvoir de mâles hors d'âge, emmurés dans un pouvoir sans partage.

Illustration 2
Sur fond noir en lettres blanches © Georges-André Photos

A Clermont-Ferrand ce 26 octobre devant la préfecture du Puy-de-Dôme et à l'appel de nombreuses organisations (associations, collectif, syndicats, partis) *, 150 à 200 personnes dont bon nombre d'iranien·es se sont rassemblées devant la Préfecture du Puy-de-Dôme pour exprimer leur soutien au « peuple iranien en lutte contre ce régime théocratique et liberticide ».

Les nombreu·ses iranien·nes présent·es arboraient les reproductions des œuvres de Sara Shoghi. Nous en reproduisons quelques-unes avec leur autorisation. Voici ce qu'elle en dit elle-même : "The collection is an adaptation of an Iranian painting. To convey the message of the images, I was searching for elements that could be used in both form and content. Thus, I used Shahnameh ( book of the King), which is one of the most well-known Iranian books in the field of epics. The paintings can be viewed from two perspectives :

1 - Essentially, Iranian painting has been narrative and story paintings for centuries, which have recorded historical events. Furthermore, these works are a symbolic adoption of Iranian motifs that have been rearranged and made new in a new composition and structure, which can be both a reminder of the oriental aesthetics and a retelling of the history of Iran through a new perspective.

2- From a conceptual and content perspective, this new collection is, in a sense, a rereading and rethinking of today's events in a historical context. It is also important to remember the people who have fought for freedom and high human concepts for many centuries and were oppressed, but not forgotten. This is along with the memories of national struggles.

I created portraits of individuals that reflect the viewpoint of those free-thinking and justice-seeking individuals who firmly believed in the concept of human freedom and could not be compelled to submit to oppression or be indifferent towards the society in which they live. They are not concerned with their own personal interests and those of their families. It is my intention to be a voice for free souls." ** (traduction)

Illustration 3
Une oeuvre forte et signifiante © Georges-André Photos

Ils et elles sont arrivé·es en France comme réfugié politique ou étudiant·es depuis quelques années ou seulement deux mois. Avec familles et ami·es resté·es en Iran, il est aisé de comprendre les sentiments mêlés qui les agitent entre crainte et espoir.

Après les prises de paroles successives en fin de manifestation, emmenés par leurs voix fortes, chants et cris ont exprimés leur détermination et cet espoir d'une révolution démocratique rendant palpable celle des manifestant·es en Iran, au-delà de la peur.

Le coeur, la conviction et le punch y sont au maximum © Georges-André Photos

Traduction : "Liberté liberté liberté....De Berlin à l'Iran, je sacrifie ma vie pour l'Iran...A bas à bas khameneï (mort à khameneï)... mort au dictateur, femme vie liberté... Liberté liberté liberté. Dis liberté liberté liberté, Dis liberté liberté liberté. Même si nous sommes loin de la patrie, nous sommes derrière vous, compatriotes...Femmes vie liberté...Cette année est l'année du sang, Seyyed Ali est renversé."

  • Parsa au nom des iranien·nes rassemblé·es :
    Parsa pour les iranien·nes présent·es © Georges-André Photos

« Au moment de ce rassemblement, c'est le 40ème jour du mouvement révolutionnaire en Iran. Mahsa Amini, assassinée pour avoir refusé l’obligation de porter le voile, est devenue un symbole pour cette révolution.

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Masha Jina AMINI © Sara Shoghi

Le peuple iranien, se bat malgré la répression extrêmes violente, pour son droit de vivre dans une société libre et démocratique. Ça fait plus de 40 ans que le régime fasciste islamique a réprimé tous les mouvements révolutionnaires en Iran. Ce régime monstrueux n'est pas seulement le problème du peuple iranien, mais aussi le problème des autres pays du proche Orient (Syrie, Iraq, Afghanistan et Liban).

L'émancipation de ce régime totalitaire, sera la première étape vers la liberté pour l'Iran et les autres pays. Depuis le début de ce mouvement, le régime à tué plus de 250 personnes et 32 enfants. Les iraniens ne veulent plus un régime islamique dans leurs pays, la religion a toujours été un obstacle pour la progression et la liberté, alors que nous voulons un régime véritablement laïc.

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Hossein Ronaghi-Maleki, né en 1985, est un blogueur et dissident politique iranien qui a étét emprisonné en 2009 pour son rpole dans les manifestations post-électorales qui ont éclaté en Iran © Sara Shoghi

La séparation entre la politique et la religion est la première étape afin de pouvoir atteindre notre liberté. Le slogan fondamental de notre révolution est "Femme, Vie, Liberté". Les femmes ont toujours été les victimes de répression dans le régime patriarcal et nous voulons mettre une fin à ce cauchemar qui a duré pendant longtemps. Les iraniens dans les autres pays européens, aux États-Unis et au Canada, se sont rassemblés afin d'être la voix de ce mouvement et on va continuer d'être solidaire pour qu'on puisse réussir. Soyons solidaire avec tous les mouvements démocratiques, féministes et antifascistes dans le monde entier. Nous avons aussi besoin de la solidarité des activistes et de nos alliés politiques au parlement français pour dénoncer les politiques des ambassadeurs iraniens en France comme partout ailleurs qui sont les pions du régime et qui servent à le valoriser depuis l’étranger. Le régime organise sa propagande et sa répression en Iran comme à l’étranger, notre résistance va le faire tomber à tous les niveaux !  Vive la liberté, vive les peuples réprimés dans le monde entier ! »

