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Billet de blog 29 sept. 2022

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Droit et accès réel pour toutes et partout à l'IVG

Ce 28 septembre, jour international pour l'avortement, les militantes des associations féministes ont réclamé haut et fort à Clermont-Ferrand le droit à l'avortement et l'accès à ce droit partout et tout le temps. Quizz, chorégraphie écarlate et interventions vigoureuses ont bravé les éléments humides et frais.

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Toujours actuel et sera toujours d'actualité comme tout droit et accès réel au droit © Georges-André Photos

Lire aussi  l'excellent article largement documenté  :  Accès à l’IVG : des progrès dans la loi, des galères sur le terrain


Le droit et l'accès au droit pour toutes et partout c'est ce que sont venues proclamer et réclamer avec vigueur les militantes des associations féministes et des autres associations regroupées au sein du collectif Clermontois « 8 mars toute l'année » en ce 28 septembre, journée internationale pour le droit à l'avortement.

Le droit à l'avortement, droit fondamental  : dans bien des pays en particulier dans notre continent, pas de droit d'avorter en Andorre, Malte, Monaco, Pologne. Dans ce dernier pays, célèbre pour imposer une législation rétrograde, "les réfugiées venant de l’Ukraine en guerre, se voient refuser un droit auquel elles avaient pourtant accès dans leur pays. Aux États-Unis, la Cour Suprême a osé en juin dernier remettre en cause le droit à l'avortement qui dépendra désormais des différents États. À ce jour 18 États interdisent l'avortement ou sont en passe de le faire, quatre réduisent son accès. Les femmes d’Amérique latine, de l’Équateur au Pérou en passant par le Salvador et le Brésil, luttent sans relâche pour arracher ce droit, durement réprimé. Les Argentines et les Colombiennes l'ont obtenu de haute lutte. Les femmes d’Afrique et du Moyen-Orient, en majorité, vivent dans des pays où l’avortement est totalement interdit ou très restrictif."

Rassemblé·es près et dans le kiosque

L'accès à l'avortement : « Il est considérablement entravé en Espagne et en Italie par le nombre important de médecins qui se réfugient derrière leur clause de conscience pour exercer un refus de soin alors que l'avortement est un droit. En France, l'accès à l'avortement est empêché par les fermetures de maternités de proximité et donc de centres d'Interruption Volontaire de Grossesse, les diminutions de budgets alloués aux associations féministes, la double clause de conscience qui perdure et les délais qui sont plus restrictifs que dans d’autres pays européens et obligent encore des femmes à avorter à l'étranger ! Une loi de février 2022 a entériné le fait que les sages-femmes puissent pratiquer des IVG «instrumentales » mais les décrets d'application ne sont toujours pas publiés ! »

Pour être complet, ce droit fondamental est bien à la fois le droit et l'accès réel pour exercer ce droit.

Quoi de plus clair et de moins injonctif ? © Georges-André Photos

Ces associations, ces femmes exigent des engagements fermes, des ressources humaines et financières dédiées pour que partout dans le monde les femmes puissent avorter librement, sans frais, et en toute sécurité !

  • Maud, médecin au planning familial a répondu à quelques questions

Q : Environ 2 000 personnes iraient pratiquer une IVG à l'étranger faute de pouvoir trouver en France ?

Oui, le chiffre n'est pas précis puisqu'il n'y a pas de statistique officielle mais c'est pour ça d'ailleurs que la loi a évolué cette année, en France pour passer à 14 semaines de grossesse puisqu'on estime à peu près 2000 voire plus de femmes qui partaient parce qu'elles avaient dépassé le délai légal français ou qu'elles ne trouvaient pas dans les temps en France

Q : Que devient le planning familial à Clermont-Ferrand ?

Pas mal, on vient d'ouvrir un centre de santé qui permet de faire des consultations gynécologiques de prévention pour toutes les femmes et toutes les personnes qui en ont besoin. Ce sera vraiment une entité solide et d'accès aux soins. Le planning familial reste l'entité juridique et l'association qui porte les différents projets que ce soit prévention, que ce soit éducation à la vie affective et sexuelle, que ce soit contraception. On a des locaux ouverts toute la semaine sur Clermont-Ferrand et une antenne à Ambert

Q : Qu'est-ce qui pourrait améliorer l'accès au droit à l'IVG ?

Des services d'IVG mieux dotés que ce soit en personnel ou en financier pour qu'il y ait toutes les méthodes proposées à toutes les femmes dans tous les lieux, médicamenteuses ou instrumentales, toutes les méthodes, que la méthode soit remise au choix de la femme et non pas aux contingences techniques ou d'organisation...

Q : Les déserts médicaux impactent-ils aussi cette réalité du droit à l'IVG ?

Oui, parce que pour pouvoir faire des IVG il faut des praticiens qui accompagnent donc dans les déserts médicaux si vous n'avez plus de praticiens, vous n'avez plus d'accès à l'IVG comme à tous les autres soins. Oui donc, les déserts médicaux c'est un vrai problème.

Q : La double clause de conscience que vous dénoncez, de quoi s'agit-il ?