Le chant de lutte pour l'émancipation de l'Iran en hommage à Mahsa

Traduction : https://fb.watch/gqotPA0PrL/  et cliquer sur la première vidéo "Pour#MahsaAmini"


  • Pour le "collectif Nous aussi"
Collectif Nous aussi © Georges-André Photos
  • Mohanad au nom de la LDH et de toutes les organisations

« Le 13 septembre, Mahsa Jina AMINI, âgée de 22 ans, originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest du pays), a été arrêtée par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». Elle est morte trois jours plus tard en détention, après être tombée dans le coma.

Après sa mort tragique, la foule s’est rassemblée devant l’hôpital où elle est décédée. Les forces de sécurité ont battu et arrêté un nombre important de femmes et d’hommes et ont rapidement transféré le corps de Mahsa Jina a Saquez, sa ville natale.

Malgré la pression exercée par les autorités pour que Mahsa Jina soit enterrée immédiatement, ses funérailles ont eu lieu samedi 17 octobre matin, avec une présence massive de la population de Saquez, en deuil, et en colère. Elles et ils ont scandé des slogans contre la République islamique, le hijab obligatoire et l’oppression systématique des femmes en Iran.

L’épitaphe sur la pierre tombale de Mahsa Jiina se lit en kurde : « Bien-aimée Jina, tu ne mourras pas ; ton nom sera un symbole ».

Ce drame suscite une vague de colère a travers l’Iran, ce qui se traduit par des manifestations partout dans le pays. Des slogans hostiles au régime théocratique sont scandés, tels que « mort au dictateur », ou encore « mort a la République islamique » !

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Asra Panahi - Une adolescente morte sous les coups de la Police après une sortie scolaire © Sara Shoghi

En soutien, une foule de femmes ont manifesté tête découverte, d’autres ont également décidé de couper leurs cheveux. Pas un seul jour sans qu’elles n’affirment leur droit a exister, avec ou sans voile, comme elles le veulent. Sur les réseaux sociaux aussi, la colère gronde. Sur Twitter, le hashtag #Mahsa_Amini en persan arrivait en tête dimanche 18 septembre, avec près de 1,5 million de tweets. Dans la capitale, des étudiant·e·s ont lancé des mouvements de protestation dans plusieurs universités, dont celles de Téhéran et de Shahid Beheshti. Elles et ils scandent des slogans comme “Mort a la dictature, celle du Guide comme celle du Chah”. L’application de la charia est régulièrement contestée dans le pays et le décès de Mahsa Jina Amini réveille les critiques envers la police des mœurs (chargée notamment de faire respecter le port obligatoire du foulard en public) et ses interventions violentes.

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Voilà un mois que Niloofar Hamedi est en prison pour avoir, la première, relayé en Iran et au monde la mort de la jeune Mahsa Amini. © Sara Shoghi

Les autorités iraniennes déploient leur stratégie répressive pour étouffer les manifestations et mater toute remise en cause de leur pouvoir. Des dizaines de manifestant·es ont été tué·es par balle, notamment à Zahedan le 30/9 où au moins 66 personnes auraient été abattues, dont des enfants.

Malgré cette répression sanglante, les censures et coupures des réseaux internet, les agressions sexuelles ciblées sur les femmes mobilisées, les arrestations arbitraires, la mobilisation reste debout et déterminée. Dans certaines villes, le climat est insurrectionnel et les forces de l’ordre sont obligées de reculer devant la détermination des manifestant·e·s. De nombreuses organisations syndicales construisent des mouvements de grève. Le Kurdistan est traversé par des journées de grèves générales qui confinent a des opérations villes mortes avec la fermeture des commerces. Depuis le samedi 1 octobre, les étudiant·e·s sont entré·e·s en grève générale dans tout le pays. Les slogans « Etudiants, Travailleurs, Unité Unité » fusent dans les universités. C’est justement ce que craint le régime : la jonction entre les travailleurs·euses, les mobilisations des femmes et de la jeunesse. »

  • Intervention de Leïla, OLF 63
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Leïla Chétih pour Osez le féminisme 63 © Georges-André Photos