Tout personnel soignant et entre autre médecin, a pour tout acte de soin une clause de conscience qui lui permet de dire « je ne veux pas » ou « je ne souhaite pas » ou « je ne peux pas pratiquer cet acte » mais c'est pour tous les soins, la loi lui demande et même lui impose de réorienter les patients et patientes sur un autre praticien. Il se trouve que l'IVG, quand il a été légalisé en France, disposait d'une clause de conscience supplémentaire spécifique à l'IVG dans laquelle les praticiens peuvent dire « je fais tous les actes de soins mais pas l'IVG ». Par contre ils sont tenus d'orienter les femmes vers un autre praticien mais dans les délais légaux.

Maud à gauche avec la militante UNEF © Georges-André Photos

Sous un ciel alternant pluie et accalmie, pas facile d'honorer cette journée internationale de 15h à 19h place de Jaude à Clermont-Ferrand. Pour les plus courageuses, il fallait braver un temps bien changeant et s'équiper pour la pluie et le frais. Fort heureusement, un kiosque à disposition a permis d'installer une documentation féministe avec badges comme d'abriter certain·es aux bons moments.

Un kiosque ouvert et couvert © Georges-André Photos

Des slogans préparés et installés sur un fil par Mohanad (LDH) ont permis au passants de lire quelques slogans bien sentis. Un quizz de dix questions sur l'IVG proposé aux militant·es présent·es et aux passant·es pour défricher le vrai du faux et les idées reçues en matière de droit à l’avortement ont permis. Beaucoup séchaient à répondre à chacune des questions, hésitaient à trouver une réponse parmi les trois toujours proposées. Durant ce début, Maud, médecin du Planning familial et très sollicitée, a donné un temps des éléments supplémentaires pour mieux comprendre les réponses correctes.

Le quizz pour mieux comprendre et savoir © Georges-André Photos

Deux jeunes étudiantes, Camille et Mélisande, de l'UNEF ont également précisé leur engagement  :

Q : Vous êtes là aujourd'hui, pour la journée internationale du droit à l'IVG, dans quelle mesure vous sentez-vous concernées ?

Camille : Complètement concernée. Je connais des amies qui ont dû avoir recours à l'IVG et ce n'est pas un parcours très facile. Aujourd'hui en France, même si c'est un droit, l'accès n'est pas toujours garanti. On vient de la campagne et vraiment l'accès à l'IVG n'est pas facile et on est là aussi pour qu'on n'oublie pas ce droit et que les gens puissent y aller sans contrainte, notamment géographique, que tout le monde puisse y accéder sans jugement aussi puisqu'il reste un énorme tabou et même si en droit, on a accès à l'IVG, dans la mentalité des gens c'est pas toujours là.

Q : L'IVG à l'Université c'est en terrain favorable ?

Camille : On fait partie de l'UNEF et l'UNEF tracte par exemple beaucoup d'informations. Ce matin il y avait de la distribution dans certains campus universitaires. Il y avait des tables et justement beaucoup d'informations données par les syndicats étudiants et c'est pas les seuls. Il y a d 'autres associations féministes à Clermont-Ferrand qui donnent des informations là-dessus à l'Université.

Q : Y a-t-il des tentatives de contre-information ?

Mélisande : Surtout par rapport aux affichages UNEF. Il y en a énormément qui sont arrachés pour justement montrer leur désaccord et c'est des fois difficile de bien informer parce que beaucoup de gens en désaccord les arrachent de suite et il n'y a pas le temps de bien propager l'idée en général. J'ai l'impression que l'IVG c'est un sujet qui a le mérite de réunir un peu plus les étudiants que d'autres sujets, par exemple la rentrée sociale. C'est un sujet où les jeunes se retrouvent quand même plus et là où il y a moins de désaccord.

Q : Que pensez-vous du climat actuel qui montre qu'il y a une offensive contre l'IVG qui c'est concrétiser notamment par le jugement de la cour suprême aux Etats Unis ?

Camille : c'est un constat qui ne fait pas plaisir du tout. Le climat actuel est quand même assez pesant. Dès qu'on ouvre un journal, on se rend compte que l'IVG n'est pas un droit acquis partout, et qui se perd. On a vu aux Etats-Unis ce qui c'est passé dans de nombreux états. On le voit encore avec l'Italie : si l'extrême-droite passe au pouvoir la question de l'IVG, comme plein d'autres questions et pleins d'autres droits, vont se poser. Voilà c'est un droit qu'il faut continuer à défendre. Il ne faut pas le prendre pour acquis. Etre toujours prêts à défendre l'IVG et voir comment ça évolue sur la scène politique.

La pluie ne faiblit pas, les militant·es non plus © Georges-André Photos

Après dix-sept heures trente, de nouvelles personnes ont rejoint cette manifestation. Vers 18h, trois femmes en chasuble rouge (référence à « la servante écarlate ») les couvrant de la tête au pied se sont assises puis couchées sur la place trempée...

Les servantes écarlates se rebiffent © Georges-André Photos

Ophélie pour Osez le féminisme 63 :

Ophélie pour O.L.F. 63 © Georges-André Photos

UNEF

UNEF Auvergne avec punch © Georges-André Photos

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