Osez le féminisme 63! est une association qui milite pour les droits des filles et des femmes dans le monde. Que se passe-t-il ? Quand on nait fille ou quand on est femme, il se passe qu’on peut être agressée, violée, parce qu’une mèche de cheveu dépasse, parce que notre tenue ne convient pas, parce que notre jupe est trop courte ici, parce que notre jupe est trop longue là-bas, parce qu’il y a un petit bout de peau qui dépasse, parce qu’on est maquillées, pas maquillées, parce qu’on est seule la nuit, parce qu’on est seule sur la place, dans l’espace public, parce qu’on rentre chez soi, parce qu’on a dit un mot de trop !
En fait le principe de la domination masculine, le principe du patriarcat est malheureusement international et notre sororité en face, elle doit l’être aussi internationale, notre solidarité elle doit être là !
Je suis vraiment un peu triste qu’on soit si peu à défendre des femmes qui sont à l’autre bout de la planète mais le patriarcat bousille les femmes à l’autre bout de la planète et ici aussi.
J’avais envie de vous lire une des phrases d’une des lauréates du prix nobel de la paix de 2011, parce qu’en ce moment aussi, au Tchad, il y a une répression suite à malheureusement un acte politique qui est encore un acte dictatorial et on a des mouvements de la ligue féministe au Tchad qui sont réprimés, persécutés parce qu’elles militent pour les droits des femmes, et on n’en parle pas assez non plus.
Solidarité et sororité avec nos soeurs de part le monde Voici la phrase de Leymah Gbowee “ Nous devons continuer à nous unir entre soeurs
transformer nos larmes en triomphe. Nous ne pouvons pas nous reposer tant que notre monde réalise la plénitude et l’équilibre et prône l’égalité réelle entre les fs et les hs, égales et égaux, partout dans le monde. Sororité entre toutes les femmes du monde entier.”

  • Yves pour l'AFPS 63

« L’AFPS 63 est solidaire du peuple iranien, et notamment des femmes, en lutte pour la liberté, l’émancipation, l’égalité des droits et la justice sociale. Le régime théocratique iranien doit respecter les Conventions Internationales qu’il a ratifiées, dont celles sur la liberté de manifestation.

Le contexte géopolitique du Moyen Orient est dramatique depuis plus d’un siècle, où il est devenu le champ clos des puissances impérialistes (Angleterre, France, USA, Russie) en lutte pour le contrôle des réserves de pétrole et la domination coloniale puis néocoloniale. Les puissances régionales comme l’Arabie saoudite, Israël, la Turquie, l’Egypte, la Syrie, l’Irak, l’Iran rivalisent dans la course aux armements et l’exploitation des peuples. Une course délétère au nucléaire a été initiée dès les années 50 par Israël, avec le soutien de la France et des USA. Plusieurs pays de la région, dont l'Iran, participent à cette course. Les sanctions et le blocus économique de l'Iran mises en place par les USA et Israël participent à l'appauvrissement du peuple iranien et à l'instabilité de la région et du monde, et encore plus dans le contexte de la guerre actuelle en Ukraine.

Nous appelons à la solidarité avec le peuple iranien et les femmes iraniennes, et à la dénucléarisation du Moyen-Orient, y compris en Israël, seule puissance militaire nucléaire dans la région. Israël refuse de signer le traité de non-prolifération, et les visites de l’AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique. Non au deux poids-deux mesures pour le nucléaire au Moyen-Orient ! Désarmement nucléaire pour tous les pays !

Vive la solidarité entre les peuples, pour la justice sociale, l’émancipation face au colonialisme et au patriarcat, le contrôle de leurs richesses, la liberté et la paix ! »

  • L'UNEF avec Isaac
    Isaac - UNEF © Georges-André Photos

* Solidaires, ATTAC, UNEF, NPA, Nouvelle Donne, Collectif Nous Aussi, PCF, LDH, FSU63, EELV 63, CGT 63, LFI 63, Amis Temps des Cerises, RESF 63, AFPS 63, Planing familial, Cimade 63, UNSA, Génération.s, Libre Pensée 63, PS 63

** " La collection est une adaptation d'une peinture iranienne. Je cherchais des éléments utilisables tant dans la forme que dans le fond. Ainsi, j'ai utilisé Shahnameh (livre du roi), qui est l'un des livres iraniens les plus connus dans le domaine des épopées. Les peintures peuvent être vues sous deux angles

1 - Essentiellement, la peinture iranienne a été des peintures narratives et d'histoire pendant des siècles, qui ont enregistré des événements historiques. De plus, ces œuvres sont une adoption symbolique de motifs iraniens qui ont été réarrangés et renouvelés dans une nouvelle composition et structure, qui peuvent être à la fois un rappel de l'esthétique orientale et un récit de l'histoire de l'Iran à travers une nouvelle perspective.

2- D'un point de vue conceptuel et de contenu, cette nouvelle collection est, en un sens, une relecture et une repensée des événements d'aujourd'hui dans un contexte historique. Il est également important de se souvenir des personnes qui se sont battues pour la liberté et les grands concepts humains pendant de nombreux siècles et qui ont été opprimées, mais pas oubliées. Cela s'ajoute aux souvenirs des luttes nationales. J'ai créé des portraits d'individus qui reflètent le point de vue de ces individus libres penseurs et en quête de justice qui croyaient fermement au concept de liberté humaine et ne pouvaient être contraints de se soumettre à l'oppression ou d'être indifférents à la société dans laquelle ils vivent. Ils ne se soucient pas de leurs intérêts personnels et de ceux de leur famille. C'est mon intention d'être une voix pour les âmes libres."

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